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ROUSSEAU Jean-Baptiste

ROUSSEAU Jean-Baptiste. Poète français. Né à Paris, le 6 avril 1670, mort à Bruxelles, le 17 mars 1741. J.-B. Rousseau était fils d’un cordonnier qui lui fit donner une excellente éducation littéraire. Très jeune, il s’acquit une certaine réputation comme poète et reçut des conseils de Boileau. Le maréchal de Tallard le prit comme secrétaire et l’emmena à Londres à sa suite. A son retour en France, Rousseau alla vivre chez un autre de ses protecteurs, le directeur des finances, Rouille du Coudray. En 1705, il fut reçu à l’Académie des Inscriptions. Il avait donné quelques comédies, Le Café, Le Flatteur, Le Capricieux, qui eurent peu de succès, et en avait tiré quelque amertume. Ce fut bien pire lorsqu’il se présenta à l’Académie française comme successeur de Thomas Corneille contre Lamotte-Houdart. Celui-ci, ainsi que les gens de lettres habitués du café Laurent qui étaient ses partisans, rappelèrent les insuccès et la naissance du candidat rival qui avait la faiblesse de rougir de son origine. Peu de temps après, des couplets satiriques attaquaient Lamotte et ses amis, bien entendu ils n’étaient pas signés, mais tout le monde les attribua a Rousseau. De nouveaux poèmes circulèrent, ils étaient cette fois fort licencieux et remplis de calomnies infâmes. Un capitaine aux gardes qui faisait partie de la coterie de Lamotte souffleta Rousseau en public. Un procès s’ensuivit, Rousseau fut acquitté faute de preuves, mais l’opinion publique n’en avait pas besoin, elle accabla de son mépris le malheureux poète. Il est vrai que l’attitude de celui-ci, même s’il n’était pas l’auteur des pièces incriminées — ce qui n’a jamais pu être prouvé —, fut d’une extraordinaire lâcheté, il rejeta la paternité de ces calomnies sur Saurin, membre de l’Académie des Sciences et l’un des habitués du café Laurent. On alla cette fois devant le Parlement de Paris, Rousseau fut condamné comme auteur des pamphlets et comme calomniateur de Saurin au bannissement à perpétuité. L’inculpé n’avait pas attendu le prononcé de la sentence pour se réfugier en Suisse, à Soleure, où il trouva un défenseur dans la personne de l’ambassadeur de France, le comte du Luc, qui s’institua son protecteur. Rousseau lui dédia une de ses pièces les plus fameuses, son Ode à la fortune. S’attachant à du Luc, le poète proscrit l’accompagna lorsqu’il fut nommé ambassadeur à Vienne et y fut bien reçu du prince Eugène. En 1716, le baron de Breteuil obtint qu’on proposât à Rousseau des lettres de rappel. Celui-ci déclina toute proposition, ce n était pas une grâce qu’il voulait mais une complète réhabilitation; il n’avait pas cessé, en effet, de proclamer son innocence. Par la suite, Rousseau s’établit à Bruxelles, c’est là qu’il rencontra Voltaire; l’entrevue entre les deux hommes fut orageuse et ils se quittèrent brouillés à mort. Rousseau cependant ne perdait pas tout espoir de rentrer en France; en 1738, il fit le voyage secret à Paris, l’autorité avertie le laissa faire; cette fois Rousseau venait demander les lettres de rappel qu’il avait précédemment méprisées, on les lui refusa. Il revint à Bruxelles où il mourut trois ans après, accablé de chagrins, de regrets et d’infirmités. Il est certain que dans son siècle, Rousseau demeure sans égal pour l’ode : l'Ode à la fortune, l'Ode à Adonis, l'Ode à Bacchus — Odes et poésies diverses de J.-B. Rousseau — contiennent de fort beaux passages; il a créé un nouveau genre lyrique, la cantate, qui lui valut un immense succès et l’on pourrait même dire une immense popularité — la plus parfaite dans ce genre est la Cantate de Circé. Ses Èpigrammes, souvent fort cyniques, sont loin de manquer de pointe : dans ses Epîtres et ses Allégories, très inférieures à tout le reste, on trouve encore quelques beaux vers. Cependant toute l’œuvre de Rousseau est étroitement liée à son temps, comme les plafonds mythologiques et la décoration des appartements et en tant que telle pouvait difficilement survivre. Il manquait surtout à Jean-Baptiste Rousseau d’avoir un style ferme; sa langue est abstraite, conventionnelle et amorphe.
♦ C’est un homme que je méprise infiniment comme homme et que je n’ai jamais beaucoup estimé comme poète. Il n’a rien de grand ni de tendre; il n’a qu’un talent de détail...» Voltaire. ♦ Un poète sans enthousiasme, sans élévation, sans sublime; un homme qui fait des odes par article... et qui, n’ayant point de talents que celui de fondre avec quelque force dans ses poésies des images empruntées de divers auteurs, découvre partout son peu d’invention. » Vauvenargues. ♦ Ce poète pensait peu et chez lui la partie du sentiment est nulle. » D’Alembert.

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