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RÉPUBLIQUE (Ve)

Le 28 mai 1958, en pleine crise algérienne, le président René Coty, s’adressant au général de Gaulle, lui demanda de former un nouveau gouvernement. Le régime sous lequel la France entra cinq mois plus tard n’a pas changé à ce jour. Voici quelques dates importantes jusqu’à l’élection de Jacques Chirac: □ apparition du nouveau parti gaulliste, l’Union pour la nouvelle République (UNR, novembre 1958); □ déclaration de l’autodétermination de l’Algérie (16 sept. 1959) ; □ barricades d’Alger (janvier 1960); □ explosion de la première bombe atomique française (fév. 1960) ; □ putsch des généraux 21-26 avril 1961 et Organisation de l’armée secrète (OAS) ; □ accords d’Évian (18 mars 1962); □ de Gaulle s’oppose à l’entrée de la Grande-Bretagne dans l’Europe des Six (janvier 1963) ; □ rapprochement avec l’Allemagne (22 janvier 1963); □ réélection de De Gaulle (décembre 1965); □ la France se retire définitivement de l’OTAN (1966) ; □ crise de mai 1968 ; □ élection de Georges Pompidou à la présidence de la République (1969); □ élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République (1974); □ élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 et en 1988 ; □ élection de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995.   régime mixte La Ve République instaure un régime semi-présidentiel, ou semi-parlementaire. Le président de la République dispose de véritables pouvoirs, contrairement à ce qui se passait sous la IVe République : il est détenteur de l'exécutif. Il n'est pas responsable devant l'Assemblée, qui ne peut donc pas le renverser. Les institutions pouvoir exécutif Pouvoir chargé d'exécuter les lois. Il est détenu par le président de la République et le Premier ministre. Le Président est le garant des institutions et se charge davantage de la politique extérieure, que l'on considère comme son «domaine réservé». Le gouvernement conduit la politique de la nation (art. 20). pouvoir législatif Son rôle est de voter les lois et le budget. Il est détenu par l'Assemblée nationale (représentant les électeurs) et le Sénat (représentant les territoires). L'Assemblée nationale est prépondérante par rapport au Sénat. Elle peut renverser le gouvernement en votant une motion de censure. article 16 Article de la Constitution qui permet au président de la République de disposer des pleins pouvoirs en cas de crise. Dans ce cas, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont réunis. Cet article fut utilisé par de Gaulle lors du putsch des généraux en avril 1961. réforme constitutionnelle de 1962 Réforme constitutionnelle instituée par référendum et votée à une large majorité (60 %), le 28 octobre 1962. Elle met en place l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Voulue par de Gaulle et les gaullistes, rejetée par tous les autres partis qui forment le «cartel des non», elle vise à renforcer la légitimité du Président, qui se place au-dessus des partis politiques. Des oppositions à la prédominance du président de la République « cartel des non » Coalition des partis politiques opposés à l'élection au suffrage universel du président de la République, proposée le 28 octobre 1962 aux Français par référendum. Le « oui » l'emporte cependant avec plus de 60 % des suffrages. Ve RÉPUBLIQUE (Constitution de la) • 28 septembre 1958 Présentée par De Gaulle le 4 septembre 1958, place de la République, alors que le Conseil des ministres l’a adoptée la veille, la nouvelle Constitution est soumise à l’approbation des Français le 28 septembre suivant par référendum. Tout en laissant subsister le régime parlementaire, cette Constitution renforce considérablement les pouvoirs du président de la République (désignation du Premier ministre, dissolution de l’Assemblée nationale, appel au pays par référendum, pleins pouvoirs de l’article 16, etc.). Adoptée à une majorité écrasante - 82,6 % de « oui », 17,4 % de « non » avec seulement 20 % d’abstention-, elle entrera en vigueur le 4 octobre 1958 et constitue un triomphe pour le général de Gaulle, qui va devenir le 21 décembre suivant le premier président de la Ve République.



RÉPUBLIQUE (CINQUIÈME). Régime sous lequel vit la France depuis octobre 1958, date de la promulgation de la nouvelle Constitution. Appelé au pouvoir par René Coty après l'émeute de mai 1958 à Alger, de Gaulle mit en place la Cinquième République dont la Constitution renforça les pouvoirs de l'exécutif. Elu président, disposant d'une solide majorité (UNR puis UDR), il gouverna successivement avec Michel Debré (1959-1962), Georges Pompidou (1962-1968) et Maurice Couve de Mur-ville (1963-1969). Après avoir réglé, non sans d'âpres déchirements, le problème algérien et fait accéder à l'indépendance l'ensemble des colonies d'Afrique, de Gaulle s'attacha à rendre à la France son indépendance diplomatique et militaire en se dégageant de la tutelle américaine (en 1966, retrait des troupes françaises de l'OTAN et constitution d'une force atomique dite « de dissuasion ») et en instaurant une politique de coopération avec les pays du tiers monde. En Europe, sans remettre en question les traités de Rome, il combattit l'idée d'une autorité supranationale, lui préférant une « Europe des États ». Après avoir affronté la crise de mai 1968, de Gaulle se retira après l'échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat (avril 1969). Son successeur Georges Pompidou et ses gouvernements (Jacques Chaban-Del-mas, 1969-1972 ; Pierre Messmer, 1972-1974) pratiquèrent la «continuité dans l'ouverture », s'attachant en particulier à l'expansion industrielle et commerciale. La mort prématurée de Georges Pompidou amena l'élection à la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, candidat du centre et des modérés. Plus ouvertement européen que ses prédécesseurs, il entreprit des réformes importantes (abaissement de l'âge électoral à 18 ans, dépénalisation de l'avortement, généralisation de la Sécurité sociale). Cependant, la récession économique (chocs pétroliers de 1973 et 1979) et l'opposition grandissante de la gauche, unie dans un programme commun depuis 1972, provoquèrent son échec à l'élection présidentielle de 1981. L'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, premier président socialiste élu au suffrage universel, marqua un important tournant dans l'histoire de la Cinquième République. Après l'« état de grâce », sous le gouvernement de Pierre Mauroy auquel participèrent des ministres communistes (abolition de la peine de mort, nationalisations, régionalisation), l'expérience socialiste fut rapidement confrontée aux réalités économiques. Premier ministre (1984-1986), Laurent Fabius s'orienta vers une politique de rigueur et d'austérité. La victoire de la droite aux élections législatives et régionales (mars 1986) ouvrit la période dite de cohabitation (président à gauche et Premier ministre à droite), Jacques Chirac mettant en place une politique d'inspiration libérale (privatisation de banques, de grands groupes industriels et de certains des médias). En 1988, François Mitterrand fut réélu président de la République ; Michel Rocard (1988-1991) puis Édith Cresson (1991-1992) et Pierre Bérégovoy (1992-1993) furent successivement Premier ministre. Après la victoire écrasante de l'opposition (RPR et UDF) aux élections législatives de mars 1993, une deuxième période de cohabitation s'est mise en place avec Édouard Balladur pour Premier ministre. En mai 1995, Jacques Chirac a été élu président de la République et a choisi pour Premier ministre Alain Juppé. Voir Constitution de 1958, Algérie (Guerre d').

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