RÉPUBLIQUE (IIIe)
Régime sous lequel vécut la France après la capitulation de Sedan et la chute du second Empire (1870) jusqu’à la proclamation de l’État français par le maréchal Pétain (11 juillet 1940). Éléments dominants :
□ insurrection de la Commune de Paris (18-28 mai 1871) ;
□ adoption de l’amendement Wallon, principe fondamental de la République (30 janvier 1875);
□ colonisation de l’Afrique équatoriale (commencée en 1872), de l’Afrique occidentale (entreprise en 1879), du Tonkin (1885) et de Madagascar (1896) ;
□ scandale de Panama et affaire Dreyfus (1894-1899);
□ création du syndicalisme (CGT, 1895) ;
□ Entente cordiale (1904) ;
□ séparation de l’Église et de l’État (1905);
□ montée des nationalismes et formation des groupements d’extrême-droite (Action française, 1908);
□ Première Guerre mondiale (1914-1918);
□ traité de Versailles (1919);
□ création de la SDN (1920);
□ Cartel des gauches (1924);
□ grande crise financière (krach de Wall Street, 1929);
□ nouvelle flambée de l’extrême-droite (Action française, Croix de feu, Jeunesses patriotes, 1934) ;
□ rupture avec l’Italie (invasion de l’Éthiopie par Mussolini, 1935);
□ Front populaire, semaine des 40 heures, congés payés (1936) ;
□ réarmement de la Rhénanie (1936);
□ Anschlufi (15 mars 1938) ;
□ accords de Munich (30 septembre 1938);
□ pacte germano-soviétique (23 août 1939);
□ déclaration de la Seconde Guerre mondiale (3 septembre 1939) ;
□ signature de l’armistice entre la France et l’Allemagne (22 juin 1940).
IIIe RÉPUBLIQUE (proclamation de la)
• 4 septembre 1870
Deux jours après la capitulation de Napoléon III à Sedan et sa reddition à l’ennemi, une émeute force l’impératrice Eugénie à fuir Paris et à s’exiler en Angleterre. Le 4 septembre, en effet, Gambetta annonce à la tribune de l’Assemblée : «Nous déclarons que Louis-Napoléon et sa dynastie ont à jamais fini de régner sur la France. » Peu après, devant l’Hôtel de Ville, un Gouvernement de défense nationale est formé où figurent les députés de Paris : Arago, Gambetta, Rochefort, Crémieux, etc. Décision est prise de mettre à sa tête 1 ’ ineffable général Trochu, présentement gouverneur militaire de Paris, que l’on court chercher dans sa caserne. La République est proclamée. Troisième du genre, elle durera jusqu’au 10 juillet 1940.
RÉPUBLIQUE (TROISIÈME). Succédant au Second Empire, la Troisième République fut le régime sous lequel vécut la France de septembre 1870 à juillet 1940. Instauré dans un contexte troublé (guerre franco-allemande de 1870-1871, répression violente de la Commune en 1871), le régime républicain, contesté par une Assemblée nationale en majorité monarchiste, finit par s'imposer de droit (Constitution de 1875) dans une France restée profondément divisée politiquement (bonapartistes, monarchistes, républicains modérés ou radicaux). Après Thiers qui s'était attaché au redressement de la France et le légitimiste Mac-Mahon qui lui succéda à la présidence de la République, une République laïque, démocratique et parlementaire fut définitivement instaurée avec l'arrivée au pouvoir des républicains en 1879 (Jules Grévy, Léon Gambetta, Jules Ferry). L'enseignement fut profondément réformé (lois Ferry de 1882 instituant l'enseignement primaire obligatoire, laïque et gratuit), les libertés publiques furent établies (liberté de la presse, liberté de réunion) tandis que s'imposa à l'extérieur l'expansion coloniale (Extrême-Orient, Afrique du Nord et Afrique noire). Menacée à partir de 1885 par une série de crises et de scandales (boulangisme 1886-1889 ; Panama 1888-1893 ; attentats anarchistes, 1894), la République se trouva davantage encore divisée par la crise politique et idéologique de l'affaire Dreyfus (1894-1906) qui souda la droite (nationaliste et catholique) mais aussi la gauche progressivement unifiée (Bloc des gauches, autour des radicaux). Au pouvoir entre 1899 et 1904, cette dernière imposa une politique résolument anticléricale (séparation des Églises et de l'État, 1905). À partir de 1906, les difficultés économiques qui entretenaient une grave agitation sociale passèrent bientôt au second plan face à l'aggravation des tensions internationales (crises marocaines, guerres balkaniques) qui conduisirent à la guerre. De cette Première Guerre mondiale (1914-1918), la France sortit victorieuse mais très affaiblie. Divisée politiquement (Bloc national, Cartel des gauches, fondation du PCF en 1920), confrontée à de graves problèmes financiers (inflation, dette publique) malgré la stabilisation du franc en 1928 (Poincaré), la Troisième République, touchée par les répercussions de la crise américaine de 1929, dut affronter une sévère crise économique aggravée par l'instabilité ministérielle et les scandales (Stavisky). Face aux menaces que faisait peser l'extrême droite sur le régime parlementaire (émeute du 6 février 1934), se constitua en 1936 un gouvernement de Front populaire (Léon Blum) qui engagea d'importantes réformes sociales. Les gouvernements radicaux qui suivirent (Édouard Daladier) furent essentiellement préoccupés par la montée de l'hitlérisme en Allemagne et les tensions internationales. Après la « drôle de guerre » et la défaite de l'armée française, la Troisième République se saborda en confiant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (10 juillet 1940). Voir Combes (Émile), Grévy (Jules), Mai (Crise du 16, 1877), Munich (Accords de).
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