TOSCANE
Région de l'Italie centrale, au S.-O. de l'Apennin, le long de la mer Tyrrhénienne ; capitale Florence, villes principales Arezzo, Grosseto, Livourne, Lucques, Pise, Pistoia, Sienne, Carrare, Massa. Le nom de Toscane vient de Tusci, autre nom des Étrusques (v.), dont la puissance eut pour centre cette région. Conquise par Rome à la fin du IVe s. av. J.-C., l'ancienne Étrurie, qui s'étendait, à l'époque classique, jusqu'au Tibre, devint, au IVe s. de notre ère, sous le nom de Tuscie, une province du diocèse d'Italie, qui forma au VIe s. un duché lombard. Les Carolingiens, qui occupèrent la Toscane en 774, y appuyèrent leur autorité sur les comtes de Lucques, qui prirent, au siècle suivant, le titre de marquis de Toscane. Ces princes, qui luttèrent énergiquement contre les Arabes en Méditerranée, exercèrent une grande influence dans l'Italie du Xe s. et intervinrent à maintes reprises dans les élections pontificales. Leur dynastie s'éteignit en 1115 avec la célèbre comtesse Mathilde, qui légua ses riches possessions au Saint-Siège, alors que se déroulait la lutte du Sacerdoce et de l'Empire. Les empereurs germaniques refusèrent de reconnaître la validité du testament de la comtesse Mathilde, et, à la faveur de leurs combats contre la papauté, les principales cités toscanes accédèrent à l'indépendance : alors que Lucques, Pise et Pistoia se rangeaient dans le camp gibelin, Florence inclinait vers les guelfes. Après la suprématie pisane, qui s'est affirmée au XIIe s., la Toscane est passée sous l'hégémonie de Florence, qui soumit successivement Pistoia (1301), Volterra (1361), Arezzo (1384) et Pise (1405) ; mais Lucques et Sienne réussirent à maintenir leur indépendance. L'histoire toscane au XVe et au XVIe s. se confond ainsi avec celle de la Florence des Médicis ; ceux-ci, qui avaient accédé au pouvoir en 1421, furent expulsés à deux reprises (1495/1512 et 1527/30), mais réussirent chaque fois à se rétablir. En 1531, Charles Quint créa en faveur d'Alexandre de Médicis le duché de Florence, qui, par la faveur du pape Pie V, prit en 1569 le nom de grand-duché de Toscane. À l'extinction des Médicis (1737), le grand-duché fut donné, en compensation de la Lorraine (cédée à Stanislas Leszczynski), à François de Lorraine, époux de l'impératrice Marie-Thérèse : la maison de Habsbourg-Lorraine devint dès 1745 la nouvelle maison d'Autriche, mais conserva néanmoins la Toscane. François Ier (en Toscane François II) eut pour successeur son fils Léopold Ier (1765/90), qui, devenu empereur en 1790, céda la Toscane à son fils Ferdinand III. Occupée par les Français en 1799, réoccupée en oct. 1800, après la victoire de Marengo, la Toscane fut érigée en royaume d'Étrurie, au profit de Louis de Bourbon, issu du dernier duc de Parme. En 1807, ce royaume fut réuni à l'Empire français, et la Toscane forma alors les trois départements de l'Arno, de l'Ombrone et de la Méditerranée (1808/09). Puis Napoléon nomma grande-duchesse de Toscane sa sur, Élisa Baciocchi, qui dut se retirer devant Ferdinand III, restauré en sept. 1814. Redevenue un grand-duché sous la domination des Habsbourg, la Toscane s'agrandit en 1847 du duché de Lucques. Le pays, soumis à un despotisme paternaliste, se souleva en 1848, et la république fut proclamée en févr. 1849 ; mais l'intervention des troupes autrichiennes rétablit le grand-duc Léopold II (juill. 1849). En 1859, au début de la nouvelle guerre entre le Piémont et l'Autriche, l'agitation révolutionnaire reprit, et le grand-duc fut contraint de se réfugier à Vienne (27 avr. 1859). Un gouvernement provisoire déclara la guerre à l'Autriche : Napoléon III, pressé de faire la paix avec l'Autriche, était sur le point d'accepter la restauration des Habsbourg, lorsque les Toscans le prirent de vitesse en votant leur réunion à la Sardaigne (mars 1860).
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