PYRRHUS, Pyrrhos
Roi d'Épire (295/272), fils d'Éacidas, roi d'Épire. Il parvint, en 295, à se rétablir dans son royaume grâce à Ptolémée Ier Sôter, roi d'Égypte, qui lui fournit des troupes. Après une première tentative d'annexion de la Macédoine (288/285), Pyrrhus se porta au secours de Tarente contre les Romains et débarqua en Italie avec une importante armée ; ses éléphants lui donnèrent la victoire à Héraclée (280) et Ausculum (279), mais ses pertes furent si élevées qu'on en a jugé le prix excessif - d'où l'expression « victoire à la Pyrrhus ». Après avoir conquis la Sicile (277) sur les Carthaginois, qui s'étaient alliés contre lui aux Romains, il fut battu à Bénévent par Curius Dentatus, en 275, et rentra en Épire. Il s'attaqua une nouvelle fois à la Macédoine, qu'il soumit (274). Il fut tué lors de la prise d'Argos, après avoir tenté de rétablir Cléonyme à Sparte. On considère généralement que les qualités politiques de Pyrrhus, qui ne sut pas choisir entre un Empire oriental et l'Italie, n'étaient pas à la hauteur de ses talents militaires.
Pyrrhus ; roi d’Épire [319-272 av. J.-C.]. Fils du roi Molosse Éacide, P. comptait parmi ses ascendants légendaires Achille, Andromaque, Héraclès. Ces ancêtres prestigieux et un petit-cousin non moins prestigieux - Alexandre le Grand - ne cesseront d’alimenter les rêves de P. dont l’enfance (de 317 à 307) se déroule « sans royaume, hors patrie, loin [de son] père ». Petit roi en tutelle, il ne règne que brièvement sur son pays natal (307-302) : il est chassé par les adversaires de son protecteur et beau-frère, Démétrios le Poliorcète. Son audace et ses manières avenantes lui assurent une grande considération dans l’entourage du général macédonien auquel P. s’attache. Après la défaite d’Antigone Ier et de Démétrios à Ipsos (301), il est envoyé à Alexandrie comme otage auprès de Ptolémée Ier. Il en épouse la belle-fille, Antigone, et obtient son soutien financier et militaire à son retour en Épire (297) ; ce qui permettait aussi à Ptolémée de contenir les ambitions macédoniennes. Grâce à un deuxième mariage (295), il y ajoute les îles de Leucade et de Corfou que lui apporte en dot sa seconde femme, une fille d’Agathocle de Syracuse, et des terres ioniennes qu’il gagne par sa diplomatie. Il a plus que doublé la surface de ses États et Ambracie devient sa capitale. Profitant des querelles entre les diadoques, il occupe momentanément la Macédoine et la Thessalie (288-285). Vers 334, son parent Alexandre Ier le Molosse avait tenté de prendre pied en Italie du Sud en libérant les communautés grecques d’Italie, alors opprimées par la confédération samnitique. Aussi lorsque, inquiète par la progression de Rome vers le sud, Tarente demande par deux ambassades successives (281) de l’aide à P., celui-ci accepta. La disparition de son beau-père Agathocle lui offrait également des possibilités en Sicile. En 280, il débarque en Italie avec 30 000 hommes et des éléphants, bat les Romains à Héraclée sur le Siris, s’avance vers la Campanie et débouche dans le Latium. Son offre de paix est rejetée par Rome qui espère peut-être le soutien de Carthage avec laquelle un traité d’alliance a été renouvelé (280). Après la dure victoire (« à la Pyrrhus ») d’Ausculum (279), P. part pour la Sicile (278) au secours de Syracuse, assiégée par Carthage. En un an, il occupe rapidement la Sicile grecque et soumet la Sicile punique. Ne lui échappent que Lilybée à l’ouest, toujours tenue par les Carthaginois, et Messine au nord-est au pouvoir de mercenaires campaniens, les Mamertins. Mais sur l’île, on ne tarde pas à être fatigué de la guerre et des exigences du nouveau maître qui songe à passer en Afrique. P. est contraint de retourner en Italie (276) où la bataille de Bénévent (275), perdue contre Rome, le prive définitivement de tout espoir d’y fonder son royaume. Son retour en Épire menacée par les Celtes et par le roi de Macédoine, Antigone Gonatas, devient urgent (275). Il y réaffirme sa souveraineté, conquiert presque toute la Macédoine, en chasse Gonatas, puis abandonne le terrain pour une expédition dans le Péloponnèse où il essaie en vain de prendre Sparte. Au terme d’une retraite difficile, P. trouve la mort à Argos dont il voulait faire une base solide pour poursuivre sa campagne.
Bibliographie : P. Lévêque, Pyrrhus, 1957 ; J. Carcopino, « Pyrrhus conquérant ou aventurier», in Profils de conquérants, 1961 ; E. Will, Histoire politique du monde hellénistique, Nancy, 1979.
