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Rose-Croix

Rose-Croix, nom donné à une confrérie d’illuminés qui existent en Allemagne au XVIIe s. Ce vocable couvre plusieurs sortes de sociétés plus ou moins secrètes, plus ou moins sectaires, à tendances religieuses ou philosophiques, se disant héritières d’une antique sagesse, formant une fraternité secrète et enseignant un ésotérisme par initiation. Leurs enseignements sont une combinaison d’hermétisme égyptien, de gnosticisme, d’ésotérisme chrétien, de kabbale, de pratiques occultes et d’alchimie, dont les aspects modernes sont seulement symboliques. S’il n’y a pas de recherche de transmutation de métaux, il y a celle des vérités profondes mettant en harmonie le microcosme et le macrocosme et la quête de la «connaissance», ou «omniscience». Mais qu’est-ce que le vrai rosicnicianisme? Il est impossible de trouver des documents sûrs avant le XVIIe s. Le seul est Fama fraternitatis, publié en 1614 en Allemagne (mais circulant sans doute déjà en manuscrit). Sept éditons en trois ans racontent les voyages du prétendu fondateur du mouvement, Christian Rosenkreutz, en Syrie, en Égypte, en Arabie, à Fès, où il recueillit des secrets de sagesse, puis son retour en Allemagne, où il organisa son ordre des «Frères illuminés de la Rose-Croix» avec trois sages choisis par lui, puis huit, qui se dispersèrent. La fraternité devait rester secrète pendant cent ans. Cent vingt ans plus tard, le corps du fondateur fut retrouvé dans une sépulture secrète, dans un parfait état de conservation, à côté de certains documents importants. Le caveau fut fermé. Les membres de l’ordre se dispersèrent. D’après la Confession des frères de la Rose-Croix, qui parut à la même époque, Christian Rosenkreutz serait né en 1378, aurait vécu cent six ans, et sa tombe aurait été cachée cent vingt ans. Très généralement, on admet que ce personnage a eu une existence mythique de caractère seulement symbolique, tandis qu’on pense que le fondateur réel de l’ordre n’est autre que Paracelse. Suivant certains, le rosicrucianisme serait bien antérieur et remonterait à Akhenaton en passant par les grands sages du judaïsme, du néo-platonisme et du gnosticisme. Il serait l’héritier d’une longue tradition ésotérique, transmise diversement et secrètement par une filiation initiatique. L’ordre se répandit en Europe occidentale; il fut introduit en Angleterre par Robert Fludd (1574-1637), théosophe émanationiste, ayant étudié les œuvres de Paracelse. Il est difficile de prouver l’existence de l’ordre dans les différents pays. Les rosicruciens croient que l’ordre peut être en sommeil pendant une certaine période : un rythme cyclique de cent huit ans d’activité suivi de cent huit ans de silence est admis par certains. De nouveaux chefs reprennent alors le flambeau. C’est ainsi qu’on trouve au XIXe s. : l’«ordre kab-balistique de la Rose-Croix» de Stanislas de Gaïta, le «lec-torium Rosicrucianum» de Haarlem, etc. Mais, en 1915, un nouveau cycle apparut en Amérique avec l’ordre initiatique A.M.O.R.C. (Ancient Mystical Order Rosae Crucis) [réorganisé par Spencer Lewis] qui a son siège en Californie et s’est répandu aussi en Europe. La «Fratemitas Rosae Crucis» est elle aussi née aux États-Unis. De nombreuses explications ont été données sur le symbole de la Rose-Croix. L’ésotérisme rosicrucien a exercé une grande influence sur la franc-maçonnerie, où, dans le rite écossais, le dix-huitième degré est nommé «Rose-Croix». Au XVIIIe s., le comte de Saint-Germain, Cagliostro, Martinez de Pasqualis, Claude de Saint-Martin se disaient de grands initiés des Rose-Croix.

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