SEPT ANS (guerre de)
Guerre européenne qui dura de 1756 à 1763 et qui eut pour causes : a) l'inquiétude de l'Autriche devant les progrès de la Prusse et sa volonté de reprendre la Silésie (v.) dont Frédéric le Grand s'était emparé en 1740 ; b) la rivalité franco-anglaise aux colonies, en Amérique du Nord et en Inde. Préparant leur revanche sur la Prusse, Marie-Thérèse et son ministre Kaunitz (v.) s'assurèrent dès 1746 l'alliance de la Russie, puis s'efforcèrent d'obtenir un rapprochement avec la France, qui, dans la guerre de la Succession d'Autriche (1740/48), avait « travaillé pour le roi de Prusse ». C'est l'Angleterre qui prit l'initiative des hostilités, à partir de juill. 1755, en saisissant dans différents ports 300 vaisseaux de commerce français et en internant leurs équipages. Peu après, Frédéric II signa avec l'Angleterre le traité de neutralité de Westminster (16 janv. 1756), et la France, isolée, n'eut plus qu'à se retourner vers l'Autriche : ce fut le « renversement des alliances » consacré par le traité de Versailles (1er mai 1756). La guerre mit ainsi aux prises, d'une part la France et l'Autriche avec leurs alliées, Russie, Saxe, Suède et Espagne, d'autre part l'Angleterre, la Prusse et le Hanovre. En Europe, Frédéric le Grand prit l'offensive en août 1756, envahit la Saxe (oct. 1756) et la Bohême (printemps 1757), mais fut battu par Daun à Kolin (18 juin 1757) et dut évacuer la Bohême, tandis que les Russes envahissaient l'Est de la Prusse. Cependant, le roi de Prusse remporta trois grandes victoires : sur les Français à Rossbach (5 nov. 1757), sur les Autrichiens à Leuthen (5 déc. 1757) et sur les Russes à Zorndorf (25 août 1758). Mais accablé par la supériorité numérique de ses adversaires, Frédéric fut battu par les Austro-Russes à Kunersdorf (12 août 1759) et, malgré sa victoire de Torgau (3 nov. 1760), il se trouvait dans une situation presque désespérée lorsqu'il fut sauvé par la mort de la tsarine Élisabeth (5 janv. 1762) : le nouveau tsar, Pierre III, tout allemand et grand admirateur de Frédéric II, se hâta de signer la paix avec la Prusse (5 mai 1762), et la Suède imita son exemple. Par sa victoire de Burkersdorf (21 juill.), Frédéric réussit à reconquérir presque entièrement la Silésie. Sur mer et dans les colonies, la guerre avait commencé fâcheusement pour les Anglais (occupation de Port-Mahon, aux Baléares, par le duc de Richelieu, 1756). Mais à partir de 1757, l'Angleterre, sous la conduite du premier Pitt (v.), connut un puissant sursaut national : la mort de Montcalm (v.) et la capitulation de Québec (1759) marquèrent la fin du Canada français, et la capitulation de Lally-Tollendal à Pondichéry consomma la fin de l'Inde française (1761). Cependant, le duc de Choiseul, chef de la politique étrangère française, réussit à faire entrer l'Espagne dans la coalition en concluant le pacte de Famille des Bourbons, et l'Angleterre, inquiète, préféra ne pas pousser plus loin ses avantages. La guerre de Sept Ans prit fin par deux traités : la paix de Paris (10 févr. 1763) confirma la ruine du premier empire colonial français. La France cédait à l'Angleterre, le Canada, le golfe du Saint-Laurent, la partie Est de la Louisiane, plusieurs îles des Antilles, le Sénégal et presque toutes ses possessions de l'Inde ; la Louisiane au-delà du Mississippi était abandonnée à l'Espagne en compensation de la Floride, annexée par l'Angleterre. En Europe, la paix de Hubertsburg (15 févr. 1763) confirma à la Prusse la possession définitive de la Silésie. Ainsi la guerre de Sept Ans marquait-elle l'avènement de la Prusse comme grande puissance européenne, et l'avènement de l'Angleterre comme première puissance coloniale mondiale.
SEPT ANS (Guerre de, 1756-1763). Guerre européenne qui opposa l'Angleterre et la Prusse à la France, l'Autriche, la Russie, la Suède, l'Espagne et les princes allemands. La guerre de Sept Ans consacra la Prusse comme grande puissance européenne et l'avènement de l'Angleterre comme première puissance navale et coloniale. Le conflit eut pour causes principales la volonté autrichienne de reprendre la Silésie à la Prusse (guerre de Succession d'Autriche) et la rivalité coloniale franco-anglaise. Sur terre, durant sept ans, la lutte fit rage en Europe centrale et orientale. La France et l'Autriche, soutenues par la Russie, la Suède et quelques princes allemands, remportèrent quelques succès puis essuyèrent de nombreux revers face à Frédéric II de Prusse (notamment Rossbach et Leuthen). Sur mer et dans les colonies, l'Angleterre, après une période d'échecs (occupation de Port-Ma-hon, aux Baléares, par le duc de Richelieu, 1756), accula à la défaite Montcalm au Canada (1759) et Lally-Tollendal aux Indes. Une alliance tardive avec l'Espagne, le pacte de Famille, ne permit pas de redresser la situation. Par le traité de Paris (1763), Louis XV cédait à l'Angleterre le Canada, l'est de la Louisiane, quelques îles des Antilles, le Sénégal et presque toutes ses possessions en Inde. Par le traité d'Hubertsbourg (1763), Marie-Thérèse d'Autriche cédait définitivement la Silésie à la Prusse. Voir Kaunitz (Wenzel).
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