SÉLIM Ier l'Inflexible ou le Cruel
Sultan ottoman (1512/20). Troisième fils de Bayézid II, il vit celui-ci désigner comme successeur son frère Ahmed, mais il se révolta à plusieurs reprises, avec l'appui des janissaires, et força Bayézid à abdiquer en sa faveur (25 avr. 1512). Ayant consolidé son autorité en exterminant ses deux frères et ses cinq neveux, il garantit la paix en Occident par des traités avec la Hongrie, Venise et Raguse et se tourna contre les Séfévides (v.) chiites (v.) de Perse. En 1513, il fit massacrer 40 000 chiites de son empire, puis, au nom de l'orthodoxie sunnite (v.), il mena la guerre sainte contre le chah Ismaïl Ier, qui fut écrasé par l'armée turque à Tchaldiran (23 août 1514). Entré peu après à Tabriz, capitale des Séfévides, Sélim occupa le Kurdistan et la Haute-Mésopotamie, puis il entreprit la conquête de la Syrie (1516), écrasa les mamelouks à la bataille du mont Mokattam (22 janv. 1517) et fit son entrée au Caire. Il ramena à Constantinople le dernier calife abbasside, el-Moutawakkil, qui aurait renoncé en sa faveur au califat. Ayant placé ainsi la Syrie et l'Égypte sous la domination ottomane, Sélim préparait une expédition contre Rhodes, lorsqu'il mourut brusquement.
Sélim Ier l’inflexible ou le Cruel [Yavouz] (Amasya v. 1470-Constantinople 1520) ; sultan ottoman [1512-1520].
Troisième fils du sultan Bajazet II, S. n’est pas destiné à lui succéder. Mais avec l’appui de grandes parties de l’armée, il tente de s’emparer du trône et provoque des luttes intestines. Bien que battu en 1511 par les troupes de son père, il réussit l’année suivante à pénétrer dans Constantinople, à détrôner son père et à monter lui-même sur le trône le 25 avril 1512. Pour affermir son pouvoir, il supprime ses deux frères encore vivants et ses cinq neveux. Avec dureté et cruauté, il persécute les chiites, auxquels il reproche, entre autres choses, de s’être imposés en Perse. D’après des témoignages concordants, 40 000 chiites tomberont sous ses coups. Le chah Ismaïl de Perse ne peut accepter cette persécution, d’autant que S. le défie en personne. On en vient à la guerre. S. bat les Perses, en grande partie grâce à la supériorité de son artillerie, en 1514 dans la plaine de Tchaldiran. Cette victoire non seulement amène à S., qui prend désormais le titre de chah, les fabuleux trésors de la ville de Tabriz, mais lui permet aussi d’assujettir en un court laps de temps le Kurdistan et la Mésopotamie. Les combats de S. contre la souveraineté des Mamelouks en Égypte ont à leur tour des répercussions extraordinaires.
S. réussit dans les années 1516-1517 à refouler les troupes égyptiennes de Syrie et de Palestine, et à battre les Égyptiens près du Caire. Avec cette victoire, la capitale du Caire et tout le territoire égyptien tombent entre les mains des Ottomans, et le pouvoir des Mamelouks est anéanti, tandis que S. fait exécuter le sultan égyptien. L’acquisition de l’Égypte permet à S. de soumettre facilement les territoires arabes le long de la mer Rouge, et surtout la ville sainte de La Mecque. Dès lors, il porte le titre de calife. La domination de vastes régions côtières le long de la Méditerranée signifiait un important gain de puissance face au monde occidental. De même, l’Empire ottoman se voyait renforcé face à la Perse par l’assujettissement de vastes territoires de population islamique. Ces brillantes conquêtes formeront la base de la progression des Ottomans en Europe centrale sous les successeurs de S. Mais S. lui-même vit en paix avec les États chrétiens, bien que ceux-ci soient très inquiets de la progression ottomane et envisagent une action commune. L’organisation stricte de l’armée à laquelle procède S. pour réprimer les mutineries des janissaires, le développement de l’artillerie et l’établissement d’une puissance maritime ottomane expliquent le succès de ses campagnes. En outre, S. a réalisé, à l’intérieur, de nombreuses et utiles réformes. Les chrétiens et les juifs conservent leur autonomie religieuse. S. favorise la littérature, lui-même s’est illustré comme poète en langue persane. Au cours d’un voyage d’Andrinople à Constantinople, ce souverain, remarquable malgré sa cruauté, meurt de maladie le 20 septembre 1520, alors qu’il préparait une expédition contre Rhodes.
Bibliographie : Sous la direction de R. Man-tran, Histoire de l’Empire ottoman, 1989.
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