SIGISMOND
• ALLEMAGNE • BOURGOGNE • POLOGNE ALLEMAGNE SIGISMOND (* Nuremberg, 14.II.1368, † Znaim, 9.XII.1437). Empereur germanique (1411/37). Fils cadet de l'empereur Charles IV, il reçut en 1378 la marche de Brandebourg et devint roi de Hongrie par son mariage avec la reine Marie, fille de Louis le Grand (1387). Il dut combattre contre les Turcs, qui lui infligèrent une sévère défaite à Nikopol (28 sept. 1396). Après la mort de l'empereur Robert de Palatinat (1410), il entra en compétition pour le trône impérial avec Josse de Moravie, mais celui-ci mourut subitement et Sigismond fut choisi à l'unanimité par les Électeurs (21 juill. 1411) et couronné roi de Germanie en 1414, à Aix-la-Chapelle. Son couronnement impérial n'eut lieu qu'en mai 1433, à Rome. Soucieux de mettre fin au Grand Schisme, il appuya les efforts du pape de Pise, Jean XXIII, et joua un rôle de premier plan au concile de Constance (1414/18) ; il accorda un sauf-conduit à Jan Hus pour venir se défendre devant le concile, mais quand Hus eut été condamné par les pères conciliaires, il ne l'en fit pas moins exécuter sur le bûcher (1415), ce qui provoqua le soulèvement religieux et national des hussites en Bohême. Sigismond fut le dernier empereur de la dynastie de Luxembourg. BOURGOGNE SIGISMOND saint († Coulmiers, près d'Orléans, 523). Roi des Burgondes (516/23). Arien, il fut converti au catholicisme par st Avit (vers 501), épousa Alemberge, fille de Théodoric, roi d'Italie, et succéda à son père en 516. Il autorisa aussitôt l'exercice de la religion catholique dans ses États et, en 517, fonda le grand monastère de Saint-Maurice d'Agaune, dans le Valais. Il ajouta foi aux calomnies de sa seconde femme et, croyant que son fils Sigeric complotait contre lui, il le fit étrangler en sa présence (522). Pris de remords, il courut faire pénitence à l'abbaye d'Agaune, mais les Bourguignons, indignés par son crime, se donnèrent à Clodomir, roi d'Orléans, fils de Clovis. Celui-ci réussit à s'emparer de Sigismond et le fit mettre à mort avec sa femme et ses autres fils. Sigismond fut par la suite vénéré comme un saint, et l'empereur Charles IV fit transporter ses reliques à Prague. POLOGNE SIGISMOND Ier JAGELLON le Vieux ou le Grand (* Kozienice, 1467, † Cracovie, 1er.IV.1548). Roi de Pologne (1506/48). Voir POLOGNE. La Pologne des Jagellons.
Sigismond (1368-1437) ; roi allemand [1410-1437], roi de Hongrie [depuis 1387] et de Bohême [depuis 1419], empereur romain [1433-1437].
Second fils de Charles IV, S. reçoit en 1378, à l’âge de dix ans, le marquisat de Brandebourg et la dignité de prince-électeur, selon une disposition prise par son père pour régler sa succession. En 1372, il est fiancé à Marie, fille de Louis Ier de Hongrie (1382), et obtient ainsi des droits sur la Hongrie et la Pologne. Mais la veuve de Louis, Élisabeth, partage rapidement l’héritage entre ses deux filles, Hedwige reine de Pologne [1384-1386], bientôt mariée au duc Jagellon, et Marie « roi » de Hongrie (couronnée le 17 sept. 1382), dont le mariage avec S. est remis. L’union ungaro-polonaise s’écroule et, avec elle, les espoirs des Luxembourg de monter sur le trône dans les deux pays. Ce n’est qu’en forçant à la réalisation du mariage avec Marie, entre-temps promise à Louis d’Orléans, que S. peut s’assurer un droit sur la couronne hongroise, qui devient effectif avec son couronnement à Ofen (31 mars 1387). Cosouverain, puis seul roi à la mort de Marie (1395), S. ne tarde pas à compter de nombreux ennemis en Hongrie. La répression, qui culmine avec le « tribunal sanglant » de 1393, ne lui laisse aucun répit. Ce n’est que lorsque S. entreprend de se battre contre les Turcs (qui ont abattu la Serbie en 1389 et le royaume bulgare en 1393), que la situation s’améliore. Sa défaite à Nicopolis (28 sept. 1396) provoque cependant de nouvelles insurrections en Hongrie. En 1401, S. est fait prisonnier et ne parvient que difficilement à recouvrer la liberté. En 1402, il s’impose définitivement en Hongrie et bénéficie d’une reconnaissance générale, qu’il renforce en flattant les aristocrates hongrois : il épouse en secondes noces Barbara Cilli, apparentée aux Garai, et fonde l’ordre du Dragon. Il établit une constitution militaire pour la durée de la guerre contre les Turcs, soutient la bourgeoisie et accorde de l’influence à la petite noblesse au sein de l’administration des comitats. Grâce à ces réformes, il vient à bout d’une situation anarchique. Toutes les tentatives de S. pour prendre le pouvoir en Pologne demeurent vaines. Parce que le Brandebourg est trop éloigné de la Hongrie, mais aussi pour trouver de l’argent, ce dont S. manque toujours, il engage la Vieille Marche et la Marche élective à son cousin Josse de Moravie (mai 1388) puis la Nouvelle Marche à l’ordre Teutonique (1402). Il mène en Bohême un double jeu à l’égard de son frère Venceslas. En 1393, il est l’un des chefs de la haute noblesse (Union des seigneurs) et, pendant presqu’une décennie, a des démêlés avec Venceslas ; en 1402, il le capture même et le livre aux Habsbourg afin de s’assurer leur aide pour maintenir son pouvoir menacé en Bohême et en Hongrie. Venceslas ne parvient à s’échapper qu’au bout d’un an et se fait à nouveau reconnaître roi en Bohême. Déjà S. ne s’était pas opposé à la déposition de celui-ci comme roi allemand. Ses espoirs d’accéder lui-même à la couronne sont comblés après la mort du roi Ruprecht. A l’élection du 20 septembre 1410, il ne réunit cependant que trois voix (comte palatin, Trêves, et son propre vote pour le Brandebourg), moins que son rival, Josse de Moravie (qui prétend aussi voter au nom du Brandebourg). Mais Josse a la bonne grâce de mourir dès le 18 janvier 1411, évitant une nouvelle guerre civile. Amadouant Venceslas par de fausses promesses, S. fait l’unanimité au nouveau vote des princes-électeurs (21 juill. 