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SANDEAU Léonard Sylvain Julien, dit Jules

SANDEAU Léonard Sylvain Julien, dit Jules. Écrivain français. Né à Aubusson (Creuse) le 19 février 1811, mort à Paris le 24 avril 1883. Sa famille le destinant au barreau, il vint étudier le droit à Paris et fît vers 1830 la connaissance des Dudevant au Coudray et les revit souvent. On dansait, parlait littérature et faisait de la lecture à haute voix. Aurore avait fait sur lui une profonde impression et elle-même n’avait pas été insensible à son adoration. C’est chez lui qu’elle se réfugia lorsqu’elle vint à Paris en 1831. Ils se mirent a écrire pour gagner leur vie et Henri de Latouche favorisa leurs débuts en insérant leurs articles dans Le Figaro. Il leur conseilla ensuite d’écrire des romans. C’est ainsi que sous le pseudonyme de Jules Sand, ils publièrent Rose et Blanche en 1831. Ils s’étaient juré une passion éternelle et menaient une joyeuse vie de bohème, Aurore vêtue en garçon faisait scandale dans les cafés. Ils se séparèrent pourtant au bout de deux ans, en 1833. George Sand devait écrire l’oraison funèbre de cet amour dans ses Lettres d’un voyageur (1834), tandis que Sandeau fuyait en Italie pour essayer de se consoler d’une rupture qui le marqua toute sa vie. Très modeste, il mena dès lors une existence mélancolique et effacée que la mort de son fils unique, en 1870, assombrit encore davantage. Il commença par collaborer à divers recueils collectifs : Le Salmigondis, Le Livre des conteurs, le Dictionnaire de la conversation, et publia en 1834 son premier roman, Madame de Sommerville. Son art tout de charme et de simplicité s’efforce de décrire la vie au sein des paysages familiers de la Marche et du Berry. Son style est malheureusement très apprêté et rempli de fleurs de rhétorique qui le font dater. Ce défaut, qui fut sans doute un charme pour ses contemporains, confère à ses livres un ton désuet qui devient rapidement insupportable. Parmi ses nombreux romans nous citerons : Marianne (1839), où il fait le portrait de George Sand, Milia (1843), Valcreuse (1846), Mademoiselle de la Seiglière (1848, 2 vol.), La Chasse au roman (1849), Le Jour sans lendemain (1853), La Roche aux mouettes (1872). C’est avec Mademoiselle de la Seiglière qu’il connut son plus grand succès, un succès qui dura plus d’un demi-siècle, mais le livre nous paraît aujourd’hui celle de toutes les œuvres romantiques qui a le plus vieilli. Dans Sacs et parchemins (1851), il a réussi par contre une peinture de son époque qui, si l’intrigue et les personnages ne présentent plus guère d’intérêt, nous attache par l’aspect social qu’il y a dépeint sans doute involontairement. Il donna au Théâtre-Français, en 1851, une adaptation de Mademoiselle de la Seiglière. Le reste de son œuvre théâtrale fut composé en collaboration avec Augier : La Pierre de touche (1853), Ceinture dorée, et surtout Le Gendre de Monsieur Poirier , représenté au Gymnase en 1854. Sandeau entra à l’Académie française en 1858.

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