Databac

RÉVOLUTION CULTURELLE

RÉVOLUTION CULTURELLE Après le Grand Bond en avant, Deng Xiaoping et Liu Shaoqi (1898-1969) remettent lentement le pays sur pied en laissant se développer diverses expériences qui anticipent la réforme qui sera menée après 1978 ; en cela, ils sont en totale rupture avec le maoïsme (rôle de l’exploitation familiale et des activités secondaires dans les villages, préférence aux experts sur les idéologues…). Mais Mao Zedong s’entête sur sa voie. C’est la Grande Révolution culturelle prolétarienne (1966-1976). De 1966 à 1969, Mao mobilise le peuple chinois, surtout les jeunes étudiants et lycéens, contre les cadres du Parti rendus coupables de l’échec antérieur (notamment celui du Grand Bond en avant), engagés qu’ils seraient dans la « restauration de la voie capitaliste ». Il apparaît ainsi comme le libérateur, invitant à la rébellion des millions de jeunes qui ne peuvent plus supporter la vie grise, le conformisme étouffant, la pénurie, la tyrannie des petits chefs. Les gardes rouges déferlent dans les villes et brisent les pouvoirs locaux sous la discrète surveillance de l’armée. Nouveaux drames, guerres civiles locales, le Parti communiste chinois est durablement ébranlé… et une dictature militaire menace. Le chaos s’accroît quand des millions de gardes rouges brisés sont envoyés en « rééducation » dans de lointaines campagnes. L’isolement international de la Chine est alors quasi total, à l’Albanie et à la Roumanie près. Le Parti, malgré deux congrès (le IXe en 1969 et le Xe en 1973) séparés par l’élimination brutale de Lin Biao en septembre 1971, ne se rebâtit pas vraiment. L’aile dogmatique regroupée autour de l’épouse de Mao, Jiang Qing, que l’on appellera la « bande des quatre », croit tenir le pouvoir. Mais les pragmatiques, regroupés autour de Zhou Enlai et de Deng Xiaoping lancent la contre-attaque dès le début des années 1970. Leur force est la lente et irrésistible pression de tout un peuple qui veut développer la production, améliorer ses conditions de vie. Ils s’appuient aussi sur la lassitude née des massacres - un million de morts ? -, de l’insécurité généralisée, de la violence sans cesse renouvelée. La production stagne et la famine menace à nouveau. Derrière le chaos, cependant, la Chine opère enfin sa « révolution verte », et l’ouverture au monde, après la normalisation des rapports avec les États-Unis et le Japon, à partir de 1972, révèle aux cadres et aux intellectuels l’énorme retard du pays, qu’il faut combler. À la mort de Zhou Enlai, en janvier 1976, c’est le pâle Hua Guofeng qui devient président du Parti (jusqu’en 1980). Mao meurt en septembre de la même année, et Hua arrête dès octobre la « bande des quatre » ; il croit s’être assuré de l’avenir et pouvoir poursuivre un maoïsme bien tempéré. Il modifie même son aspect pour ressembler peu à peu au « grand timonier », dont il édite le cinquième tome des Œuvres et érige le mausolée. C’était ne pas comprendre le sens des manifestations du 5 mars 1976, dans les villes et notamment à Pékin, qui avaient vu des millions de Chinois proclamer leur attachement à Zhou Enlai, et, par là même, à un socialisme différent de celui de Mao que Hua voulait prolonger.


RÉVOLUTION CULTURELLE PROLÉTARIENNE (1966-1976). Nom donné à la lutte idéologique déclenchée par Mao Zedong à partir de 1966 contre la « bourgeoisie bureaucratique », c'est-à-dire les cadres du parti, représentés par Liu Shaoqi, accusé de « révisionnisme ». En difficulté au sein du parti depuis l'échec du Grand Bond en avant, Mao décida d'engager la lutte en s'appuyant sur l'armée et son chef, Lin Biao, et la jeunesse. Dénonçant les « révisionnistes contre-révolutionnaires » infiltrés dans la culture, le parti, le gouvernement et l'armée, Mao déclencha une véritable insurrection de la jeunesse organisée en associations de Gardes rouges et se réclamant de la pensée maoïste (le Petit Livre rouge). Face à ce mouvement, devenu dévastateur, qui s'attaquait violemment aux cadres et aux autorités, Mao encouragea la formation de comités révolutionnaires constitués sur la base de la « Triple Alliance » entre les masses, l'armée et les cadres du parti qui lui étaient restés fidèles. Cependant, dans un pays bientôt plongé dans une grave guerre civile, l'armée apparut bientôt comme l'arbitre de la situation. En redonnant à celle-ci les moyens de rétablir l'ordre, Mao signa l'arrêt de mort de la Révolution culturelle. Cette révolution, dont le retentissement international fut considérable, marqua durablement la Chine et prit véritablement fin avec la mort de Mao, et l'arrestation de la bande des quatre en 1976. Son bilan fut lourd : des millions de victimes, l'incarcération ou l'élimination d'artistes et d'intellectuels et la destruction d'oeuvres d'art. Voir Deng Xiaoping.

Liens utiles