RÉVOLUTION MEXICAINE
La Révolution mexicaine (1910-1920) est marquée par dix années de guerre civile qui laissent le pays dans un état d’épuisement absolu. En 1910, après trente-cinq ans de pouvoir personnel, Porfirio Díaz (1830-1915) se heurte à une opposition virulente dans un pays où l’injustice sociale est de plus en plus criante. Francisco Madero (1873-1913), libéral issu de la bourgeoisie, s’oppose à la réélection du dictateur et lance un appel à la rébellion. La révolution commence alors. Au nord, F. Madero joint ses forces à celles de Pancho Villa, tandis que dans les États du Sud, les paysans emmenés par Emiliano Zapata se soulèvent. P. Díaz démissionne en 1911. Si la résistance du pouvoir a été faible, les désaccords entre les chefs révolutionnaires ne font que débuter. L’idéologie révolutionnaire est partagée entre les réformateurs libéraux et les chefs de guerre plus radicaux tels que E. Zapata qui souhaite une profonde réforme agraire. À la mort de F. Madero, assassiné en 1913, le général Victoriano Huerta (1845-1916), contre-révolutionnaire, s’empare du pouvoir. Son action politique se révèle complètement inefficace, tandis que la terreur règne dans les campagnes et que des milliers de civils et de militaires sont exécutés. Les chefs rebelles réunis par Venustiano Carranza (1859-1920) en 1914 font bloc contre lui et l’obligent à s’exiler. V. Carranza prend la tête du gouvernement et forme avec Alvaro Obregón (1880-1928) la Coalition des constitutionnalistes, reconnue par les États-Unis en 1915, mais E. Zapata et P. Villa poursuivent la guerre civile. En 1915, P. Villa est battu à Celaya face aux troupes d’A. Obregón. E. Zapata meurt assassiné en 1919. En 1917, la Constitution, qui aborde la question des réformes sociales, est proclamée. A. Obregón succède en 1920 à V. Carranza à la tête d’un pays épuisé. À la fin des années 1920, la révolution connaît un sanglant prolongement avec la révolte des Cristeros, paysans catholiques hostiles aux mesures anticléricales du gouvernement. La révolution a en partie atteint ses buts puisque les réformes sociales en faveur des paysans et des travailleurs seront poursuivies, mais les pertes humaines ont été très lourdes : près d’un million de Mexicains y ont trouvé la mort, soit un habitant sur quinze.