SAHARA
Région désertique, la plus vaste du monde, qui s'étend de l'Atlantique à la mer Rouge. Avant de devenir un désert, le Sahara a connu plusieurs périodes humides. C'était une région relativement peuplée au paléolithique inférieur ; on a retrouvé des vestiges de la « pebble culture » et de l'acheuléen dans la région de la Saoura, des outillages acheuléens au N.-O. du Hoggar, dans le Tassili des Ajjer et en Cyrénaïque. L'homme d'Asselar, découvert en 1927 dans la vallée asséchée du Tilemsi (Mali), était néolithique ; il présente des caractères qui le rapprochent des Bantous et Hottentots actuels. La dernière phase humide du Sahara aurait commencé vers 8000 environ avant le début de notre ère. L'assèchement, commencé au début du VIe millénaire, fut très lent jusque vers 2500 av. J.-C. Il y a encore sept mille ans, le Sahara possédait une végétation de savane, et une abondante faune de type tropical vivait à quelque 600 km au N. de Tombouctou : rhinocéros, éléphants, hippopotames, girafes, crocodiles, tortues, poissons. Le Sahara néolithique a laissé un nombre considérable de vestiges industriels, pointes de flèches, haches polies, grands couteaux de silex, harpons, et surtout des milliers de gravures et de peintures rupestres. Cet art pariétal est encore de datation difficile, mais ses premières manifestations ne semblent pas antérieures au VIe millénaire. On distingue trois grands types de « civilisations » sahariennes : a) la « civilisation » des Chasseurs ou des Bubales, ainsi nommée parce que ses artistes ont représenté une espèce animale aujourd'hui disparue, le grand buffle antique ou bubale (Bubalus antiquus), à côté d'autres animaux sauvages, et de personnages humains très schématisés, à tête ronde, armés de bâtons, d'arcs et de lances. Les principales traces de cette civilisation se trouvent dans le Sud-Oranais, dans la région de l'oued Djaret et au N.-O. du Tassili des Ajjer, dans le Tibesti ; b) la « civilisation » des Pasteurs de bovidés ; ceux-ci seraient venus de l'Est vers 4000 av. J.-C., avec des troupeaux de moutons et de bufs à grandes cornes pour s'installer du Tibesti au Hoggar ; la polychromie a fait alors son apparition ; aux scènes de chasse se sont ajoutées des peintures d'animaux domestiques et de curieux béliers figurés avec un disque entre les cornes. c) l'époque des Libyens et des Berbères, qui ont introduit le cheval au Sahara vers 2000 av. J.-C. ; au cours du Ier millénaire avant notre ère se sont multipliées les représentations de chevaux tirant des chars de guerre. Le dromadaire ne devait être connu au Sahara qu'au temps des Romains. L'assèchement saharien, qui s'aggrava brutalement dans la seconde moitié du IIIe millénaire, finit par provoquer une coupure entre le Maghreb et l'Afrique noire. Cependant, à l'époque phénicienne, les Garamantes du Fezzan maintenaient par leurs caravanes des contacts fructueux entre l'Afrique noire et les ports libyens. En 21 av. J.-C., le gouverneur romain de la Tunisie, Cornelius Balbus, s'empara de Djerma, la capitale des Garamantes (lesquels étaient probablement les ancêtres des Touaregs). Vers le IXe s. apr. J.-C., les Berbères se convertirent à l'islam, et, dès lors, les relations commerciales entre le Soudan et les pays musulmans de la Méditerranée devinrent très actives. À travers le Sahara, le trafic caravanier amenait l'or, l'ivoire et les esclaves noirs de l'Afrique intérieure. 0002000002C500000D50 2BF,C'est au début du XIXe s. que les premiers Européens explorèrent le Sahara. Après la conquête de l'Algérie, l'exploration du Sahara fut essentiellement l'uvre des Français. Les oasis de Laghouat et de Ghardaia furent occupées en 1852, Touggourt et Ouargla en 1854. La soumission des Touaregs fut entreprise au début du XXe s. Dans les années 1950, la prospection pétrolière fut menée très activement au Sahara, et la production de pétrole commença en 1956 au Sahara algérien (Hassi-Messaoud, Edjelé, Zarzaïtine), en 1961 en Libye. Dans les années 1970, le colonel Kadhafi a conçu le projet de réunir l'ensemble des régions sahariennes sous son autorité, se heurtant ainsi à la plupart des pays voisins.