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TORIES (Royaume-Uni)

TORIES (Royaume-Uni)

Le Parti conservateur et unioniste est l’héritier des Tories (1680). Depuis les années 1870 et le tournant amorcé par son chef d’alors, Benjamin Disraeli (1804-1881), il se veut porteur de traditions et de valeurs morales, mais aussi ouvert à la réforme sociale dans le respect de la propriété privée et soucieux de la grandeur et de l’unité du Royaume-Uni ; surtout, il a accepté la démocratie en espérant qu’une élite, soutenue par la déférence des autres, guide les changements. Seule Margaret Thatcher, à partir de 1979, affichera sa méfiance envers l’establishment. Doté d’une machine électorale de premier ordre, soutenu financièrement par les grands intérêts privés, il a dominé la vie politique britannique depuis 1922, détenant le pouvoir plus souvent qu’aucun autre, grâce à de brillants Premiers ministres : Stanley Baldwin (1867-1947) et Neville Chamberlain dans l’entre-deux-guerres, Winston Churchill ensuite, avant Anthony Eden, Harold Macmillan (1894-1986), Alec Douglas-Home (1903-1995), Edward Heath (1916-2005), M. Thatcher et John Major (1943-). Converti entre 1950 et 1975 à un « consensus » social sur l’État-providence, il est revenu, à partir de 1979 avec M. Thatcher, à son vieux credo libéral et a dénoncé le « trop d’État », la puissance syndicale, l’« excès » des programmes sociaux, tout en exaltant l’initiative privée et le profit. L’effondrement de ses espoirs d’un Commonwealth fort et uni et la controverse sur le degré d’adhésion à la construction européenne ont miné le parti, vaincu en 1997, que son nouveau leader, William Hague, allait avoir quelque mal à redresser dans une période où le nouveau Labour Party de Tony Blair enregistrait des succès de popularité.

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