PYRRHUS (v. 319-Argos, 272 av. J.-C.). Roi d'Épire (nord-ouest de la Grèce), parent éloigné d'Alexandre III le Grand, Pyrrhus fut sans doute le meilleur général grec de son temps, mais il hésita toujours entre l'extension de son empire vers l'Orient et les conquêtes italiennes. En 288 av. J.-C., il conquit la Macédoine qu'il partagea avec Lysimaque, général macédonien, mais celui-ci l'en chassa trois ans plus tard. Il se tourna alors vers l'Italie pour venir en aide à Tarente (colonie grecque) menacée par Rome. Il débarqua dans le pays avec 25 000 hommes et 20 éléphants et remporta contre les Romains effrayés les victoires d'Héraclée (280 av. J.-C.) et d'Asculum ou Ausculum (279 av. J.-C.) qui lui coûtèrent d'énormes pertes (d'où l'expression victoire à la Pyrrhus). Puis il conquit la Sicile d'où il chassa les Carthaginois (277 av. J.-C.) qui s'unirent à Rome pour le repousser. Revenu en Italie, il fut battu à Bénévent (ville de Campanie) par les Romains en 275 av. J.-C. et retourna en Épire. Pyrrhus reprit ses ambitions orientales en soumettant la Macédoine et en tentant la conquête du Péloponnèse. Mais il mourut dans un combat de rues à Argos, en Grèce. Voir Carthage.
Pyrrhus. 1. (319-272 av. J.-C.), roi d’Épire en Grèce à partir de 307, cousin au second degré d’Alexandre le Grand; son père et Olympias, mère d’Alexandre, étaient des cousins au premier degré. Pyrrhus fut chassé de son trône en 302, servit sous Démé-trios Poliorcète de Macédoine (fils d’Antigonos Ier) à la bataille d’Ipsos en 301. Avec l’aide de Ptolémée Ier, roi d’Égypte, il fut rétabli sur son trône en 297. Il était un commandant habile, un bon organisateur, un militaire ayant le goût de l’aventure et ambitieux. Il avait l’espoir de faire revivre l’empire d’Alexandre le Grand et fut même à un moment (286), après une guerre victorieuse contre Démétrios, le souverain le plus puissant dans la partie européenne de cet empire, après s’être assuré le contrôle de la Thessalie et d’une partie de la Macédoine. Mais il fut peu après repoussé en Épire (283) par Lysimaque (l’un des diadochoi, les «successeurs» d’Alexandre). Il se tourna alors vers l’Occident et accepta l’invitation de la cité grecque de Tarente en Italie de commander les Grecs italiens de Grande-Grèce contre Rome. Il remporta des batailles en 280 et en 279, avec une armée importante et vingt éléphants, mais fut incapable de s’implanter en Italie. L’expression «victoire à la Pyrrhus» décrit une victoire remportée à un coût trop lourd. Elle fait allusion à une exclamation qu’on lui attribue après la bataille d’Asculum en 279, où il mit en déroute les Romains, mais perdit l’élite de son armée : « Encore une victoire comme celle-ci et nous sommes perdus. » Pyrrhus transféra alors son armée en Sicile et, vers 277, il avait presque réussi à chasser les Carthaginois de l’île (ils étaient à l’époque alliés à Rome, et devaient sous peu devenir ses ennemis, avec le déclenchement de la première guerre punique). Pyrrhus interrompit la guerre en Sicile et revint en Italie. Après une bataille indécise contre les Romains à Bénévent (275), il se retira en Épire. À nouveau, en 274, il tenta de conquérir la Macédoine, avec quelque succès, mais s’en éloigna pour attaquer Sparte (272). Il fut tué la même année en tentant de s’emparer d’Argos. Brillant tacticien, Pyrrhus était rapide à tirer avantage d’une bonne occasion, mais il ne fit pas d’acquisitions durables. Voir aussi FABRICIUS. 2. Autre nom du héros grec Néopto-lème. Pythagore. Savant, philosophe et mystique grec du VIe siècle av. J.-C. Il n’écrivit pas de livres, mais il impressionna tellement par ses doctrines, son enseignement et son mode de vie que, vers la fin du Ve siècle, il était devenu un personnage mystérieux et légendaire, avec la réputation d’être un grand sage et de posséder des pouvoirs miraculeux (comme par exemple d’avoir une cuisse en or). Les traditions sur sa vie sont contradictoires et confuses, mais on croyait qu’il était né à Samos, v. 580 av. J.-C., et qu’il avait émigré (peut-être par hostilité pour la tyrannie de Polycrate) à Crotone en Grande-Grèce. Là il attira des disciples, à la fois hommes et femmes, qui formaient une communauté et vivaient conformément à la règle qu’il avait instituée. Même après sa mort, v. 500 av. J.-C., les sectes pythagoriciennes continuèrent à fleurir à Crotone et ailleurs en Grande-Grèce. Leurs membres semblent avoir été actifs dans la politique de l’époque et, en présentant un front uni, ils constituaient sans nul doute une force importante; ils devinrent impopulaires et, à la fin (v. 450 av. J.