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religion

religion (du lat. religare, lier et religio soin, culte), culte rendu à la divinité. La religion implique d’une part une recherche de la vérité sur l’origine du monde et sa finalité, sur l’origine de l’homme et ses rapports avec la divinité, d’autre part un ensemble de croyances, un besoin d’amour et d’émotion, un rapport harmonieux du microcosme au macrocosme, elle est l’expression du sacré et l’organisation institutionnelle de rites individuels et sociaux. On dit quelquefois religion naturelle, dans le sens d’une vague «religiosité», inhérente à la nature du cœur humain et impliquant une morale naturelle. Mais on parle plus souvent des religions qui sont aussi diverses que le sont dans le temps et dans l’espace les différents peuples de la terre, le plus souvent, elles se situent dans un cadre social historique et géographique et gardent ainsi leurs aspects particuliers même si elles tendent vers une unité dogmatique. L’histoire des religions essaie de dégager l’origine du comportement de l’homme devant la notion de sacré. Que sait-on des religions archaïques? Ce qu’on peut inférer de la connaissance des mythes et institutions des peuples primitifs actuels. La religion primitive, appuyée sur la magie, avec ses notions de mana, de tabou, de totem, a donné lieu à diverses théories et hypothèses. La sociologie a fait connaître ses rapports avec la vie des différents peuples (chasseurs, pasteurs ou agriculteurs) : cultes divers de fécondité, rites de chasse, culte solaire, zoolâtrie, etc. Les mythologues en forment un développement normal et prennent des aspects locaux. De grands organisateurs et théoriciens dogmatisent les croyances et deviennent des fondateurs de religion : tels Zoroastre, Mani, Mahomet. D’autres religions sont l’effet d’une lente évolution : tels l’hindouisme et le bouddhisme mahayana. Une place spéciale doit être faite aux religions bibliques dites «religions du Livre» qui ont pour base une révélation faite par Dieu lui-même. La science des religions, qui peut remonter à Hérodote, est une étude des divers comportements religieux, œuvres d’ethnologues, de sociologues, de philosophes, d’archéologues et de théologiens. Si beaucoup de savants sont partis d’idées préconçues, d’autres ont tenté d’être objectifs. Les travaux de Frazer, de Max Muller, de P. Schmidt, de Durkheim ont fait autorité au début du XXe s. : l’histoire des religions est devenue une science et, de ce fait, elle en a adopté les méthodes. Si les discussions religieuses ont fait couler beaucoup d’encre, les guerres de Religion ont fait couler beaucoup de sang. Les temps actuels semblent animés par un souci de paix et d’unité ; c’est pourquoi on observe des tendances à l’œcuménisme chez les chrétiens, et une recherche de syncrétisme ou de religion universelle chez certains philosophes et historiens. Il y a malgré tout des divisions dans les Églises et les sectes ne cessent de proliférer.

