SCHISME D'OCCIDENT (le Grand)
Schisme qui divisa l'Église catholique romaine de 1378 à 1417. À la mort de Grégoire XI, qui avait mis fin à la « captivité d'Avignon » (1309/78) (v. AVIGNON) en revenant dans la Ville éternelle, le peuple romain, exigeant un pape italien, avait imposé aux cardinaux l'élection de l'archevêque de Bari, qui prit le nom d'Urbain VI (8 avr. 1378). Très austère, mais d'un caractère déséquilibré et violent, le nouveau pape ne tarda pas à susciter une opposition chez les cardinaux. Treize d'entre eux, la plupart français, se réunirent secrètement à Fondi et élurent un autre pape, le Français Robert de Genève, qui prit le nom de Clément VII (sept. 1378). Ce dernier obtint l'adhésion de la France et des puissances francophiles, la Castille, le Portugal et l'Écosse. Mais, dans le contexte de la guerre de Cent Ans, la question pontificale devint un conflit politique, et l'Angleterre, imitée par l'Empire, la Flandre, les États scandinaves, la Hongrie et l'Italie, se déclara pour Urbain VI. La chrétienté se trouva ainsi divisée. Ste Catherine de Sienne et ste Brigitte se rallièrent au pape italien ; st Vincent Ferrier et le bienheureux Pierre de Luxembourg, au pape français. Chaque pape, après avoir excommunié son rival, se constitua un Sacré Collège de cardinaux et une administration particulière. Au pape de Rome succédèrent Boniface IX (1389/1404), Innocent VII (1404/06) et Grégoire XII (1406/15) ; au pape de France, qui avait rétabli son siège à Avignon, succéda Benoît XIII (1394/1417). Dès le début du schisme, des efforts furent entrepris pour revenir à l'unité : le clergé français suggéra en 1394 que les deux pontifes devaient abandonner la tiare et qu'il fallait procéder ensuite à une nouvelle élection (voie de cession). Mais toute tentative de conciliation échoua, en raison de la mauvaise volonté des deux pontifes. Cardinaux romains et cardinaux d'Avignon, réunis à Livourne en juin 1408, décidèrent alors de convoquer le concile de Pise (1409). Cette assemblée ne réussit qu'à créer un troisième pape, Alexandre V (1409/10), qui trouva un successeur en la personne de Jean XXIII. Le pape de Pise rallia à lui la France, l'Angleterre et l'Empire ; le pape d'Avignon conserva l'Espagne et l'Écosse, tandis que la plus grande partie de l'Italie restait fidèle au pape de Rome. L'intervention de l'empereur Sigismond hâta le dénouement de cette crise sans précédent dans l'Église. Il imposa à Jean XXIII la réunion du concile de Constance (1414), qui déposa Jean XXIII (mai 1415) et obtint l'abdication de Grégoire XII (juill. 1415). En revanche, le pape d'Avignon, Benoît XIII, refusa de céder à toutes les pressions et son successeur, qui prit le nom de Clément VIII, n'abandonna ses prétentions qu'en 1429. Mais l'unité du catholicisme avait été reconstituée dès nov. 1417 par l'élection de Martin V. Le Grand Schisme eut des conséquences graves pour l'Église : il favorisa la naissance d'hérésies anarchiques comme celle de Wyclif (v.) et de Jean Hus (v.), qui remirent en question, non seulement le pouvoir pontifical, mais aussi l'organisation hiérarchique de l'Église et les sacrements. Les droits du Saint-Siège furent également menacés par la théorie conciliaire qui s'affirma au concile de Constance (v.) ; défendue surtout par deux théologiens français, Pierre d'Ailly et Gerson, cette théorie affirmait la supériorité du concile général sur le pape (sessions IV et V du concile, 1414). L'Église moderne ne reconnaît comme légitimes que les papes de Rome (Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII) ; les papes d'Avignon et les papes de Pise sont considérés comme des antipapes.
SCHISME D'OCCIDENT (GRAND) . Conflit qui divisa l'Église de 1378 à 1417 et durant lequel il y eut l'élection de plusieurs papes siégeant simultanément certains à Rome, d'autres en Avignon et ailleurs. L'origine du conflit fut l'hostilité des cardinaux non italiens à l'élection de Urbain VI, ces derniers désignant un Français, Clément VII, qui retourna en Avignon. La chrétienté se divisa, aucun parti ne voulant céder. Le schisme s'aggrava lorsque le concile de Pise (1409) élut un troisième pape, Alexandre V, auquel succéda Jean XXIII. Le schisme prit fin lors du concile de Constance (1414-1418) avec l'élection d'un pape unique, Martin V (1417).
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