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QUINAULT Philippe

QUINAULT Philippe. Poète français. Né et mort à Paris (4 juin 1635-26 novembre 1688). Fils d’un maître boulanger de la rue de Grenelle, il fut placé comme valet chez le vieux poète Tristan l’Hermite, où il eut loisir de s’initier aux choses de l’esprit. Faisant preuve d’un génie précoce, il cédait, dès l’âge de douze ans, à son penchant pour le théâtre. Quand il en eut dix-huit, il s’était si bien fait la main qu’il put écrire tout d’une haleine sa première grande comédie intitulée Les Rivales. Grâce à Tristan l’Hermite, il put la faire jouer au Théâtre-Français où il obtint un vif succès (1653). Ayant fait la rencontre de Mme d’Oradour, il fut aussitôt introduit par elle dans le monde des « Précieuses ». Soucieux de plaire à cette société, il se mit alors à écrire nombre de pièces où la galanterie se faisait jour avec éclat. Séduit par tous les genres, il donna tout d’abord La Généreuse Ingratitude, sorte de comédie pastorale (1654); l’année suivante La Comédie sans comédie, laquelle était une féerie, et enfin La Mort de Cyrus, tragédie tout à fait classique (1656). Se voyant partout vanté, il écrivait sans relâche, quitte a profiter hardiment des inventions d’un confrère. On sait, en effet, qu’il fut plus d’une fois accusé de plagiat par Scarron, Boisrobert et bien d’autres. Indifférent à ces critiques il fit jouer, par la suite, Amalasonte (1657), Le Phantome amoureux (1659), Stratonice (1660), Agrippa (1661), etc. Tout cela était loin d’être toujours bon, car il écrivait trop vite. Bien qu’il dût souvent pour cette raison essuyer les traits de Boileau, il ne cessait de voir grandir sa renommée en même temps que sa fortune. En 1660, il épousa Louise Goujon, la veuve d’un riche marchand, et, par là, put acheter une charge de valet de chambre du roi, puis d’auditeur à la Chambre des comptes. En la seule année de 1664 il donna trois pièces nouvelles qui obtinrent un grand succès : Astrate, sa meilleure tragédie, Bellérophon, autre tragédie, La Mère coquette, ou les amants brouillés, comédie pleine de fraîcheur. En 1670, il devint membre de l’Académie Française. Découragé, néanmoins, depuis quelque temps, par la vogue sans cesse accrue de Racine, il fut tout près d’abandonner le théâtre. C’est alors qu’il se vit inviter par Molière à s’occuper de certaine pièce dont ce dernier venait d’établir le canevas sous le titre de Psyché (1671) : il s’agissait de rédiger les vers destinés au chant. Quinault allait trouver là un genre propre à mettre en lumière la délicatesse de son style. C’est dire que dès lors (1671) il rompit avec son passé pour s’engager résolument dans une voie nouvelle : l’opéra ou tragédie lyrique. Il y parvint en s’alliant avec Lulli, alliance féconde entre toutes, et que seule put rompre la mort du musicien. Dès 1672, il devint, en effet, son fidèle collaborateur. S’étant attaché à Lulli par un contrat de quatre mille livres par an, il lui fournit, chaque année, tout un livret d’opéra. Citons : Les Fêtes de l’amour et de Bacchus (1672), Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Athys (1676), Isis (1677), Proserpine (1680), Persée (1682), Phaéton (1683), Amadis de Gaule (1684) et enfin Armide (1686), son dernier ouvrage qui est aussi son chef-d’œuvre. Depuis longtemps parvenu au comble de la célébrité, Quinault se retira du théâtre quelques mois avant la mort de Lulli (1687). Pris de scrupules religieux, il devait se mettre alors à composer un poème qu’il n’eut pas le temps d’achever : L’Hérésie détruite. S’il fut un poète tragique assez médiocre, Quinault n’en demeure pas moins un véritable créateur dans le domaine de l’opéra.
♦ « Le plus grand poète que la France ait jamais eu pour le lyrique et pour le dramatique. » Perrault. ▼ « Mr Quinault était un très honnête homme et si modeste que je suis persuadé que, s'il était encore en vie, il ne serait guère moins choqué des louanges outrées que lui donne M. Perrault, que des traits qui sont contre lui dans mes satires. » Boileau. ♦ « Le plus inimitable, le plus concis peut-être de nos poètes et l'un de ceux qui s'exprimèrent avec le plus de pureté comme avec le plus de grâce. » Voltaire.

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