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RIF (guerre du)

C'est par la défaite sanglante d’une armée espagnole forte de 20 000 hommes, à Anoual, du 21 au 26 juillet 1921, que le chef rifain Abdelkrim el-Khettabi (1882-1963) engage dans les montagnes du Rif la guerre de libération qui porte le nom de « guerre du Rif » (1921-1926). Son succès dans la zone nord, espagnole, du protectorat marocain fut rapide et presque total, seules quelques villes portuaires échappant à son emprise. Abdelkrim met alors sur pied une « république confédérée des tribus du Rif », où l’organisation tribale s’accompagne d’un souci de modernisation. L’islam demeure la référence et la question de la monarchie marocaine n’est pas posée. Le mouvement s’impose à l’opinion internationale, non seulement en Espagne où les revers militaires subis portent au pouvoir Miguel Primo de Rivera (1923), mais en France où il provoque le premier grand débat colonial. Le Parti communiste français (PCF) apporte son soutien à la cause rifaine (1923-1925). En Orient, Abdelkrim fait figure de héros. En 1924, une offensive contre la zone française du protectorat est déclenchée. En quelques semaines, balayant tout sur leur passage, les Rifains menacent Taza et Fès, dont l’évacuation est envisagée. Le maréchal Lyautey hésite, ce qui lui vaudra d’être écarté du Maroc (1925). Le maréchal Pétain prend le commandement d’une armée forte de 160 000 hommes, avec armement lourd et soutien aérien. Il met au point, avec M. Primo de Rivera, une campagne conjointe (1925-1926) qui prendra quelque 20 000 Rifains en tenailles. L’effondrement est rapide et Abdelkrim est poussé à la reddition en mai 1926. Il sera envoyé en détention dans l’île de la Réunion où il demeurera jusqu’en 1947. Au cours d’un transfert en France, il débarque clandestinement en Égypte où il meurt en 1963. Abdelkrim, qui refusa de rentrer dans son pays tant qu’un soldat étranger demeurerait au Maghreb, est resté un haut symbole du nationalisme populaire.

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