TAZMAMART
TAZMAMART
Le 7 avril 1973, 58 conjurés de deux putschs successifs, celui des fantassins ayant fait une sanglante irruption lors de la garden-party d’anniversaire du roi du Maroc Hassan II, le 9 juillet 1971, et celui des aviateurs ayant tenté d’abattre en vol le Bœing royal, le 16 août 1972, sont « enlevés » sur ordre du roi de la prison centrale de Kenitra, où ils purgeaient leur peine. Ils sont conduits dans une caserne militaire à Tazmamart, dans le Moyen-Atlas. À peine nourris, jamais autorisés à sortir ni à revoir la lumière du jour, les militaires restent enfermés dans ce bagne secret pendant dix-huit ans. Trente d’entre eux succomberont. Trente et un, au nombre desquels les frères Boureqat, trois Franco-Marocains expédiés dans le mouroir en 1981, seront libérés le 15 septembre 1991, à la suite d’une campagne de dénonciation alimentée par Christine Daure-Serfaty, l’épouse française de l’opposant marocain Abraham Serfaty.