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SAINT-CYRAN Jean Duvergier de Hauranne, abbé de

SAINT-CYRAN Jean Duvergier de Hauranne, abbé de. Théologien français. Né à Bayonne (Basses-Pyrénées), dans une famille noble, en 1581, mort le 11 octobre 1643 à Paris. Il va faire ses études à Louvain, puis à Paris, où, en 1608, il rencontre Jansénius. Après plusieurs séjours en province, à Bayonne comme chanoine de la cathédrale, à Poitiers comme théologien de l’évêque qui le récompense d’un éloge en lui attribuant l’abbaye de Saint-Cyran, il s’établit en 1622 à Paris et se lie avec les principales personnalités du monde religieux, Condren, Bérulle, Bourdoise, Vincent de Paul. Sa piété, ses dons de directeur font bientôt de lui « le point de mire des âmes ». Il a d’ailleurs des allures de prophète, d’inspiré, comme le prouve cette atmosphère de complot mystique dont il entoure ses relations avec Jansénius : les deux hommes, dans leurs échanges intellectuels sur saint Augustin, vont même jusqu’à employer une écriture chiffrée. D’autres attaques, ouvertes celles-là, contre les jésuites (Somme des fautes et faussetés contenues dans la somme théologique du Père Garasse, 1626) finissent par faire dénoncer Saint-Cyran à Richelieu. Enfermé à la Bastille en 1638, il n’en sort qu’en 1642, quelques mois avant de mourir d’une attaque d’apoplexie. Saint-Cyran avait eu le temps de jouer un rôle décisif dans le jansénisme français : c’est lui qui avait fait connaître à Arnauld la doctrine du théologien de Louvain et, entré en 1643 comme directeur à Port-Royal de Paris, il en fit le centre de la réforme dont il rêvait, réforme essentiellement réactionnaire dans l’ordre religieux et dominée par le souci de préserver l’Église de toute contamination de la vie moderne. Il mène une guerre vigoureuse à la société chrétienne de son temps, mais, tandis que Jansénius travaille dans l’ordre doctrinal, c’est surtout l’ordre pratique qui constitue le principal champ d’activité de Saint-Cyran. Directeur rigide — v. ses Lettres chrétiennes et spirituelles — il favorise cependant, par une certaine recherche de la grâce sensible, un primat de l’expérience personnelle qui pourrait conduire — et c’est ce qui s est passé en fait à Port-Royal par la suite — à placer l’« élu » hors du contrôle de l’Église, dans un état voisin de l’illuminisme.

Saint-Cyran, Jean-Ambroise Duvergier de Hauranne, abbé de (Bayonne 1581-Paris 1643) ; théologien français.

S. est une des personnalités les plus marquantes de la Contre-Réforme catholique en France dans la première moitié du XVIIe siècle. Il appartient à une vieille famille bourgeoise de Bayonne qui a accédé aux offices dès le XVIe siècle. Malgré la légende, entretenue plus tard par les jésuites, il n’y eut aucun huguenot dans cette famille. Lui-même reçoit la tonsure en 1591, fait ses études chez les jésuites, d’abord à Agen puis à Paris. En 1600, les jésuites étant provisoirement chassés de France, il va poursuivre ses études de théologie à Louvain, pour revenir à Paris en 1604. C’est en 1609 à Paris qu’il fait la connaissance de Jansénius, étudiant en théologie de Louvain. Ils travaillent ensemble, notamment au camp de Prats, près de Bayonne, mais leur formation et leur tempérament sont très différents. S. a peu de goût pour la théologie ; il est par contre attiré par les grands débats que soulèvent en France les problèmes de vie spirituelle et de discipline ecclésiastique. Il intervient aux côtés de l’épiscopat contre les prétentions des ordres réguliers, surtout les jésuites, à l’indépendance. En 1632, sous la signature de Petrus Aurelius, il publie Vindiciae censurae facultatis et une Assertio epistolae episcoporum, qui est une défense de la hiérarchie ; surtout il s’engage dans une piété de plus en plus exigeante. Sous l’influence de Bérulle et du père de Condren, il s’efforce de rendre à Dieu la place centrale que lui conteste l’humanisme dévot. Ce théocentrisme le met en conflit avec les jésuites qui défendent une morale plus souple. Après la mort de Bérulle, il continue à publier des écrits contre eux. Retiré dans le cloître de Notre-Dame, il devient un directeur de conscience. Par Arnauld d’Andilly il entre en contact avec le couvent de Port-Royal que dirige la mère Angélique Arnauld. Il encourage Antoine Le Maître à se retirer du monde sans pour autant cesser d’être laïc (24 août 1637). Inquiet de l’ampleur que prend le mouvement de la Contre-Réforme, Richelieu demande à Zamet d’accuser S. Accusations maladroites et inutilisables ; néanmoins S. est arrêté le 14 mai 1638. Il restera six mois dans le grand donjon de Vincennes. Pendant ce temps, on disperse les solitaires de Port-Royal-des-Champs. Cela n’empêche par l’influence de S. de croître, à en juger par le nombre de disciples réclamant sa direction. Au printemps de 1640, S. tombe malade ; il y a alors plusieurs interventions pour sa libération, mais vaines. Il lui faudra attendre le 6 février 1643, date à laquelle Molé obtient sa grâce. S. justifie alors sa Théologie familière. Il meurt le 11 octobre 1643. Son neveu, Martin de Barcos, est pourvu de l’abbaye de Saint-Cyran.

Bibliographie : J. Orcibal, Saint-Cyran et le jansénisme, 1961, Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran et son temps (1581-1638), 1947-1948, 2 vol.




SAINT-CYRAN, Jean Duvergier de Hauranne, abbé de (Bayonne, 1581-Paris, 1643). Théologien français. Ami et disciple de Jansénius, il introduisit le jansénisme en France. Abbé de Saint-Cyran (1620), il devint le directeur de conscience des religieuses de Port-Royal. Chef du parti dévot, il s'attira l'hostilité de Richelieu qui le fit enfermer à Vincennes (1638-1642). Voir Arnauld (Antoine).

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