SOUKHOVO-KOBYLINE Alexandre Vassiliévitch
SOUKHOVO-KOBYLINE Alexandre Vassiliévitch. Ecrivain russe. Né dans le domaine de Woskresenskoïe le 29 septembre 1817, mort à Beaulieu (Alpes-Maritimes) le 24 mai 1903. Appartenant a une famille de propriétaires terriens, il suivit les cours de physique et de mathématiques à l’Université de Saint-Pétersbourg, bien qu’il eût des dispositions très marquées pour la philosophie à laquelle il retourna plus tard avec passion. Sa vie fut tout d’abord celle que menait un homme du monde fortuné dans la Russie de la première moitié du XIXe siècle : vie de salon, avec de fréquents voyages et des séjours à l’étranger, spécialement à Paris. Mais l’uniformité d’une pareille existence fut tout à coup bouleversée par l’assassinat d’un Français, Louis-Simon Demanche, qui vivait chez Soukhovo-Kobyline. La police le soupçonna et il fut arrêté à deux reprises et soumis à de pénibles interrogatoires; mais bien qu’on eût été près de trouver des preuves suffisantes, les résultats de l’enquête, qui dura sept ans, ne furent pas concluants, et l’affaire fut close en 1857. Ce fut pendant sa première détention, en 1854, que Soukhovo-Kobyline acheva une comédie à laquelle il avait pensé depuis longtemps, Les Noces de Kretchinsky. Il réussit à la faire jouer, en 1855, au « Petit Théâtre » et obtint un grand succès; en 1856, cette même comédie fut publiée dans la revue Le Contemporain. Les deux détentions qu’il dut subir et les fréquents contacts qu’il eut avec la police et le monde de la Justice fournirent à Soukho-vo-Kobyline les matériaux nécessaires pour deux autres comédies qui faisaient suite à la première, L’Affaire et La Mort de Tarelkine, publiées avec Les Noces de Kretchinsky sous le titre de : Tableaux du passé , qu’imposèrent les autorités, mais sous lequel l’auteur ajouta : « peints au naturel par S. K. ». Lorsqu’il eut été acquitté, Soukhovo-Kobyline mena une vie très retirée, vouée tout entière à des lectures et à des méditations, vie qui ne laissait pas d’être amère comme le prouvent les deux comédies écrites après le procès et dont la première, de l’aveu de l’auteur, lui fut dictée par la haine et le désir de se venger.