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REYNAUD Paul

REYNAUD Paul. Homme politique français. Né à Barcelonnette (Alpes-de-Hte-Prov.) le 15 octobre 1878, mort à Neuilly-sur-Seine le 21 septembre 1966. Avocat, député de Paris en 1919, il siégea au centre droit, fut pour la première fois ministre des Finances en 1930 et acquit une réputation d’expert en ce domaine. Partisan d’une résistance énergique aux ambitions allemandes, il défendit les idées du colonel de Gaulle sur l’emploi moderne de l’armée blindée. Président du Conseil le 21 mars 1940, il dut démissionner devant la défaite, le 16 juin, après avoir vainement fait appel à l’aide américaine. Déporté par les Allemands en 1942, de nouveau député en 1946, il fut battu aux élections de 1962 après avoir pris vivement position contre les projets constitutionnels du général de Gaulle. Ses volumes de mémoires, La France a sauvé l’Europe (1947), Venu de ma montagne (1961), Envers et contre tous (1963), bien qu’écrits dans un souci un peu trop évident d’apologie personnelle, apportent un témoignage capital sur les origines de la dernière guerre mondiale.

Reynaud, Paul (Barcelonnette 1878-Paris 1966) ; homme politique français.

Après de solides études et de longs voyages (Mexique, Japon, Chine, Russie), R. commence sa carrière comme avocat à Paris. Elu député pour la première fois en 1919 dans son département natal, les Basses-Alpes, R., que l’on peut qualifier de « conservateur éclairé », se distingue dans les années suivantes par une attitude indépendante et parfois même anticonformiste. Ainsi, il soutient certes l’occupation de la Ruhr décidée par Poincaré, mais réclame en même temps une entente économique avec l’Allemagne. La défaite du « Bloc national » en 1924 lui coûte son siège. Il ne retrouve pas de mandat, car il est l’un des adversaires acharnés du Cartel des gauches, surtout de Herriot. Il organise en 1926 avec de Kérillis une campagne anticommuniste, qui vise indirectement les socialistes. En 1928, il est à nouveau élu député de Paris et, de 1930 à 1932, il est successivement ministre des Finances, des Colonies et de la Justice dans les cabinets conservateurs dirigés respectivement par Tardieu et Laval. Durant ces années, il lutte - sans succès, étant relativement isolé dans l’opinion publique - pour une dévaluation du franc et à partir de 1935 pour le ren- forcement de l’armée blindée réclamé par de Gaulle. Au fond, son attitude ferme face à Hitler en fait le successeur désigné de Daladier, en mars 1940, comme président du Conseil. Après la débâcle militaire de la France, il prend le parti (comme de Gaulle) de la poursuite de la guerre, mais il est mis en minorité au sein de son gouvernement par ceux qui se prononcent pour la conclusion d’un armistice ; il doit démissionner le 16 juin 1940 en faveur de Pétain. Le régime de Vichy l’emprisonne et le déporte en Allemagne. Il est à nouveau après la guerre l’un des chefs de la droite traditionnelle sous la IVe République. Il soutient de bonne heure une révision de la Constitution, consistant dans le renforcement et la stabilisation de l’exécutif. Il favorise le retour de De Gaulle au pouvoir et participe activement, en tant que président du Comité constitutionnel consultatif, à l’élaboration de la Constitution de la Ve République (1958). Mais en 1962, il prend la tête des adversaires au projet du général de Gaulle de faire élire le président de la République au suffrage universel.

Bibliographie : P. Reynaud, Mémoires. Envers et contre tous, 1963 ; G. Rossi-Landi, La Drôle de guerre, la vie politique en France, 2 septembre 1939-10 mai 1940, 1971; R. Bourdin, R. Rémond éd., La France et les Français 1938-1939, 1978 ; E. Demery, Paul Reynaud, mon père, 1980.




REYNAUD, Paul (Barcelonnette, 1878-Neuilly, 1966). Homme politique français. Financier réputé, président du Conseil en mars 1940, il s'opposa sans succès à l'armistice signé avec l'Allemagne et dut démissionner. Avocat, député en 1919 comme candidat du Bloc national, battu en 1924 puis réélu en 1928, Reynaud fut successivement ministre des Finances de Tardieu en 1930, puis ministre des Colonies sous Laval en 1931-1932. En 1934, il préconisa vainement la dévaluation du franc à une époque où l'on pensait juguler la crise par la déflation et il défendit à partir de 1935 les idées du colonel de Gaulle sur la nécessité de développer l'emploi des chars d'assaut. Républicain de droite, il se montra l'adversaire du Front populaire mais manifesta son hostilité à l'accord de Munich. Entré dans le cabinet Daladier (avril 1938) comme garde des Sceaux puis ministre des Finances, il imposa par des décrets-lois une « politique de sacrifices » au pays afin de faire face à l'augmentation des dépenses militaires (dévaluation, réduction des dépenses de l'État, augmentation des impôts). Appelé à la présidence du Conseil (mars 1940), Reynaud resserra l'alliance franco-anglaise et fut, avec Churchill, le principal artisan de l'expédition de Norvège (Narvik) destinée à couper la route du fer suédois vers la Ruhr. Le 18 mai, après l'effondrement du front français, il prit en charge la Défense nationale, nomma Pétain vice-président et remplaça Gamelin par Weygand à la tête de l'armée française. Hostile à l'armistice, songeant à l'Afrique du Nord pour poursuivre la guerre mais mis en minorité par son entourage, il dut démissionner (16 juin 1940) laissant la place au maréchal Pétain. Arrêté en septembre 1940, il comparut au tribunal de Riom chargé de juger les « responsables de la défaite » puis fut déporté en Allemagne (1942-1945). Il fut, après la guerre, député du Nord (1946-1962) et présida la commission des affaires économiques au Conseil de l'Europe. Favorable au retour de De Gaulle en 1958, il siégea au Comité consultatif constitutionnel (août 1958) puis s'opposa à la politique gaullienne de désengagement à l'égard de l'Europe et de l'Europe atlantique. Personnage controversé, il justifia ses engagements dans différents ouvrages {Mémoires, 1960-1963). Voir Blum (Léon), Rethondes (Armistice de, 22 juin 1940).

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