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TATARS

Nom donné indistinctement par les Russes et les autres Européens du Moyen Âge à toutes les populations turco-mongoles originaires de l'Asie centrale. Les Tatars, à l'origine, étaient une peuplade turque qui, au XIe s., nomadisait dans la partie orientale de l'actuelle Mongolie, dans la région du Keroulen inférieur et du lac Bouir. Déjà fortement mongolisés, ils avaient une réputation particulièrement redoutable. Vers la fin du XIe s., les Djurtchèts (v.) s'allièrent aux Mongols contre les Tatars, qui furent écrasés par Gengis Khan en 1202. Paradoxalement, les conquérants mongols furent ensuite appelés Tatars ou Tartares par les Européens. L'actuelle République autonome des Tatars, comprise dans la RSFS de Russie, se situe dans la région de la moyenne Volga, autour de sa capitale Kazan. Soumis par Ivan le Terrible au milieu du XVIe s., pendant plus de deux cents ans, les Tatars devaient résister à la russification et participèrent à toutes les grandes révoltes qui troublèrent la Russie au XVIIe et au XVIIIe s. Par la suite, le tsarisme devait se montrer plus respectueux de leur langue et de leur religion musulmane. Après la reconquête de Kazan sur les armées blanches (sept. 1918) fut créée, en mai 1920, la République socialiste soviétique autonome des Tatars. Durant la perestroïka, les Tatars exprimèrent des revendications autonomistes, relayées par la minorité russe désireuse de mieux profiter des richesses pétrolières de la république. Le 30 août 1990, la RSSA des Tatars proclama sa souveraineté sous le nom de Tatarstan. Cette décision, ouvrant la voie à une « indépendance civilisée », impliquait le refus du Tatarstan d'adhérer au traité fédéral du 31 mars 1992. Un traité bilatéral normalisant les relations entre Moscou et Kazan, signé le 15 févr. 1994, reconnaissait au Tatarstan la propriété des ressources de son sous-sol et le droit d'exporter directement une partie de son pétrole (les quotas devant toutefois être redéfinis tous les ans) ainsi que de mener sa politique étrangère. Il lui déniait, en revanche, la souveraineté en matière fiscale réclamée depuis 1992. Le sort des Tatars de Crimée fut différent. Déjà au XIXe s., après la guerre de Crimée, un grand nombre d'entre eux avaient été dispersés à travers toute la Russie. Ceux qui restaient, après la révolution soviétique, obtinrent une certaine autonomie et purent fonder la République socialiste soviétique autonome de Crimée (18 oct. 1921). En 1944, Staline accusant les Tatars d'avoir collaboré avec les occupants allemands, leur république fut dissoute et tous furent déportés en Sibérie et en Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan. Ils ne purent se réinstaller en Crimée qu'à la faveur de la perestroïka.

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