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RAZINE Stenka

Chef cosaque. Cosaque du Don, il commença à faire parler de lui en 1667, à une époque où l'afflux de nombreux paysans, qui avaient fui le joug des propriétaires fonciers en Pologne méridionale et dans les régions centrales de la Russie, provoquait une grave crise sociale dans les régions du Don. Se mettant à la tête d'un groupe de ces déracinés, il alla fonder de nouveaux établissements cosaques sur la Volga et se livra à une série de pillages contre les postes russes et les comptoirs persans de la Caspienne. Peu à peu, son mouvement fit boule de neige, entraînant des paysans, des déserteurs et des prisonniers libérés. En 1670, Stenka Razine s'empara de Tsaritsyne, d'Astrakhan, de Saratov, massacrant les propriétaires fonciers, les bourgeois et les fonctionnaires tsaristes. La révolte cosaque se transformait en un soulèvement paysan contre la rapacité des boyards. Cependant, l'armée du tsar, commandée par le prince Iouri Baryatinski, infligea aux bandes de Stenka Razine une défaite décisive devant Simbirsk (oct. 1670). Capturé peu après par l'aristocratie cosaque, Razine fut livré aux Russes et écartelé.

Razine, Stepan Timofeïevitch (?-Moscou 1671) ; chef cosaque

R., cosaque du Don, chef de la seconde grande insurrection de cosaques et de paysans du XVIIe siècle, est une de ces figures de rebelles comme la Russie en a toujours produit dans les périodes de crise et de tensions sociales. L’exode des paysans après la recrudescence du servage sous le tsar Alexis Ier, qui a pour conséquence la prolifération d’une population cosaque misérable dans les régions des steppes forme l’arrière-plan social de l’insurrection. R. commence sa carrière comme chef d’une bande de cosaques qui se livre à des actes de piraterie, tout d’abord sur les rives persanes de la Caspienne (1667-1669), puis sur le cours inférieur de la Volga. Quand sa troupe remonte la Volga (1670), d’importants groupes de paysans se joignent à ses cosaques, ainsi que des vieux-croyants et des dissidents religieux membres de sectes, tout autant que des peuplades soumises non russes. Il prend sans peine les villes de Tzaritzine, Astrakhan, Saratov, Samara et autres, de sorte qu’il tient en son pouvoir presque tout le sud de la Russie. L’insurrection, qui se signale par une sauvagerie et une cruauté inhabituelles, vise, comme celle de Bolotnikov, au renversement des rôles sociaux et est en partie l’expression des mêmes tensions sociales que celles qui étaient apparues au début du xviie siècle dans les désordres du Temps des Troubles, mais la nouveauté est la puissante motivation religieuse qui naît de la scission à l’intérieur de l’Église orthodoxe et du conflit entre l’État et l’Église sous le patriarche Nikon. R. produit lui aussi un faux prétendant au trône, Alexis, soi-disant fils du tsar. Le gouvernement est obligé de mobiliser la noblesse de service pour repousser R. vers le sud. Les premiers échecs de R. (Simbirsk, oct. 1670) conduisent à un mouvement de rébellion parmi les cosaques, qui donne à ses adversaires conservateurs la possibilité de le livrer au tsar. R. est écartelé à Moscou en 1671. Bibliographie : P. Pascal, Histoire de la Russie, 1946.

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