religion (une étymologie traditionnelle fait venir le terme du lat. religio, religare, lien, lier; la religion serait donc un lien entre les hommes), système de croyances (dogmes) et de pratiques (rites) relatives au sentiment de la divinité et unissant en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent. — Toute religion est fondée sur une « révélation », dont la condition historique peut être l'histoire exemplaire d'un peuple (judaïsme) ou celle d'un prophète dont l'enseignement et le modèle idéal de vie ont été conservés par une tradition d'abord orale (christianisme, bouddhisme). Si les religions diffèrent entre elles, c'est uniquement sur les moyens qu'elles conçoivent pour réaliser le salut. Par exemple, le bouddhisme préconise une ascèse qui vise à éteindre en nous tout désir individuel, à rompre avec le monde des « apparences » et, au terme de certaines pratiques (dont le yoga), à nous faire entrer dans le néant (nir-vâna), ou béatitude véritable. Le christianisme est, à certains égards, une religion qui est davantage tournée vers la vie et le monde; encore préconise-t-elle une certaine ascèse (dont les couvents et les monastères sont une vivante illustration) visant à nous couper du monde pour réaliser, dans la ferveur du sentiment, la présence de Dieu à nous-mêmes. Seule la religion juive s'identifie avec la morale, avec un ensemble de devoirs destinés à régir nos relations avec autrui : elle représente sans doute la seule religion qui ne demande pas à l'homme de « croire », mais de « faire », et dont les commandements ne sont pas des actes de foi, mais des principes d'action. — En fait, une religion est assujettie, sous peine de se détruire elle-même comme religion, à avoir un contenu spécifiquement religieux dont le fond est un sentiment irréductible à la morale et à notre conduite envers autrui : c'est le sentiment de la présence de Dieu, ou sentiment du « sacré ». Quelle que soit la religion, le sentiment du sacré représente une constante, dont les trois caractéristiques principales sont : la crainte devant la puissance infinie de Dieu, maître de vie et de mort; le mystère de son inconcevabilité ; enfin le pouvoir fascinant propre à tout objet ou symbole religieux. Le sentiment du sacré est le cœur de toute religion. Tel est le point de départ de la philosophie de la religion : l'expérience religieuse est une donnée universelle qui doit nous permettre de connaître, d'une manière universelle, les profondeurs du cœur humain. Cassirer (dans An Essay on man, p. 71) assigne à la philosophie la tâche « de révéler l'unité d'une fonction générale coordonnant toutes les créations de l'homme et présentant le mythe, la religion, l'art, etc., comme des variations sur un même thème ». Bref, derrière la diversité des religions se retrouverait l'unité de la nature humaine. L' « essence » de la religion serait partout la même à travers la diversité des rites. En fait, il convient d'abord de distinguer une théorie des « gestes » de l'homme (rites, pratiques et même sentiments de l'homme) et une théorie du contenu de la foi. Une réflexion sur les manifestations humaines de la religion ne constitue pas à proprement parler la philosophie religieuse. En un mot, ce ne sont pas les rites, les pratiques et les « expériences » mystiques qu'il nous faut méditer — car une telle réflexion ne serait jamais qu'une réflexion sur l'homme : une psychologie, une sociologie, voire un chapitre de l'ethnologie —, ce sont les textes et le contenu de la révélation. De ce point de vue, la doctrine de I' « unité » des religions ne peut être positivement prouvée que si le contenu des révélations se révèle pénétrable à la raison; si, comme le disait Malebranche de la religion chrétienne, la croyance est en elle-même source de lumière, objet fécond de réflexion philosophique. La maxime de Malebranche était de « croire pour comprendre » (crede ut intelligas) et il pensait qu'un moment arriverait où l'esprit humain aurait profondément assimilé le contenu de la foi et où l'intelligence vivrait et se substituerait à la foi. Selon cette théorie, toutes les données des religions véritables, c'est-à-dire rationnelles, pourraient se ramener à un savoir; et il n'y a rien de plus universel que le savoir. Bref, la connaissance philosophique dégagerait, dans sa forme claire, le message unique et universel de toutes les religions. Cette doctrine, indiquée par Malebranche, fut expressément celle de Hegel.

En vérité, le contenu de la foi est inséparable de l'attitude religieuse, et cette attitude est celle d'une relation vivante à Dieu (par l'intermédiaire du sentiment du « sacré », où Dieu est l'être qui nous voit et nous connaît totalement, ou, plus précisément, par l'intermédiaire de la « révélation », où Dieu s'adresse à nous et nous parle directement); et cette relation d'une personne à une autre par le verbe de la révélation est irréductible à l'attitude de la connaissance objective. La religion est une forme de vie, tandis que la philosophie est une manière de comprendre. En d'autres termes, la philosophie religieuse ne consiste pas à dégager une doctrine rationnelle unique à partir du contenu de la foi (comme si la religion pouvait se ramener à une doctrine autonome, dégagée de son soubassement vécu et de I' « attitude » spécifiquement religieuse); elle ne peut consister qu'à éclairer l'attitude religieuse sur elle-même, sans aucunement la supprimer comme attitude spécifique et comme forme de vie. Bref, la philosophie religieuse est une réflexion à partir de l'attitude religieuse, une réflexion sur la révélation; mais elle ne nous fait pas sortir de la révélation ou de l'expérience du sacré pour constituer une connaissance autonome; au contraire, elle les approfondit en elles-mêmes, et cet approfondissement a un caractère infini. — La philosophie religieuse est donc un aspect de la religion; elle peut mettre en œuvre l'esprit philosophique, mais elle se distingue de la philosophie elle-même (dont le but est de constituer une doctrine rationnelle autonome). Elle se réduit, concrètement, à une réflexion sur les textes, qui n'a elle-même un sens religieux (et non simplement théorique) que si elle est soutenue par la pratique effective des rites et des commandements religieux. On distinguera communément l'esprit religieux, qui est affaire intérieure et personnelle, et l'esprit clérical, ou vénération des représentants du culte, qui pose souvent un problème social et historique, en tout cas « temporel » et non uniquement « spirituel ». Une croyance religieuse ne justifie jamais I' « intolérance » sur le plan social et humain.

