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STUART ou STEWART / Anne Stuart

Famille royale qui régna d'abord sur l'Écosse (1371/1714), puis sur toute la Grande-Bretagne (1603/1714). Les Stuarts qui régnèrent sur l'Écosse seule furent : Robert II (1371/90), Robert III (1390/1406), Jacques Ier (1406, 1424/37), Jacques II (1437/60), Jacques III (1460/88), Jacques IV (1488/1513), Jacques V (1513/42), Marie Stuart (1542/67). Les Stuarts qui régnèrent sur la Grande-Bretagne furent : Jacques Ier (VI en Écosse), 1603/25 ; Charles Ier, 1625/49 ; Charles II, 1660/85 ; Jacques II, 1685/88 ; Marie II, 1689/94 ; Anne, 1702/14. Robert Stuart, 1er duc d'Albany († 1420). Fils de Robert II, il reçut la régence du trône d'Écosse en 1388, en raison du grand âge de son père, et il la conserva sous le règne de son frère aîné Robert III, malade. Chassé de 1399 à 1402 par son cousin David Stuart, il revint au pouvoir et fut encore régent sous le règne de Jacques Ier, retenu prisonnier en Angleterre. Jacques Francis Édouard Stuart, dit le Chevalier de Saint-George (* Londres, 10.VI.1688, † Rome, 2.I.1766). Fils de Jacques II et de Marie de Modène, il n'avait que six mois lorsqu'il fut emmené en exil lors de la révolution de 1688. Exclu du trône par l'Acte d'établissement de 1701, il fut cependant, à la mort de son père, reconnu roi d'Angleterre, sous le nom de Jacques III, par Louis XIV (1703). Il servit dans les rangs français à Malplaquet contre les Anglo-Impériaux (1709). Ses espoirs de voir la reine Anne le nommer son successeur furent déçus par l'élévation au trône de George Ier de Hanovre (1714). En Écosse, ses partisans, qu'on appela les jacobites, se soulevèrent sous la conduite du comte de Mar ; lui-même débarqua en Écosse en déc. 1715, mais fut bientôt rejeté à la mer. La France lui étant fermée en vertu de la paix d'Utrecht, il se retira en Italie, où il épousa en 1719 la princesse Sobieski, qu'il ne tarda pas à abandonner pour la comtesse d'Inverness et d'autres maîtresses. Voir GRANDE-BRETAGNE. La Restauration des Stuarts. Les débuts du régime parlementaire.

Anne Stuart (Londres 1665 -id. 1714); reine d’Angleterre [1702-1714].

Deuxième fille née du premier mariage de Jacques II, A. est élevée dans un anglicanisme rigoureux, et mariée en 1683 au prince Georges de Danemark. Au moment du débarquement en Angleterre de son beau-frère Guillaume d’Orange (1688), elle soutient ce dernier contre son propre père. En 1702, elle succède sur le trône d’Angleterre à Guillaume III. Dès 1701, après la mort du dernier de ses dix-sept enfants, elle a donné son accord à l’Acte d’établissement (Act of Seulement), en vertu duquel la couronne, après sa mort, doit échoir aux plus proches descendants protestants des Stuarts, en l’occurrence à la maison de Hanovre. Du fait de son manque de caractère et de la médiocrité de ses dons intellectuels, A. n’est aucunement prédisposée à régner. Aussi est-elle d’abord totalement dominée par sa suivante et confidente, la duchesse de Marlborough, qui use de son influence auprès de la reine pour consolider la position de son mari. Général en chef des troupes coalisées pendant la guerre de Succession d’Espagne, Marlborough, par sa victoire de Höchstädt en 1704 et d’autres succès militaires sur la France, consolide le pouvoir des whigs, ses alliés politiques. Mais l’opposition croissante contre le parti de la guerre et une brouille avec l’ambitieuse duchesse décident A. à établir en 1710 un ministère tory sous l’autorité d’Oxford et de Bolingbroke. Ce ministère conclut en 1713 avec la France la paix d’Utrecht, grâce à laquelle l’Angleterre étend largement ses possessions. Le plus grand succès du règne en politique intérieure est en 1707 l’Acte d’union entre l’Angleterre et l’Écosse, qui depuis cette date envoie ses représentants au Parlement britannique de Westminster. La reine, très pieuse, favorise grandement l'Église anglicane. Pour des raisons à la fois politiques et religieuses, elle ne soutient pas les efforts de Bolingbroke visant à assurer l’accession au trône du prétendant catholique de la famille Stuart, son demi-frère. La victoire remportée sur la France de Louis XIV, l’essor économique et culturel font du règne de la reine A. une époque brillante de l’histoire de l’Angleterre.

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