THIERRY Jacques Nicolas Augustin
THIERRY Jacques Nicolas Augustin. Historien français. Né à Blois (Loir-et-Cher) le 10 mai 1795; mort à Paris le 22 mai 1856. Enfant de famille pauvre, Augustin Thierry fit ses études au Collège de Blois et entra en 1811 à l’Ecole Normale. A près avoir été pendant quelques mois (1813) professeur au Collège de Compiègne, il quitta l’enseignement pour adhérer au mouvement saint-simonien, en tant que secrétaire de Saint-Simon. S’il ne tarda pas à se brouiller avec son maître, il défendit ses idées dans plusieurs journaux, le Censeur européen où il publie les textes qui devaient être réunis en 1834 sous le titre Dix Ans d’études historiques , et le Courrier Français, dans lequel il donna l’Histoire véritable de Jacques Bonhomme (1820). Sa collaboration à ces journaux dura quatre ans après lesquels Thierry se consacra entièrement aux travaux historiques dont il avait ébauché les grandes lignes dans ces journaux. L'Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands, de ses causes, et de ses suites jusqu’à nos jours, en Angleterre, en Écosse, en Irlande et sur le continent (1825) marque les débuts de sa carrière d’historien. On y trouve déjà mis en œuvre le concept de race victorieuse et de race soumise que le sujet choisi par Thierry mettait particulièrement en valeur. Ayant publié, dans le Courrier français, des Lettres sur l’Histoire de France (1827), où il préconisait et annonçait une transformation complète de l’Histoire de France, fondée sur une meilleure connaissance des textes et des documents et surtout sur l’application d’une méthode vraiment scientifique et où il dénonçait l’insuffisance des historiens précédents, Thierry publia la même année ses Lettres en leur donnant la forme d’une Introduction à l’étude de cette histoire. Il ne sut pas ménager ses forces et devint très tôt aveugle. C’est de son lit la plupart du temps, qu’il travailla désormais, se faisant lire les textes et dictant à un secrétaire. Il fut bientôt aidé dans cette tâche pénible par une veuve, Mme de Quérangel, qu’il devait épouser par la suite. Ces difficultés ne ralentirent nullement les activités de Thierry, il avait résolu de consacrer toute sa vie à l’Histoire et de ne se laisser arrêter par aucun obstacle. En 1838, il fut reçu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres. A partir de 1830, Thierry eut la joie de voir ses idées et ceux qui les avaient adoptées jouer un rôle considérable. En 1835-1840, il atteignit un très vaste public, avec ses Récits des temps mérovingiens qui étaient précédés des remarquables Considérations sur l’Histoire de France où il développait les principes exposés dans ses Lettres sur l’Histoire de France. Chargé en 1840 par Guizot de réunir des documents sur le rôle joué sous l’Ancien Régime par le Tiers Etat, il publia en 1853 les résultats de son enquête, avec l’Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du Tiers Etat, suivi des textes eux-mêmes : Recueil des monuments inédits de l’histoire du Tiers Etat. Il y développait sa thèse de la lente ascension d’une classe sociale qui, unie à la monarchie, devait faire, contre la féodalité, l’unité française. Le retentissement de ces idées fut immense et une bonne partie de l’école historique française en découle. En 1841, l’Académie Française lui avait attribué le Prix Montyon, elle devait le lui renouveler à plusieurs reprises, mais elle refusa toujours d’admettre Thierry parmi ses membres. En 1856, usé par toute une vie de labeur acharné, Thierry succombait à une crise de paralysie. Il demeurait pour les historiens un modèle et l’on peut dire que la science historique française est née de lui. Si la vocation historique d’A. Thierry est née de la littérature — et, précisément, selon son propre aveu, de la lecture des Martyrs de Chateaubriand — son œuvre a exercé une influence très profonde sur les lettres françaises et étrangères. ♦ « Historien dont l’érudition nourrit le bon sens, et dont le bon sens se relève quand il le faut jusqu’à la poésie. » A. de Lamartine. L’Homère de l’Histoire de France. » Chateaubriand, 1831. ♦ « Thierry possédait, avec une lucidité qui tenait du prodige, la faculté essentielle à ce genre de restitution, je veux dire le sens intime qui, sous la lettre morte des chartes et des chroniques, sait découvrir l’esprit... Nul n’a ressenti aussi personnellement les joies et les douleurs des hommes d’autrefois. » E. Renan.
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- Thibault Poissant1615-1668Elève de Nicolas Blasset à Amiens, il fit ensuite partie de l'atelier de Jacques Sarazin.
- BILLAUD-VARENNE, Jacques-Nicolas (1756-1819)Avocat et jacobin très actif, il provoque l'enthousiasme en réclamant la République, au lendemain de Varennes.
- Dans une lettre à un ami, après un rapide examen de la manière dont l'histoire était comprise avant lui, Augustin Thierry expose sa propre manière de la concevoir et de la traiter. ©Tu te rappelles l’enthousiasme que provoqua chez moi la lecture du sixième livre des Martyrs. Ce moment a été décisif pour ma vocation. Je serai historien, mais je veux faire quelque chose de tout à fait nouveau.