PORTA Carlo
PORTA Carlo. Écrivain italien. Né le 15 juin 1776 à Milan, mort le 5 janvier 1821. Il fit jusqu’à seize ans ses études dans des collèges religieux, à Monza et à Milan. Puis son père l’envoya en Allemagne pour y apprendre la langue du pays et faire ses débuts dans le commerce; mais il dut le rappeler très vite parce que le garçon menait une vie fort peu studieuse. Une fois revenu à Milan, Carlo Porta obtint un emploi dans l’intendance et commença avec enthousiasme à écrire pour le théâtre. Mais comme il montrait dans ces essais une dangereuse complaisance pour les idéologies républicaines, son père, toujours prudent, l’éloigna de nouveau et l’envoya à Venise. Là, le jeune garçon recommença de mener la vie de loisir qu’il affectionnait. On pense qu’il écrivit des poèmes lyriques en dialecte vénitien, mais il n’en est resté aucune trace. Il est certain, en revanche, qu’il composa alors des œuvres libertines. Cette existence prit fin en 1799, époque à laquelle Carlo Porta abandonna Venise et regagna Milan où il trouva un nouvel emploi, cette fois dans les bureaux de la Dette publique. Il conserva la même place jusqu’à sa mort. Son œuvre naquit au milieu d’une grande quiétude domestique et prit l’allure d’un divertissement, celui que peut s’accorder un bon Milanais fidèle aux obligations du travail bureaucratique et aux coutumes de la vie familiale. Mais lorsque T. Grossi, un de ses amis, publia La Prineide (1815)et diffusa l’ouvrage pourtant anonyme, Carlo Porta put craindre d’être inquiété par l’Autriche à laquelle ces vers étaient hostiles. Il protesta, se déclara étranger à toutes les affaires politiques, se démena et resta dans l’angoisse jusqu’à ce que Grossi eût dissipé les soupçons. Au vrai, ses poèmes écrits en dialecte, en dépit des difficultés qu’offre la langue même, sont extrêmement importants pour l’histoire du romantisme italien. Porta vit les choses en homme du peuple, et fut par là toujours prêt à s’émouvoir, à exciter le rire de ceux qui l’entouraient, aux moments d’allégresse. Il s’attacha à beaucoup de ses contemporains illustres, tels que Foscolo, Manzoni, Stendhal. Sa production poétique, très variée, comporte un grand nombre d’œuvres mémorables, telles que Les Disgrâces de Giovannin Bongee, Fra’Ginepro, Le Voyage de frère Condutt, La Prière — Poésies.