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TERRAY Joseph, Marie, dit l'abbé

Homme politique français. Conseiller clerc au parlement de Paris depuis 1736, il dut son ascension à la protection de Mme de Pompadour et fut nommé contrôleur général des Finances en 1769. Il ne trouva d'autre solution qu'une banqueroute déguisée, suspendit le paiement des assignations sur les fermes, réduisit de moitié les rentes perpétuelles et viagères, diminua les pensions, exigea 6 millions des nouveaux anoblis, 28 millions des possesseurs de charges financières ou judiciaires et 26 millions du clergé. Il réussit ainsi à ramener le déficit annuel à 25 millions. Ces mesures évidemment impopulaires le firent surnommer Vide-Gousset. Louis XV, tout en lui conservant son portefeuille, le fit intendant général des Bâtiments et directeur des Beaux-Arts. Mais l'établissement du monopole royal sur les grains (1770) fit accuser Terray et le roi lui-même d'un « pacte de famine ». Louis XVI, dès son avènement, renvoya Terray et le remplaça par Turgot.

Terray, abbé Joseph-Marie (Boën, Forez, 1715-Paris 1778); homme politique français.

Né en décembre 1715, T. est d’origine modeste. Son père, Jean Terray, était tabellion. Mais T. est appelé à Paris par un oncle qui a fait fortune et est devenu le médecin de la duchesse d’Orléans. Grâce à lui, il peut faire ses études au collège de Juilly et acquérir, en 1736, une charge de conseiller-clerc au Parlement de Paris. Jusqu’en 1756 il a un rôle effacé, mais sait se spécialiser dans les remontrances financières. Lors des procès intentés contre les jésuites (procès qui vont aboutir à leur expulsion), T. se signale au Parlement et s’attire l’attention bienveillante des philosophes. Mais il doit attendre la disgrâce de Choiseul pour accéder au ministère avec le titre de contrôleur général des Finances (déc. 1769). Soutenu par le chancelier Maupeou, épaulé par le duc d’Aiguillon (qui s’occupe de la Guerre et des Affaires étrangères), T. peut se consacrer à la restauration des Finances. A son entrée en fonctions le déficit budgétaires atteint 63 millions, la dette arriérée exigible 110 millions, et l’on a dépensé à l’avance tous les revenus de l’année 1770, plus ceux de quelques mois de 1771. T. réussit à améliorer considérablement la situation budgétaire : en 1774 le déficit est réduit à 20 millions. Pour obtenir ce résultat il doit créer des recettes supplémentaires (surtout par le recours aux impôts indirects : taxes sur l’amidon, le papier, tes livres), et réduire les dettes de l’Etat. Il ampute de 15 à 30% les pensions dépassant 600 livres, réduit les rentes d’un dixième à un quinzième, abaisse d’autorité le taux d’intérêt de certains emprunts. Pour améliorer la trésorerie, il suspend 1e paiement d’un certain nombre d’effets sur l’Etat, ce qui réduit tes charges de 120 millions. Cette politique suscite beaucoup de mécontentements : on crie à la banqueroute. Elle est pourtant efficace et la confiance du public se traduit par une remontée du crédit accordé aux emprunts de l’État. Mais à la mort de Louis XV, T. est victime de la haine accumulée contre la Du Barry et la dernière équipe ministérielle. Louis XVI le remplace par Turgot (1774). Il meurt en 1778.

Bibliographie : R. Girard, L'Abbé Terray et le commerce des grains, 1769-1774, 1924 ; J. Égret, Louis XV et l’opposition parlementaire, 1970.

TERRAY, Joseph Marie, dit l'abbé (Boën, 1715-Paris, 1778). Homme politique français. Protégé de Mme de Pompadour, il devint contrôleur général des Finances (1769) et forma, après la disgrâce de Choiseul, un triumvirat avec Maupeou et d'Aiguillon. Afin de réduire l'important déficit budgétaire, il décida des mesures très impopulaires qui le firent surnommer « Vide Gousset ». Il fut notamment accusé, avec Louis XV, d'avoir conclu un pacte de Famine lorsque fut décidé le monopole royal sur les grains. Louis XVI, dès son avènement, le remplaça par Turgot.

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