SAHARA OCCIDENTAL
SAHARA OCCIDENTAL
Désert d’une superficie de 266 000 km2, le Sahara occidental abrite d’importants gisements de phosphates et de minerai de fer, sa côte étant l’une des plus poissonneuses du monde. Colonie espagnole à partir de 1884 à 1976 (Sahara espagnol), ce territoire va être l’enjeu d’une lutte d’influence maghrébine qui, après l’abandon de ses prétentions par la Mauritanie en juillet 1978, oppose le Maroc au Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro (Polisario), le mouvement armé sahraoui qui dépend de l’Algérie. Sommée par l’ONU (Organisation des Nations unies), dès décembre 1965, de décoloniser le territoire, l’Espagne n’a pas organisé l’« acte d’autodétermination » qui devait décider du futur statut de sa possession.
En mai 1973, dix étudiants sahraouis créent le Front Polisario. En 1974, les autorités espagnoles recensent 74 900 habitants. En octobre 1975, la Cour internationale de justice établit que « certains liens juridiques d’allégeance » avaient existé entre le Sahara occidental, d’une part, et le Maroc et la Mauritanie, d’autre part, sans toutefois fonder sur eux une revendication de souveraineté territoriale. Du 6 au 9 novembre 1975, suivant un mot d’ordre de Hassan II, lors de la « marche verte », environ 350 000 Marocains envahissent pacifiquement le territoire espagnol, « Sahara marocain » selon eux. En réaction, le Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD). En janvier 1976, des affrontements entre l’armée marocaine et l’armée algérienne ont lieu à Amgalla. Le mois suivant, sans permettre à la communauté internationale d’y organiser une consultation, l’Espagne se retire de sa colonie. Celle-ci, d’abord partagée entre le Maroc et la Mauritanie, sera ensuite conquise en grande partie par le Maroc et sécurisée par la construction de 2 500 km de « murs » de défense. Le Front Polisario contrôlera la zone restante, disposant de camps de réfugiés dans le sud de l’Algérie, autour de la ville de Tindouf et bénéficiant du soutien financier de la Libye. Un plan de paix ayant été proposé par l’ONU en 1988, la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) est chargée, à compter de 1991, de le mettre en œuvre. Cependant, malgré un cessez-le-feu respecté, la Minurso se heurte au refus des parties au conflit d’identifier, d’un commun accord, le corps électoral appelé à voter pour l’indépendance ou le rattachement du territoire au royaume chérifien.