THÊOPOMPE de Chios
THEOPOMPE de Chios. Historien grec. Né à Chios en 378 ou 380 av. J.-C., mort en Egypte (?) vers 304. Le fait que son père, quoique banni de Chios, alors allié d’Athènes, parce qu’il faisait partie de l’oligarchie pro-lacédémonienne, ait pu conserver sa fortune, lui permit de recevoir une éducation très soignée. On sait, par exemple, que lorsque son père put rentrer à Athènes, Théopompe suivit en même temps qu’Ephore les leçons d'Isocrate, vers 360. Théopompe se voua d’abord à une carrière de sophiste et d’orateur et devint rapidement célébré pour avoir, avec son éloge de Mausole, remporté le prix dans un concours organisé par la reine Artémise (352). Il se mit alors à parcourir le monde grec en donnant des séances oratoires. Sa gloire lui permit d’entrer en relations avec les principaux personnages politiques de son temps, et c’est ainsi qu’il devint l’ami des rois de Macédoine, surtout d’Alexandre. Ce dernier l’autorisa à rentrer à Chios dont il avait été banni et échangea avec lui une correspondance suivie. Dans ses fameuses Lettres de Chios, Théopompe mettait en garde le conquérant contre les conséquences des injustices survenues depuis son accession au trône. Sa mort fut un désastre pour Théopompe qui, à nouveau chassé de Chios, dut se réfugier à Ephèse, puis dans diverses villes avant de trouver asile en Egypte auprès du premier Ptolémée. On ignore comment se termina sa vie agitée. Son œuvre était énorme. Trois grands ouvrages historiques en composaient l’essentiel. Ce sont : un Abrégé d’Hérodote, une Histoire grecque et les Histoires Philippiques. Le premier est perdu, des autres il ne nous reste que des fragments. L’Histoire grecque continuait l’œuvre de Thucydide jusqu’à la bataille de Cnide. Les cinquante-huit livres des Histoires Philippiques racontaient l’histoire de tous les Etats grecs depuis 362 jusqu’à la mort de Philippe en 336. Nous savons par ses successeurs que l’originalité principale de ces travaux résidait dans la place qu’y accordait l’auteur à la peinture des mœurs individuelles, car il voyait dans celles-ci la source même des événements historiques. Il est, en ce sens, le fondateur de l'Histoire psychologique et il est possible que la perte de la majeure partie de son œuvre nous empêche de lui réserver la place de premier rang à laquelle il aurait droit.