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TERRORISME

Ensemble d'actions violentes perpétrées pour entretenir un climat d'insécurité, dans un but politique. Historiquement et étymologiquement, le mot terrorisme est lié à la politique de la Terreur (v.) qui a régné en France de 1793 à 1794. Il naît donc dans l'État, à la tête de celui-ci. Le terrorisme d'État est ainsi parfois érigé en mode de gouvernement, comme le montrent les exemples des Khmers rouges (v.) au Cambodge, de la dictature en Argentine, de la Gestapo (v.) ou des purges staliniennes. Le terrorisme contemporain n'a véritablement commencé qu'à la fin du XIXe s. avec les groupes anarchistes russes (v. nihilisme) et espagnols qui cherchaient à décapiter le pouvoir en place ou à créer la terreur par un climat révolutionnaire. La Première Guerre mondiale fut déclenchée, le 28 juin 1914, par un attentat perpétré à Sarajevo (v.) par un nationaliste serbe. Le XXe s. a vu éclore de multiples formes de terrorisme, nationaux ou internationaux, aux finalités variées, aux méthodes changeantes, mais dont la cible reste en définitive l'opinion publique elle-même, atteinte via les médias qui constituent le relais indispensable de l'acte terroriste. C'est à partir de 1968, avec le détournement par un commando palestinien d'un avion de ligne israélien, que le terrorisme a pris une dimension plus internationale. Se focalisant sur le conflit israélo-arabe, il visa la plupart des pays européens, accusés de soutenir Israël ainsi que les intérêts américains dans le monde. Ces actions furent relayées en Europe par des groupuscules d'extrême gauche : Brigades rouges (v.) en Italie, Bande à Baader (v.) en Allemagne. On parla d'une internationale terroriste, certains groupes nationalistes comme l'ETA (v.) en Espagne, ou l'IRA (v.) au Royaume-Uni ayant des liens avec le terrorisme moyen-oriental. En 1973, l'OLP (v.) renonça à détourner les avions mais des groupes dissidents continuèrent à pratiquer ce type d'action. Cependant, le terrorisme palestinien resta soutenu par plusieurs États tels l'Iran, la Libye, et, suivant certaines accusations, l'Irak ou la Syrie, dans la mesure où il constituait un moyen de pression dans leurs rapports internationaux. Les terrorismes ont connu une mutation profonde après la chute du mur de Berlin en 1989. Jusqu'alors, il s'agissait d'actes essentiellement politiques, œuvre de groupes organisés agissant dans un contexte de guerre froide. Depuis, dépourvu d'une justification idéologique globale, le terrorisme devient l'arme à tout faire de tous les types d'affrontement et revendications violentes dont sont porteuses les sociétés. Après l'Europe, les États-Unis furent touchés : en février 1993 par un attentat au World Trade Center de New York qui semblait plus lié aux mouvements islamistes qu'au conflit israélo-arabe et, en avril 1995, par un attentat à Oklahoma City, attribué à l'extrême droite américaine, qui fit plus de 200 victimes et traumatisa durablement le pays. En mars 1995, un attentat au gaz sarin dans le métro de Tôkyô, attribué à une secte japonaise, concrétisait les pires craintes en matière de terrorisme : l'utilisation d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires. Se fait jour aussi une diversification des mobiles, des enjeux et des justifications : économique, écologique, ou même simplement criminel. 00020000036400000CDF 35E,Simultanément, le bilan des actes terroristes s'alourdit. Avant d'atteindre le chiffre de quelque 2 800 victimes occasionnées par les attentats du 11 septembre 2001 avec le détournement par des islamistes d'Al Qaida de quatre avions de ligne américains qui s'écrasèrent contre les Twin Towers de New York, sur le Pentagone à Washington et en Pennsylvanie, ceux de Bombay en 1993, ou de Dar es-Salaam et Nairobi en 1998 ont fait respectivement 317 et 224 morts. Le « Groupe islamique combattant marocain » revendique les attentats de la banlieue madrilène qui ont fait 191 victimes le 11 mars 2004. Directe et brutale, prête à frapper n'importe où dans le monde, la stratégie des nouveaux terroristes n'a plus pour objectif de contraindre responsables politiques ou décideurs à négocier mais d'imposer leurs vues, quels qu'en soient les mobiles ou la philosophie.

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