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SLOVAQUIE

État d'Europe centrale s'étendant, d'O. en E., entre la Morava et la Uh ; capitale Bratislava. Les Slovaques, peuple slave, s'établirent dans cette région aux VIe/VIIe s. de notre ère. Ils firent partie du royaume de Grande-Moravie (IXe s.), puis passèrent sous la domination hongroise au début du XIe s. C'est de cette époque que date leur séparation d'avec les Tchèques, qui devait s'accentuer au cours des siècles. Partagés depuis la Réforme en catholiques romains et en luthériens, les Slovaques commencèrent à manifester leurs aspirations nationales au XIXe s., sous l'influence du romantisme et du panslavisme. En 1848, ils demandèrent une certaine autonomie aux Hongrois révoltés contre les Habsbourg et, devant le refus de Kossuth, ils aidèrent le gouvernement de Vienne à écraser la révolte hongroise. Durant la Première Guerre mondiale, Masaryk, chef de l'émigration tchèque, signa à Pittsburgh (États-Unis), le 30 mai 1918, une convention garantissant aux Slovaques l'autonomie interne au sein du nouvel État tchécoslovaque qui devait naître de l'effondrement prochain de l'Autriche-Hongrie. Mais cette promesse ne fut pas tenue, et le profond mécontentement des Slovaques devant la politique centralisatrice de Prague s'exprima par l'action du parti populiste, que dirigeaient les prêtres Hlinka et Jozef Tiso. Ce dernier, après les accords de Munich (sept. 1938), obtint, avec l'appui de l'Allemagne, l'autonomie interne de la Slovaquie (7 oct. 1938), et un gouvernement slovaque dirigé par Tiso s'installa à Bratislava. Destitué par le gouvernement de Prague le 9 mars 1939, Mgr Tiso proclama l'indépendance de la Slovaquie (14 mars 1939), qui se plaça peu après sous la protection de l'Allemagne hitlérienne tandis que les troupes allemandes entraient à Prague le 15 mars et que l'Allemagne constituait le protectorat de Bohême-Moravie. La Slovaquie participa, en 1939, à la campagne contre la Pologne, adhéra au pacte tripartite (nov. 1940) (v.), puis entra en guerre contre l'URSS. Mais au régime fascisant de Mgr Tiso s'opposa un puissant mouvement de résistance qui seconda activement l'Armée rouge en 1945. La Tchécoslovaquie fut alors reconstituée, mais cette fois sur la base d'une égalité des peuples tchèque et slovaque. La Slovaquie obtint en 1946 une certaine autonomie (Conseil national slovaque, Conseil des commissaires), qui, après la crise du « printemps de Prague », fut étendue par la réforme constitutionnelle entrée en vigueur le 1er janv. 1969 ; les Slovaques, comme les Tchèques, obtinrent alors un véritable gouvernement régional, une assemblée régionale responsable, les compétences du gouvernement fédéral tchécoslovaque subsistant cependant dans les domaines communs de la vie politique, économique et sociale. La démocratisation de la Tchécoslovaquie, après la « révolution de velours » de nov. 1989, fit resurgir les interrogations sur le rôle de la Slovaquie dans la Fédération. Les premières élections libres, en juin 1990, furent marquées par la victoire de la liste Public contre la Violence, homologue slovaque du Forum civique tchèque. À l'automne 1990, un débat s'engagea entre les partisans d'une « fédération souple », comme le Premier ministre slovaque, Vladimir Meciar, et les défenseurs du maintien d'un État unitaire. Victorieux des élections législatives de 1992, V. Meciar engagea les discussions avec le Premier ministre tchèque, Vaclav Klaus, sur les modalités d'une séparation et, le 1er janv. 1993, la république de Slovaquie devint indépendante. 00020000061900000DB5 613,Reconduit en 1994, il s'employa à normaliser les relations entre son pays et la Hongrie, qu'empoisonnait la question du statut de l'importante minorité magyare de Slovaquie (10 % de la population) : un accord garantissant une certaine autonomie aux minorités magyares fut signé en mars 1995. Les tentatives de Meciar pour museler la presse provoquèrent au printemps 1995, de vigoureuses manifestations de l'opposition. À l'expiration du mandat du président de la République Michal Kovac, en mars 1998, le pays entra dans une phase de blocage politique et Meciar, conformément à la Constitution, se vit confier tous les pouvoirs. Après l'échec de la coalition nationale populiste qu'il conduisait aux élections législatives de sept., il démissionna de toutes ses fonctions. Ses quatre années d'autoritarisme avaient conduit son pays à une impasse économique et à l'isolement diplomatique. Le nouveau gouvernement, dirigé par Mikulas Dzurinda, en faisant entrer dans son sein des représentants de la minorité hongroise, améliora les relations avec la Hongrie et relança le dialogue avec la République tchèque. Il fit passer une loi sur l'élection au suffrage universel du président de la République (et non plus par le Parlement) qui permit, en mai 1999, la victoire de Rudolf Schuster sur Meciar. Le plan d'assainissement de l'économie lancé par la coalition au pouvoir eut des résultats positifs, mais entraîna également une baisse sensible du niveau de vie. En juin 2003, la Slovaquie fut autorisée à intégrer l'Union européenne à partir du 1er mai 2004.



SLOVAQUES. Peuple slave ayant donné son nom à la Slovaquie, autrefois l'une des deux Républiques fédérées de la Tchécoslovaquie dont la capitale est Bratislava. Après avoir constitué au IXe siècle le royaume de Grande-Moravie, les Slovaques furent dominés par les Hongrois puis compris, avec ces derniers, dans l'Empire des Habsbourg à partir de 1526. Intégrés à l'État tchécoslovaque en 1918, les Slovènes, mécontents de la politique centralisatrice de Prague, constituèrent en 1939 un État slovaque séparé sous protectorat allemand et gouverné par Mgr Tiso, pronazi. Réintégrée dans la Tchécoslovaquie en 1945, la Slovaquie fut dotée en 1969 du statut de République fédérée. Elle constitue depuis 1993 un État indépendant. Voir Masaryk (Tomas), République (Slovaque), République (Tchèque).

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