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Suétone

Suétone (Gaius Suetonius Tranquillus). Biographe romain, né vers 70 apr. J.-C. Fils du chevalier Suetonius Laetus, tribun de la treizième légion qui combattit à Bedriacum en 69 apr. J.-C., Suétone commença par exercer la carrière du barreau. Il fut l'ami de Pline le Jeune qui lui fit obtenir de Trajan (en 112) le privilège accordé aux pères de trois enfants, bien qu'il n'en eût aucun. Il devint peu après, sous Hadrien, secrétaire au palais de l'empereur, ce qui lui permit de consulter les archives impériales. En 121-122, il fut disgracié en même temps que le préfet du prétoire, sous prétexte d'une indiscrétion concernant l'impératrice. Nous ne savons rien de plus sur sa vie. La plupart de ses écrits, qui comprenaient des ouvrages sur les antiquités romaines, les sciences naturelles et la grammaire, ont disparu. En revanche, nous sont parvenus sa Vie des douze Césars, De vita Caesarum, presque intégralement, ainsi que des fragments de son De viris illustribus («Vie des hommes célèbres ») incluant plus de la moitié des sections sur les grammairiens, De grammaticis, et sur les rhéteurs, De rhetoribus. En outre, ses Vies de Térence, de Virgile, d'Horace et de Lucain ont été transcrites sur certains manuscrits des oeuvres de ces auteurs. Les Vies de Tibulle et de Perse sont peut-être également de sa main. Le De grammaticis expose ce que l'éducation romaine entendait par grammaire, c'est-à-dire essentiellement l'étude de la littérature, explique comment elle fut introduite à Rome par Cratès (4) et mentionne vingt des plus grands grammairiens. Le De rhetoribus retrace l'évolution de l'étude de la rhétorique à Rome, d'abord désapprouvée par les Romains influents, expose ensuite les méthodes d'enseignement et les thèmes en usage dans les écoles et se termine par une évocation des cinq plus grands professeurs de rhétorique. La Vie des poètes fournit pêle-mêle des informations, des anecdotes, ainsi que des renseignements souvent erronés et extrêmement confus; elle abonde en détails amusants sur le physique des poètes ; nous savons ainsi qu'Horace était petit et gras. Le De vita Caesarum comprend les biographies de Jules César et des onze empereurs lui ayant succédé : Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespa-sien, Titus et Domitien. Suétone, de toute évidence, choisissait les sources qui l'amusaient sans se préoccuper de leur fiabilité. Seules les Vies de Jules César et d'Auguste devaient être terminées avant son exclusion du palais, car aucune citation extraite de correspondances n'est utilisée au-delà de la vie d'Auguste. Ses biographies évoquent les ancêtres et la carrière de chaque empereur, mais dénotent une absence de pénétration et d'intelligence historiques. On y trouve surtout des anecdotes très vivantes, des commérages, des détails scabreux, mais aussi des épisodes et des détails intéressants: César franchissant le Rubicon, le récit détaillé de son assassinat, le fait qu'il avait des yeux noirs perçants ou qu'il tentait de dissimuler sa calvitie. Auguste quant à lui est décrit comme un homme petit mais bien proportionné, au nez aquilin, aux sourcils se rejoignant au milieu, peu attentif à sa tenue vestimentaire, frugal et sobre. Suétone fournit une évocation intéressante de la retraite de Tibère à Rhodes, de 6 av. J.-C. à 2 apr. J.-C., et rapporte les histoires scandaleuses, sans doute dénuées de fondement, sur les turpitudes du vieil homme à Capri. Il brosse un portrait vivant du physique grotesque de Caligula, de son caractère obstiné et de ses cruautés insensées; de la démarche gauche de Claude, de son rire bruyant, de ses bégaiements, du mélange de culture et de bon sens allié à une grande niaiserie et à une timidité excessive qui le caractérisaient. La Vie de Néron fournit de nombreux détails sur son goût de la scène (il se faisait bruyamment applaudir par un public servile) et sur sa passion pour les chevaux (après être devenu empereur, il continua à jouer, sur une table, avec des chevaux d'ivoire et des chars), sur ses randonnées nocturnes, incognito, à travers Rome, sur sa conduite lors de l'incendie de 64 et sur la magnificence de la Maison dorée. La Vie de Titus rapporte que l'empereur avait coutume de dire «J'ai perdu ma journée» lorsqu'un jour s'était écoulé sans lui avoir fourni l'occasion d'un bienfait, mentionne sa dextérité et son don pour imiter l'écriture des autres; celle de Domitien insiste sur le fait qu'il restaura les bibliothèques qui avaient brûlé et qu'il tenta de rassembler un maximum de manuscrits. Suétone suit un plan immuable : il évoque d'abord la famille de l'empereur, ses jeunes années, puis sa carrière publique, son physique et sa vie privée. Cet ouvrage devint un modèle du genre pour les biographes du Moyen Âge. SUÉTONE (v. 70-v. 128 ap. J.-C.) Historien latin, issu de l'ordre équestre, secrétaire ab epistolis (chargé de la correspondance impériale) d'Hadrien puis disgracié en 121-122 ap. J.-C. Utilisant les archives du Palatin, il écrivit divers ouvrages, le plus célèbre étant ses Vies des douze Césars (de César à Hadrien). Biographies remplies d'anecdotes sans analyse critique, ce livre donne néanmoins de précieux renseignements sur l'exercice du pouvoir dans la Rome impériale.

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