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REAGAN Ronald (1911-2004)

Acteur de cinéma, puis président des États-Unis (1981-1989). Né dans l’Illinois au sein d’une famille irlandaise pauvre, Ronald Reagan fait des études réduites et s’affirme comme chroniqueur sportif à la radio. Remarqué par des agents de Hollywood, il est engagé par la compagnie Warner Bros en 1936. En quelques années et grâce à de nombreux rôles, il devient un des acteurs les mieux payés de sa génération sans atteindre le tout premier plan. Il obtient la présidence du Syndicat des acteurs et se fait remarquer par son conservatisme, en restant toutefois prudent par rapport au maccarthysme. Sa prestance et sa voix font merveille à la télévision où il anime une émission populaire de 1962 à 1965, qui en fait une vedette nationale. Remarqué par des hommes d’affaires californiens, il entreprend une carrière politique ancrée dans le conservatisme et choisit le Parti républicain. En 1966 et en 1970, il est élu gouverneur de Californie et ses options restent pragmatiques. Après deux échecs, il est élu à la présidence des États-Unis en 1980, battant le démocrate Jimmy Carter (1977-1981) englué dans la crise économique et dans la crise des otages américains de Téhéran. Au cours de ses deux mandats - il est facilement réélu en 1984 -, il excelle dans la représentation politique et connaît une immense popularité. Il incarne les valeurs traditionnelles, plus qu’il ne les vit, et s’attaque à l’influence de l’État fédéral - diminution des impôts - ; il trouve son alter ego au Royaume-Uni en Margaret Thatcher et on évoque souvent le reaganisme. L’homme n’est pas un intellectuel, mais un excellent communicateur. Sur le plan extérieur, il s’affirme comme un anticommuniste convaincu, reprenant le vocabulaire de la Guerre froide, et, quoique en restant prudent, ne refuse pas la confrontation symbolique avec l’URSS ; il reconnaît tardivement l’ampleur des changements initiés par Mikhaïl Gorbatchev dans ce pays. Son second mandat est obscurci par le scandale de l’Irangate qui prouve que, en dépit de ses principes, le président n’a pas hésité à négocier avec l’ennemi iranien pour armer la guérilla anticommuniste au Nicaragua (la « Contra »). George H. Bush (1989-1993) lui succède en 1989. Resté un des présidents américains les plus populaires et atteint par la maladie d’Alzheimer, il se retire totalement de la vie publique.

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