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RADICHTCHEV Alexandre Nikolajevitch

RADICHTCHEV Alexandre Nikolajevitch. Ecrivain russe. Né le 20 août 1749 dans le domaine familial de Verkhnee Obljazovo, à cent vingt verstes de Moscou, il s’y suicida le 12 septembre 1802. Le futur auteur du Voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou fit ses études à l’Ecole des pages de Saint-Pétersbourg d’où, sur l’ordre de Catherine II, il fut envoyé, en 1766, avec onze autres jeunes gens, à Leipzig pour y compléter sa culture. Il y subit surtout l’influence des philosophes français Helvétius, Raynal et Rousseau. Pendant son séjour à l’étranger, il se lia d’amitié avec F. V. Ouchakov, qu’il a appelé « le guide de sa jeunesse ». Revenu à Saint-Pétersbourg en novembre 1771, Radichtchev fut nommé employé au Sénat. L’année suivante, il fit la connaissance de N. I. Novikov, qui l’encouragea à poursuivre ses études; leur premier résultat fut la publication de sa traduction d’un ouvrage de l’abbé de Mably, Réflexions sur l’histoire grecque. Pendant quelques années, la carrière de Radichtchev parut s’être arrêtée là. Mais, en 1783, une ode qu’il avait dédiée A la Liberté attira l’attention de ses amis, leur révélant le progrès que ses idées « libéralisantes » avaient accompli au cours des années de silence. De cette ode naquit ce qui fut ensuite appelé l’école des poètes « radichtcheviens ». Une année importante pour Radichtchev fut 1789, quand il publia la Vie de F. V. Ouchakov et qu’il obtint de la censure la permission de faire paraître le Voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou, commencé en 1785 et fini en 1788 (il n’est pas exact que cette autorisation, comme on l’a cru, ait été refusée). Le livre fut imprimé en 1790 et immédiatement confisqué. En même temps, ordre était donné par l’impératrice d’en arrêter l’auteur, qui, le 24 juillet 1790, fut condamné à mort, peine commuée en celle de l’exil en Sibérie pour dix ans. Il faut noter que ce livre resta interdit en Russie jusqu’à la révolution de 1917. Radichtchev dut à l’avènement de Paul Ier sa libération de l’exil, mais non une pleine liberté de mouvements, car il fut contraint à demeurer dans son domaine. Il y composa plusieurs poésies. En 1801 lui fut accordé le droit de s’établir où il voulait, mais il était gravement malade par suite de souffrances supportées les années précédentes et, dans une crise de neurasthénie, il mit fin à ses jours.

♦ «Le premier disciple de la Révolution française en Russie. » Catherine II.

Radichtchev, Alexandre-Nicolaievitch (Moscou 1749-Saint-Pétersbourg 1802); écrivain et opposant russe.

Fils d’un propriétaire domanial moscovite, R. est le premier d’une longue série de jeunes nobles cultivés aux opinions révolutionnaires qu’on voit apparaître en Russie dès la fin du XVIIIe siècle. Pendant ses études de droit à Leipzig, il a assimilé, grâce à la lecture des encyclopédistes et des écrivains des Lumières, l’esprit libéral de l’Europe occidentale. Plus tard, devenu directeur de l’administration des douanes, il essaie de diffuser ces idées libérales en Russie. Prenant parti avec passion pour la liberté personnelle et politique, le droit naturel et la théorie du contrat, il édite en 1790 par ses propres soins un livre rédigé dans le style littéraire du sentimentalisme, son fameux Voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou, dans lequel il fustige impitoyablement l’autocratie, l’indignité du servage, l’inhumanité des seigneurs, la corruption de la bureaucratie, ainsi que de manière générale la dégradation morale de la classe des propriétaires domaniaux. À cet ouvrage, qui impute de façon plus ou moins déguisée la faute de l’insurrection de Pougatchev au système social en vigueur, l’impératrice « éclairée » Catherine II réagit par une condamnation à mort de l’auteur, peine qui est ensuite transformée en un exil de dix ans. Paul Ier autorise en 1796 le retour de R. sur ses terres. Malgré sa nomination par Alexandre Ier comme membre de la Commission législative (1801), il prend conscience de l’absence de perspective des réformes libérales et, de désespoir, met fin à ses jours. Bien que son livre n’ait eu le droit de paraître en Russie qu’après la révolution de 1905, R., martyr de la liberté, a exercé, par la circulation des copies manuscrites du Voyage, une grande influence aussi bien sur les décabristes comme Pestel que sur les démocrates révolutionnaires comme Belinski.

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