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SCHEIDEMANN Philipp

Homme politique allemand. Député social-démocrate depuis 1903, il fut un des chefs de la tendance majoritaire qui appuya le gouvernement impérial pendant la Première Guerre mondiale. Devant l'agitation ouvrière, il contribua cependant à la chute de Bethmann-Hollweg (1917) (v.). Membre du gouvernement depuis oct. 1918, c'est lui qui proclama à Berlin la république allemande, le 9 nov. 1918. Chef du gouvernement (févr./juin 1919), il collabora avec la Reichswehr et les corps francs pour écraser la révolution communiste (combats de mars 1919 à Berlin), fit campagne contre la signature du traité de Versailles et démissionna (20 juin 1919). Bourgmestre de Kassel (1920/25), il s'exila à l'avènement de Hitler.

Scheidemann, Philip (Cassel 1865-Copenhague 1939) ; homme politique allemand.

Le 9 novembre 1918, S. proclame la république à Berlin depuis la balustrade du Reichstag. Cet événement, qui marque la fin de l’Empire et prévient également la proclamation d’une dictature des Conseils sur le modèle bolchevique, se produit à l’insu et contre la volonté du chancelier Ebert. Il a pour conséquence la formation du Conseil des délégués du peuple, comme organe de gouvernement dans lequel Ebert, S. et Landsberg représentent les socialistes de la tendance majoritaire au côté de trois indépendants. D’une famille d’imprimeur, écrivain, longtemps député au Reichstag (1912 et 1918, premier vice-président du Reichstag) et à partir de 1911, après son départ de sa ville natale de Kassel pour s’installer dans la capitale du Reich, membre du comité exécutif du parti social-démocrate, S. a compté pendant la Première Guerre mondiale parmi les porte-parole des sociaux-démocrates modérés et a été nommé en octobre 1918 au cabinet du prince Max de Bade comme secrétaire d’État sans portefeuille. En février 1919, Ebert le nomme chancelier et l’installe à la tête du premier cabinet parlementaire de la République de Weimar. Cependant, quatre mois plus tard, il démissionne après avoir violemment attaqué le traité de Versailles au cours d’une réunion de l’Assemblée nationale et l’avoir qualifié d’inacceptable. Après sa démission, il occupe de 1920 à 1925 les fonctions de bourgmestre de Kassel et de membre du Reichstag où il se distingue par sa lutte contre l’influence de l’extrême droite (c’est lui qui a prononcé les mots « l’ennemi est à droite », repris plus tard par Wirth) ainsi que par ses attaques contre la direction de l’armée du Reich ; en 1920, de nouveau contre la volonté d’Ebert et d’une partie de son groupe, il provoque la chute de Noske. Après la prise du pouvoir par Hitler, il émigre à l’étranger.

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