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Talleyrand-Périgord, Charles Maurice de (Paris 1754 -id. 1838) ; diplomate et homme politique français.

Talleyrand-Périgord, Charles Maurice de (Paris 1754 -id. 1838) ; diplomate et homme politique français. Diplomate boiteux aussi génial que sans scrupules, serviteur de nombreux maîtres et systèmes politiques, sybarite et libertin sans pareil, T. est au départ orienté vers une carrière ecclésiastique, bien qu'il ne ressente aucune vocation. Après son ordination en 1779 et son accession aux fonctions d'agent général du clergé de France, il continue à jouir à Paris de la « douceur de vivre », jusqu'à ce qu'il devienne évêque d'Autun en janvier 1789 grâce à l'intervention de son père, ce qui lui permet de représenter le clergé aux États généraux. Il adopte la cause de la Révolution. En tant que président de l'Assemblée constituante, il célèbre une grand-messe sur le Champ-de-Mars à l'occasion de la fête de la Fédération. Il propose la nationalisation des biens du clergé et il invite les prêtres de son diocèse à prêter serment à la Constitution civile du clergé. Chef du clergé constitutionnel, il est excommunié par le pape et renonce à la dignité épiscopale. Sa première mission diplomatique à Londres en février 1792, où il est censé obtenir la neutralité de l'Angleterre, n'est pas couronnée de succès. Adjoint de l'ambassadeur puis après le 10 août 1792 réfugié politique, il doit abandonner le Royaume-Uni en février 1794 et, considéré en France comme un émigré, il s'expatrie pendant deux ans en Amérique. Rayé de la liste des émigrés en 1796, il doit à la protection de Mme de Staël et de Barras d'occuper passagèrement les fonctions de ministre des Affaires étrangères du Directoire de juillet 1797 à sa démission en 1799. Il pressent le destin de Napoléon dont il facilite l'accession au pouvoir et qui fait de lui son ministre des Affaires étrangères en même temps qu'un des grands dignitaires du régime (en 1804 grand chambellan et en 1806 prince de Bénévent). Rendu en 1802 à l'état séculier, c'est avec succès et habileté qu'il dirige la politique étrangère napoléonienne, négociant en particulier le traité d'Amiens, dans lequel il voit la garantie d'une paix durable. À l'intérieur, il pousse Bonaparte à une politique d'apaisement à l'égard des émigrés et des catholiques. Mais T., qui s'oppose à la politique de conquêtes de Napoléon, démissionne de son poste et mène double jeu avec le tsar Alexandre Ier, ce qui lui vaut d'être disgracié en 1809 ; il reste néanmoins membre du Conseil impérial. En 1814, il se rallie opportunément à la monarchie légitime. Louis XVIII le récompense en le nommant à nouveau ministre des Affaires étrangères et en lui accordant les titres de prince de Talleyrand et de pair héréditaire de France. Grâce à son habileté manoeuvrière lors du congrès de Vienne, il réussit à conserver à la France son rang de grande puissance en concluant une alliance avec l'Autriche et l'Angleterre. Au début de la Seconde Restauration, il est à nouveau quelques mois détenteur du portefeuille des Affaires extérieures puis rejoint la Chambre des pairs où il défend la liberté de la presse. Il est à nouveau à l'oeuvre en 1830 quand il s'agit de faire asseoir sur le trône la maison d'Orléans. Âgé et malade, il continue de jouer un rôle important comme ambassadeur à Londres de 1830 à 1834. À la veille de sa mort, il se réconcilie avec l'Église. Toute sa vie, T. a su grâce à sa pénétration s'adapter aux circonstances, pour les mieux tourner à son avantage et à son profit matériel. Ses Mémoires ont été publiés en 1891-1892. Bibliographie : J. Bertaud, Talleyrand, Lyon, 1945 ; M. Poniatowski, Talleyrand et le Consulat, 1986 ; id., Talleyrand et T ancienne France : 1754-1789, 1988.

TALLEYRAND, Charles Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD (Paris, 1754-zJ., 1838). Homme politique français. Personnalité ambiguë, admirée par les uns et décriée par les autres (« le vice appuyé sur le crime [Fouché] », dira de lui Chateaubriand), Talleyrand joua un rôle politique et surtout diplomatique exceptionnel sous différents régimes, de la Révolution au Premier Empire. Issu d'une illustre famille de la noblesse, fils aîné d'un officier supérieur, il devint boiteux à la suite d'un accident d'enfance et, ne pouvant entrer dans l'armée, se destina, sans vocation, à l'Église. Évêque d'Autun en 1788, Talleyrand fut élu député du clergé aux États généraux (1789). Acquis dès le début aux idées nouvelles, il joua un rôle important à l'Assemblée nationale constituante où il fit voter la nationalisation des biens du clergé et célébra la messe au Champ de Mars lors de la fête de la Fédération (14 juillet 1790). Chef du clergé constitutionnel, il fut excommunié par le pape et rompit avec l'Église. Il commença sa longue carrière diplomatique sous l'Assemblée législative lorsqu'il fut envoyé en mission à Londres pour tenter d'obtenir la neutralité de l'Angleterre. Mais, compromis par la découverte des papiers secrets de Louis XVI et décrété d'arrestation à la Convention, il séjourna en Angleterre puis aux États-Unis et ne revint en France qu'en 1796. Ministre des Relations extérieures sous le Directoire, il conserva son poste après le coup d'État de Napoléon Bonaparte (18 Brumaire) qu'il avait soutenu. Talleyrand négocia les traités de Lunéville, d'Amiens, de Presbourg et de Tilsitt et fut élevé aux plus hautes dignités (grand chambellan, 1804, puis prince de Bénévent, 1806). Cependant, il s'opposa bientôt à la politique d'hégémonie en Europe décidée par Napoléon et perdit son ministère (1807). En 1809, il fut disgracié par l'Empereur pour avoir mené double jeu lors de l'entrevue d'Erfurt (1808), poussant le tsar à s'opposer à la politique impériale. Chef du gouvernement provisoire (1814), il fit voter par le Sénat et le corps législatif la déchéance de Napoléon et la proclamation de Louis XVIII. Ministre des Affaires étrangères sous la première Restauration, il joua un rôle capital lors du congrès de Vienne (1815), en réussissant, par d'habiles intrigues, à diviser les alliés, évitant ainsi le démembrement de la France vaincue, même si l'épisode des Cent-Jours ruina en partie ses succès diplomatiques. Premier ministre de Louis XVIII au début de la seconde Restauration (juillet 1815), il fut vite écarté du pouvoir par l'opposition des ultras de la Chambre introuvable et joua dans l'opposition un rôle effacé. Comme il s'était prononcé en faveur des Orléans lors de la révolution de 1830, Louis-Philippe Ier le nomma aussitôt ambassadeur à Londres (1830-1835), où il déploya encore, malgré son grand âge, une habileté extrême. Talleyrand mourut réconcilié avec l'Église catholique. Ses Mémoires furent publiés par le duc de Broglie en 1891-1892. Voir Fouché (Joseph), France (Campagne de).

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