SA DE MIRANDA Francisco de
SA DE MIRANDA Francisco de. Ecrivain portugais. Né probablement à Coïmbre le 27 août 1495 (?), mort dans sa propriété de Tapada vers le 15 mars 1558. 11 était de famille noble; après de premières études à Coïmbre, il fut envoyé pour y apprendre le droit à l’université de Lisbonne. Son talent poétique lui valut son entrée à la cour de D. Manuel Ier où il devint l’ami du prince Joâo, et il se mit à écrire, dans la tradition portugaise, des « vilancetes » et des « cantigas » qui sont réunis à ceux des autres poètes de son temps dans le Cancioneiro de Resende (1516). En 1521, il entreprit un long voyage en Italie. De retour dans sa patrie en 1626 ou 27, il s’établit à Coïmbre, où il devint un familier de Joâo III monté entre-temps sur le trône, et où il fit représenter la comédie classique intitulée Les Etrangers, composée sur le modèle italien. Avant les Espagnols Boscan et Garcilaso, il importa aussi d’Italie de nouveaux mètres. Ses premiers essais dans la « medida nova » et les plus réussis sont certainement ceux écrits en espagnol (Fabula do Mondego, l’églogue Alezo, etc.). Parallèlement au poète il y avait en Sa de Miranda un humaniste fidèle à la tradition religieuse et à l’ordre politique de son pays. Mais, en 1534, la corruption de la cour le contraignit à se retirer dans son domaine du Minho appelé Commenda das Duas Igrejas, puis dans la Quinta de Tapada. Il n’en cessa pas pour autant de s’intéresser au bien général, dénonçant les abus et la corruption des mœurs et prévoyant la ruine de sa patrie. Sa droiture morale et sa profonde connaissance des problèmes nationaux se manifestent surtout dans les sept Epîtres horaciennes [Cartes], assez lues aujourd’hui encore malgré leur style dur, concis, riche en ellipses et en aphorismes. Dans l’églogue Basto, se tournant vers la Mère Nature, il célèbre le culte de la liberté intérieure, tandis que son meilleur sonnet, Os sol he grande, déplore la fugacité de la vie terrestre. En 1536, il épousa la sœur de son grand ami Briolanja de Azevedo et il en eut deux fils, dont l’aîné périt en 1553 lors du siège de Cueta. En 1555 sa femme mourut et il la suivit de peu dans la tombe. Sa de Miranda est un représentant accompli de la culture portugaise du XVIe siècle dans la mesure où, malgré son esprit d’homme de la Renaissance, il ne se départit pas de l’inspiration traditionnelle qui fut la sienne dès sa jeunesse. Outre les œuvres déjà citées, il faut mentionner la comédie Les Vilhalpando [1538 ?], le poème A Sainte Marie l'Egyptienne [A Egipciaca Santa Maria, publié en 1913] composé sur le thème traditionnel des Vies de sainte Marie l'égyptienne, et enfin une tragédie aujourd’hui perdue, Cléopâtre [Cleopatra].