-C.), ces sectes furent dissoutes et leurs membres tués ou exilés. Une partie de l’enseignement de Pythagore était d’ordre religieux et mystique, et c’est sans doute cet aspect qui conduisit son contemporain Héraclite à considérer les doctrines pythagoriciennes comme une imposture. Un autre contemporain, Xénophane, se moquait des aspects les plus connus de son enseignement, la doctrine de la réincarnation ou de la transmigration des âmes (metempsychosis), et rapportait une histoire selon laquelle Pythagore aurait un jour affirmé reconnaître la voix d’un ami dans les hurlements d’un chiot que l’on avait battu. Pythagore déclarait aussi qu’il se souvenait de ses incarnations antérieures, y compris sous la forme du Troyen Euphorbe, tué durant le siège de la ville. Pythagore enseignait que l’âme (une combinaison du principe vital, du moi et de l’esprit) est immortelle, divinité déchue emprisonnée dans le corps comme dans une tombe. Étant donné que l’âme est rationnelle et responsable de ses actions, les choix qu’elle fait déterminent la nature du corps dans lequel elle se réincarne, humain ou animal (peut-être même une plante ; Empédocle, qui fut considérablement influencé par les idées pythagoriciennes, déclare que dans l’une de ses incarnations il fut un buisson). En préservant sa pureté des souillures du corps, l’âme peut, le cas échéant, parvenir à s’en libérer (voir aussi Orphée, et comparer avec les croyances orphiques avec lesquelles Pythagore, de toute évidence, avait beaucoup en commun). Pythagore et ses disciples suivaient un régime de vie grâce auquel on pouvait atteindre cette libération de l’âme; c’était un mode de vie austère, dont les détails sont obscurs, mais qui impliquait peut-être le silence, l’introspection, le fait de s’abstenir de manger de la viande ou des haricots (on ne voit pas la raison de ce dernier interdit). L’idée de la mé-tempsychose est étrangère à la tradition grecque et ses sources restent incertaines. Elle est peut-être arrivée en Grèce depuis l’Asie centrale ou même depuis l’Inde. Un grand nombre des préceptes de Pythagore furent réunis, à un moment, sous le titre d'acus-mata (gr. akousmata, « instructions [orales] »). Certaines ressemblent à des interdits, par exemple « Ne tisonne pas le feu avec une épée» (que Porphyre interprétait de la manière suivante : « Ne frappe pas avec des mots blessants un homme sous l’emprise de la colère»). D’autres ressemblent à une sagesse plus traditionnelle : « Quelle est la plus sage des choses qui sont en notre pouvoir? La médecine. Quelle est la plus belle chose? L’harmonie. Quelle est la chose la plus puissante? Le savoir. Quelle est la chose la meilleure? Le bonheur. » Le nom de Pythagore est aussi lié à l’étude des nombres et des proportions aussi bien que de l’astronomie. Il est impossible d’établir les découvertes qui doivent lui être attribuées personnellement, mais on le crédite d’avoir découvert que la relation entre les principaux intervalles musicaux produits sur une corde qui vibre peut être exprimée par les proportions entre les quatre premiers nombres entiers : octave, 2:1; quinte, 3:2; quarte, 4:3. À partir de là s’est développée l’idée que l’explication de l’univers doit être recherchée dans les nombres et dans leurs relations, dont les objets des sens sont les représentations. Selon Aristote, même des abstractions comme «opinion», «occasion» ou «injustice » sont des chiffres dans le système pythagoricien et ont leur place dans le cosmos. Etant donné que les quatre premiers nombres entiers sont importants pour exprimer les harmonies musicales et étant donné que leur somme peut être représentée par un dispositif en triangle équilatéral de 10 points, en rangées de un, deux, trois et quatre. On a pensé que ce motif, la tetraktys, l’addition des quatre premiers nombres qui forme le chiffre 10 (1+2 + 3 + 4=10), avait une signification mystique, englobant la nature entière du nombre : le nombre 1 pouvait être identifié avec le point, 2 avec la ligne, 3 avec la surface et 4 avec le volume. On crédite aussi Pythagore du théorème qui porte encore son nom : à savoir que le carré de l’hypoténuse d’un triangle rectangle est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Après avoir fait cette découverte, on dit qu’il offrit un important sacrifice, une hécatombe. Les pythagoriciens croyaient que la Terre était une sphère ; les pythagoriciens d’époque plus récente avaient un système astronomique dans lequel les corps célestes (la sphère des étoiles fixes, les cinq planètes, le Soleil, la Lune, la Terre et la contre-Terre, cette dernière étant ajoutée afin de porter le nombre de ces corps célestes à dix) font leurs révolutions autour d’un feu central, système auquel on adapta une croyance plus ancienne dans l’harmonie des sphères. Le pythagorisme influença non seulement Empédocle, mais aussi Platon, dont la science et la métaphysique sont imprégnées d’idées pythagoriciennes. Plus tard, ces doctrines connurent un regain d’actualité à Rome au début de l’Empire, et se confondirent aux croyances orphiques avec lesquelles elles avaient des points communs.
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