POMPADOUR, Jeanne Antoinette Poisson, marquise de
Dame française. Épouse du fermier général Le Normant d'Étioles, belle et spirituelle, elle se lia à des écrivains de renom tels que Fontenelle, Voltaire, Crébillon père. Maîtresse déclarée de Louis XV de 1745 à 1751, elle fut faite marquise et resta l'amie du roi jusqu'à sa mort. Amie des philosophes, des artistes et des écrivains, elle protégea les arts (manufacture de Sèvres) et les lettres (l'Encyclopédie en 1752). Son rôle politique semble avoir été exagéré : c'est un de ses favoris, Bernis, qui entreprit les premières négociations du fameux renversement des alliances de 1756 et elle ne fut certainement pas l'inspiratrice de la politique royale.
Pompadour, Jeanne Antoinette Poisson, marquise de (Paris 1721-Versailles 1764) ; favorite de Louis XV.
Le personnage vaut mieux que la réputation qui lui a été faite. En effet la P. a su se faire apprécier des philosophes, soutenir les Lumières et a peu de responsabilité dans la crise monarchique du milieu du XVIIIe siècle. Elle appartient à une famille de financiers: son père, qui avait eu la protection des célèbres frères Pâris, s’exile à la suite d’affaires frauduleuses. Sa mère devient alors l’amie d’un fermier général qui fait donner à Jeanne une bonne éducation et la marie à son neveu, le sous-fermier Le Normant d’Etioles. Ce mariage lui permet d’être reçue dans les salons parisiens les plus estimés : elle fréquente ceux de Mme de Tencin et de Mme Geoffrin. Elle rencontre Fontenelle, Voltaire, Crébillon fils. Présentée à Versailles, elle devient en février 1745 la maîtresse de Louis XV, qui la fait marquise de P. Quand la passion du souverain décline (vers 1751), elle sait rester son amie, lui procurer de jeunes compagnes mais surtout lui organiser des fêtes et entretenir son goût pour les jardins et les constructions. Elle lui est indispensable. Si la cour et le dauphin la détestent, en revanche elle entretient avec les filles du roi des relations convenables. L’attentat de Damiens contre le souverain en 1757 l’éloigne pour un temps. Mais Louis XV ne peut s’en passer. Il la rappelle bien vite et elle continue de « régner » jusqu’à sa mort. Son rôle a été essentiel en art : elle intéresse Louis XV à la manufacture de Sèvres, orne les nombreuses demeures qu’elle finit par posséder (en particulier l’hôtel d’Évreux - le futur palais de l’Élysée les résidences de Bellevue, de La Celle...) dans le style rocaille qui reçoit le nom de Pompadour. Elle fait nommer son frère Abel Poisson, marquis de Marigny, directeur des Bâtiments, où il se révèle un bon administrateur. C’est l’une de ses rares interventions directes. Riche en terres grâce aux dons du roi, elle est prodigue de son argent. Elle protège les philosophes : par son intermédiaire Voltaire obtient un poste d’historiographe en 1745 et un siège à l’Académie française en 1746, l'Encyclopédie lui doit de pouvoir poursuivre sa publication ; chez le physiocrate Quesnay, qui est son médecin, elle fréquente Diderot, Buffon, Helvétius, d’Alembert. Mais elle lutte aussi contre les jésuites qui lui sont hostiles et veulent sa disgrâce. Son ami Bernis négocie en 1756 le renversement des alliances qui conduit la France à s’unir à l’Autriche, politique qu’elle n’inspire pas malgré l’irritation qu’elle ressent des sarcasmes dont l’accable Frédéric II de Prusse. Elle meurt à 43 ans d’une congestion pulmonaire. Elle laisse une soixantaine d’estampes dessinées et gravées avec un réel talent. Elle laisse aussi une bien mauvaise réputation, que l’historiographie romantique, peu favorable à l’Ancien Régime, s’empressa de diffuser.
Bibliographie : H. Méthivier, L’Ancien Régime en France, xvie, xviie, xviiie siècles, 1981, p. 433-434.
POMPADOUR, Jeanne Antoinette Poisson, marquise de (Paris, 1721-Versailles, 1764). Favorite de Louis XV. Mécène, amie des philosophes, elle favorisa l'épanouissement des arts et des lettres (l'Encyclopédie). Fille d'un financier, elle reçut une éducation soignée et épousa un financier, le fermier général Le Normant d'Étiolles dont elle se sépara en 1745. Belle, cultivée et spirituelle, elle fréquenta les salons, notamment celui de Mme de Tencin et de Mme Geoffrin, se liant à des écrivains de renom, tels Fontenelle et Voltaire. Introduite à Versailles, elle devint la maîtresse du roi (1745) et conserva jusqu'à sa mort l'amitié de Louis XV par son art de le distraire. Plus ou moins acceptée par la famille royale mais détestée de la cour, souvent attaquée dans des pamphlets ou des chansons, la Pompadour sut faire profiter artistes et gens de lettres des largesses royales. Elle fit aménager ses nombreuses résidences, celles de Bellevue, La Celle-Saint-Cloud, Crécy et l'hôtel d'Évreux (auj. palais de l'Élysée), contribua à la création de la manufacture de Sèvres et fit nommer son frère directeur des Bâtiments, poste où il manifesta une réelle compétence. Elle reçut dans son salon et protégea les philosophes, réconciliant Voltaire avec le roi, recevant Montesquieu et Rousseau, et favorisant la publication de l'Encyclopédie, malgré l'opposition du clergé et du Parlement. Son influence politique fut seulement limitée au soutien qu'elle accorda à des amis personnels comme Bernis, Choiseul et Soubise. La marquise mourut à 43 ans d'une congestion pulmonaire. Voir Du Barry (Mme).
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