SAADIA Ben Yousef Fayyümi, dit le Gaon
SAADIA Ben Yousef Fayyümi, dit le Gaon. Ecrivain juif, écrivant principalement en arabe. Né à Fayoum (Moyenne-Egypte) au printemps de l’an 882 de notre ère, mort à Surah (Babylone) en 942. En 915 il s’établit en Palestine d’où il passa ensuite en Syrie et, finalement, à Babylone. Riche de toute la culture du temps, aussi bien hébraïque qu’arabe, il composa, à peine âgé de vingt ans, un lexique de la langue sainte et un traité de grammaire, de stylistique et de poésie. A trente-six ans, il fut élevé à la dignité de « gaon », c’est-à-dire de chef des écoles ou académies hébraïques de Babylone, dans lesquelles on poursuivait l’étude et l’interprétation des Saintes Ecritures et des traditions rabbiniques, et où l’on présidait au gouvernement religieux et social des Juifs de la Diaspora. Sa renommée est due principalement a sa traduction en arabe de la Bible, qu’il voulut rendre populaire en la présentant dans la langue dont se servait alors les Israélites des territoires sous domination arabe, et en l’agrémentant d’une sorte de commentaire, ainsi qu’à son traité apologétique et théologique intitulé Séfer Emunoth ve-deoth, achevé vers 934. Saadia passa les dernières années de sa vie à Bagdad, où il avait été contraint de se retirer à la suite d un conflit aigu avec l’exilarque alors en charge. Après sa mort, la renommée et l’autorité religieuse de l’école de Surah devaient décliner. Le commentaire du Livre de la Création — Kabbale — publié sous son nom, et un vulgaire apocryphe composé par un disciple d’Eléazar de Worms.