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RÉGIONALISME (Italie)

RÉGIONALISME (Italie) Après 1860, le souvenir des cités médiévales du Centre et du Nord ou la réalité des onze États de 1815 font place, en Italie, à un État centralisé garant d’une unité forcée que le Mezzogiorno (le Midi) a d’abord rejetée. Malgré le poids des identités locales et les aides spécifiques concédées aux méridionalistes, comme la loi de 1904 pour développer Naples, toute décentralisation est impensable. Le fascisme balaie le sardisme ou le subsidiarisme catholique d’après 1918 et renforce encore les préfets, jusque contre ses propres cadres locaux. Aussi, après 1943, certains antifascistes comme Altiero Spinelli sont fédéralistes et contre le jacobinisme du PSI (Parti socialiste italien) et du PCI (Parti communiste italien) ; la Démocratie chrétienne (DC) fait inscrire les régions dans la Constitution. Mais la Guerre froide inverse les positions, car le PCI dominerait la Toscane ou l’Émilie-Romagne, et seules sont créées celles dites à statut spécial : Sicile, Sardaigne, zones à minorités linguistiques (Val d’Aoste, Trentin et, en 1963, Vénétie-Julienne). Si en 1970, dans une vague réformatrice et pour que tous les problèmes ne remontent pas à Rome, toutes les régions sont mises en place, avec assemblées élues et pouvoir réglementaire, leur autonomie est limitée et le clientélisme sévit. Après 1989, l’effondrement de la DC permet l’essor de la Ligue Nord dans ses fiefs vénètes et lombards. Pour elle, « Rome la voleuse » et le Sud vivent aux crochets du Nord riche et laborieux et vont obérer l’intégration à l’Europe, nécessaire aux exportateurs. Entre réflexes antifiscaux, ultralibéralisme, mépris des Méridionaux et des « extra-communautaires », elle passe de 0,5 % des voix en 1987 à 8,7 % en 1992, 8,4 % en 1994, participe au gouvernement de Silvio Berlusconi (1936-) et s’y heurte aux « post-fascistes » d’Alliance nationale (AN) ancrés au Sud et tenants du welfare state, d’où en 1996 d’autres élections au terme desquelles elle obtient 10,1 % des voix. Si ses menaces de sécession sont folkloriques, sa pression aboutit en 2000 à renforcer les régions, présidées par des gouverneurs élus au suffrage direct. Ces derniers peuvent couvrir à 70 % leurs dépenses par des impôts propres, choisissant le mode d’élection de leurs assemblées : le centralisme est du passé.

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