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THOMAS BECKET saint

Prélat anglais. À la fin de 1154, Thomas Becket devint chancelier du roi Henri II Plantagenêt qui le fit archevêque de Canterbury. En 1164, quand le roi publia les « Constitutions de Clarendon » visant à soumettre les clercs aux tribunaux laïcs, Thomas se résigna à les signer, mais, devant la désapprobation du pape, se rétracta. Sommé par Henri II de comparaître devant une assemblée d'évêques et de barons, il se réfugia en France. Grâce à la médiation française, une entrevue eut lieu à Fréteval entre Becket et Henri II (22 juill. 1170) ; l'archevêque, ayant reçu des assurances, rentra en Angleterre. Mais Henri II, sans se soucier des prérogatives du siège de Canterbury, avait fait couronner son fils par l'archevêque d'York ; Becket n'hésita pas à excommunier et ce dernier et les prélats qui s'étaient prêtés à l'opération. Furieux, Henri II le fit assassiner. Le pape Alexandre III exigea des réparations publiques ; Henri II fit amende honorable dans l'église d'Avranches (22 mai 1172) et retira les constitutions de Clarendon. Thomas Becket fut canonisé en 1173.

Thomas Becket, saint (Londres 1117/1118 - Canterbury 1170) ; archevêque de Canterbury [1162-1170].

Anglo-Normand, T. naît à Londres, où il suit des études qu’il poursuit à Paris. Il devient conseiller de l’archevêque Thibaud de Canterbury et, après des études de droit canon à Bologne, devient en 1145 archidiacre de Canterbury et en 1155, chancelier d’Henri II pour l’Angleterre. En qualité de conseiller le plus proche du roi, il mène à plusieurs reprises des négociations avec Louis VII de France. En 1160, il impose aux barons de reconnaître comme roi le fils d’Henri. C’est avec beaucoup d’hésitations qu’il prend les fonctions d’archevêque de Canterbury (27 mai 1162, consacré le 10 août). Thibaud, qui avait suggéré de le choisir, comme le roi ont fait un mauvais calcul : au siège de Canterbury, il fallait un homme souple, habile au compromis ; et le fidèle chancelier va se donner totalement à la direction et à l’indépendance de l’Église d’Angleterre. Son modèle est Anselme de Canterbury, l’archevêque de la querelle des Investitures anglaises. Il s’ensuit très vite de fortes tensions avec le souverain. T. s’oppose surtout au roi sur la question de la juridiction sur le clergé et des tribunaux ecclésiastiques, sur lesquels Henri a voulu faire peser davantage le poids de la justice royale, d’abord par des mesures ponctuelles, puis par les Constitutions de Clarendon (1164). T. réagit maladroitement, en prêtant le flanc à des accusations d’insubordination et de félonie, et en s’aliénant certains prélats (l’évêque de Londres Gilbert Foliot ; l’archevêque d’York Roger, qui a précédé T. comme archidiacre de Canterbury). T. est traduit en jugement, et s’enfuit en France, où le roi Louis VII est trop heureux de l’accueillir pour faire pièce au Plantagenêt. T., soutenu par le pape Alexandre III qui l’a nommé légat en 1166, et le roi se réconcilient (18 nov. 1169, Montmartre); l’archevêque rouvre presque aussitôt les hostilités : Il se refuse en effet à réinvestir les évêques qu’il avait suspendus après le couronnement du fils d’Henri par l’archevêque d’York (14 juin 1170) et exige la restitution des biens épiscopaux qui avaient été confisqués. Il arrive en Angleterre le 1er décembre 1170 et prend aussitôt une attitude de provocation. Le 29 décembre 1170, il est assassiné dans sa cathédrale, à l’insu du roi, par quatre chevaliers de la maison royale qui pensent satisfaire leur maître. Dès le 25 janvier 1171, l’archevêque de Sens, contre l’avis de son confrère de Rouen, jette l’interdit sur les territoires continentaux du roi d’Angleterre, sentence confirmée par Alexandre III, qui renonce toutefois à excommunier Henri II. Le pape mêle sanctions, menaces et apaisement. T. est canonisé par Rome à la demande de l’épiscopat français (21 févr. 1173) ; le roi est contraint à une pénitence publique sur le tombeau du saint (juill. 1174) , qui attire bien des pèlerins (dont Louis VII peu avant sa mort). Les points de discorde entre l’Angleterre et Rome sont progressivement réglés dans la seconde moitié des années 1170.

Bibliographie : P. Aubé, Thomas Becket, 1985.

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