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SAMORY TOURÉ

Chef soudanais. Guerrier mandingue, il s'imposa en 1870 comme roi de Bissandougou, en Guinée, où il fonda un État islamique fortement centralisé, pourvu d'une administration efficace et d'une armée de métier ravitaillée en armes modernes par les commerçants maures du Sénégal et par des trafiquants anglais. Repoussé à partir de 1886 par les Français vers la Côte-d'Ivoire, il fixa sa nouvelle capitale à Dabakala et détruisit l'importante cité commerciale de Kong (1895). Battu par le capitaine Gouraud près de Nzo, le 29 sept. 1898, il fut déporté au Gabon, où il tenta de se suicider mais guéri de ses blessures, il mourut cependant peu après. Sa chute fit passer tout le Soudan occidental sous l'autorité française.

Samory Touré (Sanankoro v. 1837 -N’Djolé, Gabon, 1900) ; souverain africain de la région du Niger.

Vers 1870, S. - un Malinké (peuple d’Afrique de l’Ouest, issu du groupe des Mandingues) - qui avait jusque-là servi un petit prince comme soldat, entreprend de fonder dans la zone des sources du Niger son propre État qui, quelques années après, s’étend sur un territoire considérable. Le pouvoir de S. s’appuie sur l’islam et sur une armée très bien organisée, dont les troupes d’élite sont fournies en armes par le biais de la Sierra Leone (colonie britannique). L'almany S. instaure une administration provinciale et un système fiscal, il garantit la paix intérieure et une justice cruelle, mais efficace sur son territoire. Au cours de son expansion continue, il ne se heurte pas seulement aux autres souverains africains, mais également aux Français en 1881 sur le cours supérieur du Niger. En 1887, S. accepte le protectorat français ; l’officier qui conclut l’accord à Bissandougou, la résidence de S., qualifie l'almany de « Bonaparte du Soudan ». Dans les années suivantes, S. s’étend vers l’est jusqu’à l’arrière-pays de la Côte de l’Or (Ghana) et en 1892, se trouve ainsi de nouveau en conflit avec la France qui souhaite raccorder le Niger à la Côte d’ivoire. Après des combats plusieurs fois interrompus par des négociations, un détachement français capture S. dans son camp en septembre 1877. Il tente de se suicider à Saint-Louis du Sénégal (un acte de désespoir inhabituel chez un musulman). Déporté au Congo français, il y meurt au bout de trois ans. Sekou Touré, président de Guinée à partir de 1958, est, par sa mère, l’un des petits-fils de S.

 


SAMORY TOURÉ (Manyambaladougou, Guinée, v. 1830-N'Djolé, Gabon, 1900). Chef soudanais d'origine mandingue (Mali). L'empire qu'il se constitua à partir de 1860 dans les régions du Haut Niger fut progressivement conquis par les Français. Il abandonna la région après une dernière offensive française (1891), et conquit une partie de la Côte-d'Ivoire et du Ghana. Capturé par le général Gouraud, il fut exilé au Gabon.

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