Voir Culte, Dogmatisme, Fanatisme, Révélation, Sacré, et aussi Athéisme, Christianisme, Déisme, Judaïsme, Islam.   RELIGION 1. Système de rites et de pratiques fondé sur la croyance en une réalité sacrée, c’est-à-dire séparée, différente du monde quotidien qualifié de profane. « Il peut y avoir religion sans dieu mais non sans la séparation de deux mondes », écrit un sociologue, M. Benrubi. Ces rites et pratiques unissent une communauté d’individus (église). 2. Sentiment personnel de croyance en la divinité de la religion). Synonyme de foi . 3. Par extension, tout respect scrupuleux de quelque chose (avoir la religion des diplômes). Se rencontre surtout dans l’adverbe religieusement (suivre religieusement les avis du médecin).



RELIGION

, n.f (du latin relegere, «recueillir» ou religare, «relier»). Ensemble des croyances et des pratiques, le plus souvent collectives, par lesquelles les hommes manifestent leur relation à une puissance surnaturelle, à une réalité supérieure et sacrée qui peut être un Dieu créateur ou un ensemble de divinités, selon les cas. • La notion de religion suppose davantage que la simple foi : elle répond chez l’être humain au besoin de croire ensemble, selon un rituel ou un culte ordonné qui, dans le même mouvement, relie les hommes à Dieu et les rassemble entre eux. • Le fait religieux est une réalité universelle. Les sciences humaines se sont attachées à l’expliquer par les multiples besoins de la subjectivité humaine : peur de la mort, désir d’éternité, volonté de se concilier les puissances invisibles, nostalgie d’un paradis perdu (celui de l’enfance ou de l’époque prénatale), nécessité de conserver sa vie durant un père idéalisé, ou plus globalement, besoin de certitudes — besoin que l’existence de chacun ou la marche du monde aient un sens supérieur. Ces explications peuvent avoir un caractère réducteur (cf. la formule de Voltaire «Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer»); c’est pourquoi le croyant, qui ne peut nier la présence en lui de ces besoins fondamentaux, ajoute volontiers que si le phénomène religieux est universel, c’est peut-être bien parce que l’homme a toujours senti la réalité objective de l’existence de Dieu et la manifestation de sa présence, tant au sein de l’histoire du monde qu’auprès de chaque être humain pris personnellement. • Le débat sur la religion est largement nourri d’arguments contradictoires. Les uns insistent sur la dimension spirituelle de la religion, fondement de l’éthique, instrument d’élévation de l’âme et de sublimation des pulsions, qui débouche sur la fraternité et sur la compassion, sans parler de son rôle de ciment culturel, à l’origine des œuvres littéraires, artistiques ou musicales les plus prodigieuses du génie humain. Les autres énumèrent toutes les déviations, tous les abus engendrés par l’intolérance, le fanatisme, le prosélytisme : les guerres (de religion), la négation de l’épanouissement humain (par des morales rigides), le refus des Lumières, etc. À chacun de trancher ce débat. Toute la question est de savoir s’il s’agit là de maux inhérents à la religion même (cela peut dépendre des religions) ou à la perversité des hommes toujours tentés de faire d’elle un instrument de pouvoir.

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