1411). Aussitôt roi, S. prend à coeur son rôle d’arbitre de la chrétienté, qu’il remplit avec éclat, non sans quelques impairs (il ne sera couronné empereur par le pape qu’après une humiliante attente, le 31 mai 1433). Il considère comme son premier devoir de mettre fin au Grand Schisme. Il met le pape Jean [XXIII] devant le fait accompli en lançant lui-même les convocations au concile à venir, réuni en terre d’Empire, à Constance (30 oct. 1413). Sans peser sur les décisions des Pères, S. est le bras armé du Concile : c’est lui qui contraint Jean [XXIII] à la fuite puis à la soumission, Grégoire XII à la résignation, Benoît [XIII] à la solitude d’un exil intérieur. S’il arbitre avec succès plusieurs conflits (attribution du Schleswig au Danemark, règlement de la querelle entre Jagellons et ordre Teutonique, confirmation de la Lorraine au roi René en 1434), il humilie le roi de France à Paris (printemps 1416) et abandonne son rôle d’arbitre en s’alliant au roi d’Angleterre et en déclarant la guerre à la France, sans conséquence du reste (1416-1417). Après la mort de Venceslas (16 août 1419), S. devient également roi de Bohême mais, pour avoir approuvé la condamnation de Jean Hus, ne peut entrer à Prague. Les opérations contre les Hussites (1421-1431) ne donnent aucun résultat, l’insuffisante organisation militaire et la faiblesse des effectifs de l’Empire ne permettant pas de les vaincre par la force armée ; les Tchèques lancent bientôt des incursions au-delà de leur territoire. Ce n’est que dans les années 1430 que le roi réussit à profiter des dissensions internes du camp hussite et à pacifier la Bohême grâce à un compromis avec les hussites modérés et à des réformes intérieures ; il fait son entrée à Prague en 1436. En 1415, il donne la principauté élective de Brandebourg en fief au burgrave Frédéric de Nuremberg, qui lui est fidèle, et en 1423, la Saxe Courlande au marquis Frédéric le Querelleur. Au cours des dernières années de sa vie, le roi essaie encore une fois d’aider l’Empire à sortir de sa désorganisation. Sans promouvoir de grande réforme, il se fait utilement seconder par son chancelier Caspar Schlick (le premier laïc à occuper ce poste, depuis 1433) et son chambrier Conrad de Weinsberg. Figurent, au nombre des projets en discussion, la sauvegarde de la paix publique, le découpage de l’Empire en arrondissements pour améliorer l’organisation militaire, le perfectionnement du système monétaire et financier ainsi que la réorganisation d’un système judiciaire morcelé. Ces efforts lui valent la précoce attribution, imméritée, d’un manifeste anonyme sur la réforme de l’Empire (Reformatio Sigismun-di). Il cherche aussi à diviser les princes-électeurs pour mieux régner et à s’appuyer sur ce qu’on a appelé bien plus tard la « troisième Allemagne », c’est-à-dire les villes et la petite noblesse. S. meurt le 9 décembre 1437 à Znaim et est enterré dans la ville hongroise d’Oradéa. Son gendre, Albert V de Habsbourg (Albert II comme roi allemand), est élu pour lui succéder le 18 mars 1438. Bibliographie : F. Rapp, Les Origines médiévales de l’Allemagne moderne (1346-1519), 1989.
SIGISMOND Ier JAGELLON le Vieux ou le Grand (Kozienice, 1467-Cracovie, 1548). Roi de Pologne (1506-1548). Protecteur des arts, son règne marqua l'apogée de la civilisation polonaise, profondément influencée par la Renaissance italienne. Fils du roi de Pologne Casimir IV Jagellon, il mena plusieurs guerres contre le tsar de Moscovie qu'il réussit à contenir malgré la perte de Smolensk (1514). Il imposa au grand maître de l'ordre Teutonique, la suzeraineté polonaise sur la Prusse, et rattacha la Mazovie à la Pologne (1526). Marié à la princesse milanaise Bona Sforza, il fit de Cracovie un grand foyer de la Renaissance polonaise.
Liens utiles
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- Sigismond, duc du Tyrol1427-1496Sous la pression des États provinciaux du Tyrol, Sigismond fut affranchi en 1446 de latutelle de son oncle, l'empereur Frédéric III, et devint régent indépendant de ce comté.
- Sigismond?
- Sigismond II Auguste Jagellon, Zygmunt II August1520-1572Roi de Pologne, fils de Zygmunt Stary et de Bona Sforza.
- Antoine Brumelfin du XVe-début du XVIe siècleElève d'Ockeghem, fut à la Cour de Ferrare en 1505 ; il vécut ensuite quelque temps àParis, puis, après avoir appartenu à la chapelle de Sigismond Cantelme, duc de Sora àLyon, on le vit au service d'Alphonse Ier d'Este.