SALISBURY, Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil, 3e marquis de
Homme politique anglais. Député conservateur aux Communes en 1853, il passa à la Chambre des lords en 1868, après avoir hérité du titre de marquis. Il prit la tête de l'opposition à Gladstone (v.). Chef du gouvernement conservateur (1885/86, 1886/92 et 1895/1900), il n'apporta de solution ni à la crise irlandaise ni à la crise sociale, mais, sur le plan extérieur, imposa le « splendide isolement » de la Grande-Bretagne impérialiste : annexion de la Birmanie (1886), acquisition de la Rhodésie et du Nyassaland (1891), de l'Ouganda (1894). L'incident de Fachoda (v.) (1898), qui faillit provoquer une guerre avec la France, fut un succès pour Salisbury, qui fit reculer la diplomatie française. La guerre des Boers (v.) en Afrique du Sud (1899/1902), commencée par son gouvernement, valut à l'Angleterre l'annexion du Transvaal et de l'Orange.
Salisbury, Robert-Arthur Talbot Gascoyne-Cecil, marquis de (Hatfield 1830- id. 1903) ; homme politique britannique.
Personnalité influente de l’Europe politique au cours des douze premières années qui suivirent le renvoi de Bismarck, S. est prédestiné depuis sa jeunesse, par tradition familiale - il vient de la famille des Cecil, très étroitement liée depuis l’époque de la reine Élisabeth à la vie politique anglaise -, par ses compétences ainsi que par ses intérêts politiques, aux plus hautes fonctions publiques. Après avoir reçu une éducation conforme à ses origines aristocratiques à Eton et au Christ Church College d’Oxford et après un voyage à travers le monde de deux ans, il est élu à vint-trois ans député conservateur à la Chambre basse, à laquelle il appartiendra jusqu’à son entrée à la Chambre haute à la suite de la mort de son père (1868). Révélé par ses discours parlementaires bien informés et ses contributions régulières à la revue conservatrice Quaterly Review, S. occupe en 1866, en tant que ministre des Indes dans le cabinet Derby, sa première position gouvernementale dont il démissionne cependant au bout de sept mois par opposition au projet de réforme de 1867 qui, selon lui, va trop loin dans la démocratisation. Élu en 1870 à la succession de Derby dans l’importante position honorifique de chancelier de l’université d’Oxford, puis nommé dans le cabinet conservateur formé en 1874 par Disraeli, ministre des Indes (1874-1878), plénipotentiaire britannique à la conférence de Constantinople (1876-1877) et enfin ministre des Affaires Étrangères (1878-1880) et second délégué britannique au congrès de Berlin (1878), S. exerce dans ce cabinet désuni une influence sans doute décisive sur la politique britannique dans la crise d’Orient (1875-1878). Sa politique, défendue avec fermeté et une grande habileté diplomatique, a, sans recours à la guerre, consolidé encore une fois la position en Europe de la Turquie pourtant considérablement réduite, empêché la mise en oeuvre du projet russe de former une grande Bulgarie dépendant de l’Empire tsariste, arrêté l’avancée de la Russie en Asie Mineure et acquis avec l’île de Chypre une base en Méditerranée orientale précieuse pour la Grande-Bretagne. Après la mort de Disraeli (1881), S. partage d’abord la direction du parti conservateur avec Sir Stafford North-cote, chef du groupe conservateur à la Chambre basse, pour finalement l’exercer seul après sa nomination comme Premier ministre du gouvernement de transition conservateur (1885-1886). Profitant des dissensions internes des libéraux, il prépare la fusion des conservateurs et des unionistes libéraux et après 1886 pose les bases de la période de domination des conservateurs qui durera vingt ans et ne connaîtra qu’une brève interruption (de 1892 à 1895). Comme Premier ministre et ministre des Affaires étrangères (1886-1892), S., qui n’intervient guère dans les affaires de politique intérieure, consolide la souveraineté anglaise en Égypte et développe considérablement l’empire britannique, surtout en Afrique de l’Est et du Sud. La politique du splendide isolement (splendid isolation), basée sur l’hégémonie de la flotte anglaise, qui, si elle ne recule pas devant des accords limités portant sur des questions particulières et concrètes, se refuse à des alliances solides, est mise à rude épreuve dans le troisième gouvernement Salisbury (1895-1902) du fait des contraintes provoquées par la progression commune de la Russie et de la France en Méditerranée, en mer Noire et surtout en Chine, aux frictions avec la France au Soudan, aux tensions avec l’Allemagne (Afrique du Sud, Samoa) et avec les États-Unis (Venezuela) et à la condamnation unanime par l’opinion publique européenne du comportement de l’Angleterre dans la guerre des Boers. Tandis que ses principaux partenaires au cabinet et dans l’opinion publique se détournent lentement de cette politique, S., séparé de la France et de la Russie par des divergences d’intérêt insurmontables sur les questions de politique internationale et profondément méfiant à l’égard de la politique allemande, reste attaché aux principes de la politique de la main libre ; objectant que le fardeau que représenterait pour l’Angleterre la garantie des possessions allemandes sur le continent européen pèserait plus lourd qu’un éventuel avantage offert par le soutien allemand sur les questions de politique internationale, il rompt de fait en mai 1901 les pourparlers engagés trois ans auparavant dans le but de conclure une alliance germano-anglaise. Il se retire de la vie politique après 1902.
SALISBURY, Robert Arthur Talbot GASCOYNE-CECIL, 3e marquis de (Hartfield, Hertfordshire, 1830-1903). Homme politique Britannique. Successeur de Disraeli à la tête du Parti conservateur, plusieurs fois ministre des Affaires étrangères et Premier ministre, il mena à l'extérieur une politique expansionniste. Issu de la grande famille aristocratique des Cecil, député conservateur aux Communes en 1853, puis lord à la mort de son père (1868), il fut le principal adversaire du libéral Gladstone. Ministre des Affaires étrangères (1885-1892, 1895-1902) et Premier ministre de 1885 à 1902 (avec une courte interruption en 1892-1895), Salisbury combattit le nationalisme irlandais et poursuivit à l'extérieur la politique coloniale de Disraeli, notamment en Egypte où il se heurta avec la France (incident de Fachoda) et en Afrique australe (guerre des Boers). Champion du « splendide isolement » qui caractérisa l'ère victorienne, Salisbury sut néanmoins opérer des rapprochements en Europe, particulièrement avec la Triple-Alliance en 1887 et en Asie avec la conclusion en 1902 du traité anglo-japonais. Voir Russo-japonaise (Guerre), Victoria Ière.
Liens utiles
- BUGEAUD, Thomas Robert, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly (15 octobre 1784-10 juin 1849)
- Robert de la Motte-Ango, marquis de Flers1872-1927Après la mort de G.
- Fiche de lecture, Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai.
- Arthur Rimbaud : Les Cahiers de Douai
- Zhu Xiao-Mei, (2007), La Rivière et son secret, éditions Robert Laffont