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STRESEMANN Gustav

Homme politique allemand. Député au Reichstag en 1906, président du groupe national-libéral en 1917, il fonda le parti du peuple au lendemain de la défaite de 1918. Il forma un gouvernement de coalition groupant sociaux-démocrates et populistes en août 1923. Il mit fin à la résistance passive dans la Ruhr, s'appuya sur la Reichswehr pour réprimer les mouvements communistes et le putsch de Hitler à Munich, et amorça la stabilisation de la monnaie en créant une banque nationale centrale et en décidant l'émission d'un mark nouveau. Lâché par les socialistes, il dut démissionner en nov. 1923. Resté ministre des Affaires étrangères jusqu'à sa mort, il s'attacha à rétablir la situation diplomatique de son pays en menant avec Briand une politique de réconciliation et de paix. Malgré l'opposition de son propre parti, il fit adopter le plan Dawes (v.) sur le règlement des réparations (août 1924). Il obtint ensuite l'évacuation de la Ruhr par les troupes françaises (été 1925), signa le traité de Locarno (16 oct. 1925) par lequel l'Allemagne acceptait les frontières du traité de Versailles et fit entrer le pays à la SDN (sept. 1926). Il mourut de maladie après avoir signé le pacte Briand-Kellogg de renonciation à la guerre (27 août 1928) et adopté le plan Young (v.) à propos des réparations (accords de La Haye, 29 août 1929).

Stresemann, Gustav (Berlin 1878-1929) ; homme politique allemand.

Au cours des cent jours qui vont du 13 août au 23 novembre 1923, pendant lesquels S. est chargé de la conduite du gouvernement en qualité de chancelier et de ministre des Affaires étrangères, il réussit à surmonter la plus grave crise économique et politique de la jeune République, à réprimer les tentatives de putsch de groupes d’extrême droite et d’extrême gauche et à juguler l’inflation. Cet homme qui a le courage de mettre fin à la résistance passive contre l’occupation française de la Ruhr (26 sept. 1923), que la plus grande partie de la population soutenait comme un « exploit national », avait au cours de la Première Guerre mondiale, en tant que national-libéral et que monarchiste, appartenu aux défenseurs les plus vigoureux d’une politique nationaliste et annexionniste. Venant d’une famille de la petite bourgeoisie berlinoise, fils d’un exploitant de brasserie et, après des études d’économie politique, syndic et gérant principal de la Fédération industrielle de Saxe à partir de 1902, il s’était très vite lancé dans la politique ; après avoir été affilié pendant de longues années au parti national-libéral, il prit la succession de Bassermann à la présidence du Reichstag. Après la révolution de novembre 1918, il souhaita une union des nationaux-libéraux et des progressistes, mais lui-même ne fut pas accepté par le parti démocrate allemand qui venait de se constituer. Le parti du peuple se trouva d’abord dans l’opposition au nouveau gouvernement constitué à Weimar et ne se décida que peu à peu il adopter une attitude positive à l’égard de l’État ; il alla jusqu’à prendre des responsabilités au sein du système parlementaire démocratique. S., dont les pensées et le comportement étaient guidés par une forte conscience nationale, comprit que tenter une politique d’entente avec les puissances alliées en s’en tenant aux données du traité de Versailles pouvait servir bien davantage les véritables intérêts de l’Allemagne qu’un soulèvement désespéré des milieux nationalistes. Contre l’opposition acharnée des partis de droite, il poursuit une politique d’apaisement au lendemain de l’occupation française de la Ruhr et ce, également après sa démission du poste de chancelier à la suite du départ du SPD du gouvernement de grande coalition : il conserve une position dominante comme ministre des Affaires étrangères. Le plan Dawes de 1924 (règlement des réparations et répit accordé à l’économie allemande en train de se relever), les traités de Locarno de 1925 liés à l’entrée de l’Allemagne à la SDN (1926), la poursuite de la politique de Rapallo fondée sur l’entente avec la Russie par la conclusion d’un traité germano-russe (de Berlin) en avril 1926, le pacte Briand-Kellogg de 1928 qui proscrit la guerre comme moyen politique, et enfin la perspective de l’évacuation de la Rhénanie par les troupes d’occupation françaises et belges grâce à l’adoption du plan Young (1929-1930) sont les étapes de cette politique axée sur l’entente avec les peuples et la restauration de la souveraineté allemande pour laquelle il obtient en 1926 le prix Nobel avec le Français Aristide Briand. Sa grande souplesse diplomatique et ses talents de rhétoricien, liés à une formidable vitalité et à un optimisme jamais défaillant, lui permettent de supporter et de surmonter les résistances intérieures et extérieures, les revers dans le rapprochement germano-français et l’opposition croissante dans son propre pays, bien que sa santé, ébranlée depuis longtemps, s’en trouve toujours plus altérée. D’une infatigable activité jusqu’à la fin, il succombe à une attaque d’apoplexie alors qu’il n’avait que 51 ans. Avec sa mort, la République de Weimar perd l’homme politique sans doute le plus influent de l’Allemagne d’entre les deux guerres.

STRESEMANN, Gustav (Berlin, 1878 -id., 1929). Homme politique allemand. Ministre des Affaires étrangères ( 1923-1929), il mena avec Briand une politique de réconciliation franco-allemande en espérant gagner ainsi la confiance des Alliés et obtenir une révision pacifique du traité de Versailles. Chef du parti national-libéral au Reichstag (1907-1912), il fonda sous la République de Weimar le Parti du peuple, préconisant le ralliement des monarchistes à la République. Chancelier en 1923, il forma un gouvernement de conciliation qui mit fin à la résistance passive dans la Ruhr après l'occupation française. Resté ministre des Affaires étrangères jusqu'à sa mort, il s'attacha à restaurer en Europe la situation diplomatique de l'Allemagne. Il négocia avec Poincaré la mise en place du plan Dawes (1924) sur le paiement des réparations. Il engagea avec Aristide Briand une politique de rapprochement franco-allemand qui conduisit aux accords de Locarno (1925) par lesquels l'Allemagne acceptait ses frontières du traité de Versailles, et fit entrer son pays à la SDN (1926). Il signa enfin, en 1928, le pacte Briand-Kellogg, traité de renonciation à la guerre. En 1926, il avait partagé avec Briand le prix Nobel de la paix. Voir Ruhr (Occupation de la), Thyssen (Fritz).

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