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SURINAM

État d'Amérique du Sud, baigné par l'océan Atlantique, borné à l'E. par la Guyane française, au S. par le Brésil, à l'O. par la Guyana ; capitale Paramaribo. En 1667, les Anglais cédèrent aux Hollandais leurs droits sur cette région en échange de la Nouvelle-Hollande (Manhattan). Au XVIIIe s., la colonisation de cette région, devenue la Guyane néerlandaise, fit de grands progrès sous la direction de Laurens Storm Van's Gravesande. Occupée par les Anglais de 1796 à 1814, la colonie fut restituée définitivement aux Pays-Bas en 1814. Déclarée en 1948 partie intégrante des Pays-Bas, elle prit le nom de Surinam et, en 1954, reçut une large autonomie. Elle devint une république indépendante le 25 nov. 1975. Un coup d'État mit fin au régime parlementaire en 1980 et, en 1982, Desi Bouterse, sergent bientôt promu commandant, confisqua le pouvoir. Après un bref rapprochement avec Cuba, Bouterse se tourna vers l'Occident en 1984, mais les Pays-Bas ne rétablirent pas pour autant leur aide économique interrompue deux ans plus tôt. Il fallut attendre pour cela le rétablissement d'un régime civil, en 1988, et l'élection du président Ramsewak Shankar (D. Bouterse conservait toutefois son poste à la tête de l'armée). Depuis 1986, une guérilla recrutant surtout parmi les Noirs, minoritaires dans une population d'origine majoritairement asiatique, a perturbé la production de bauxite, principale richesse du Surinam. Malgré les négociations entre l'armée et les groupes rebelles des Bushnegroes (en activité depuis 1986), D. Bouterse lança une vaste offensive contre ceux-ci en juin 1990. Ramsewak Shankar démissionna de ses fonctions ; l'intérim présidentiel fut assuré par l'un de ses proches, Johan Kraag. Le parti au pouvoir, représentant l'armée, fut battu lors des élections législatives de mai 1991 et Ronald Venetiaan fut nommé président le 7 sept. 1991. L'accord de paix signé le 8 août 1992 avec les Bushnegroes permit le retour au pays de 2 800 réfugiés. Malgré la reprise des aides internationales, le Surinam frisa la banqueroute, alors que la moitié de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. En mai 1996, les élections législatives virent la victoire de la coalition sortante du président Venetiaan. Cependant, le parti démocrate national de l'ancien dictateur D. Bouterse progressa suffisamment pour pouvoir, en s'alliant avec Jules Wijdenbosch, porter celui-ci à la présidence, en sept. suivant. Le nouveau gouvernement fut confronté à une tentative de coup d'État en oct. 1997, ce qui ne l'empêcha pas de lancer en déc. une commission « Vérité et Réconciliation » pour tirer au clair les exactions des militaires au début des années 1990. Les accusations de corruption, mais aussi la figure très controversée de D. Bouterse, associé au gouvernement, et accusé de trafic de drogue par l'ancienne métropole, les Pays-Bas, finirent néanmoins par leur coûter le pouvoir. Les législatives de mai 2000 ont permis le retour à la présidence de R. Venetiaan, appuyé sur une coalition centriste, le Front nouveau. Des tensions avec la Guyana, provoquées par des forages pétroliers dans les eaux frontalières, se sont soldées par l'expulsion de la compagnie canadienne CGX energy, sous contrat avec la Guyana, en juill. 2000.

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