POINCARÉ Raymond Nicolas Landry
POINCARÉ Raymond Nicolas Landry. Homme politique français. Né à Bar-le-Duc (Meuse) le 20 août 1860, mort à Paris le 15 octobre 1934. Homme des « marches de l’est », sa jeunesse fut profondément marquée par les souvenirs de l’invasion de 1870, et Poincaré fut animé toute sa vie par la volonté de retrouver et de protéger les provinces perdues au traité de Francfort. Après avoir fait ses études de droit, il débuta dans le journalisme au Voltaire (de 1882 à 1887) puis dans la politique active. Conseiller général et chef de cabinet du ministre de l’Agriculture (1886), ministre de l’instruction publique (1893 et 1895), des Finances (1894 et 1895), il fut président de la Chambre des députés de 1895 a 1898. Entré au Sénat en 1903, il fit partie de la majorité combiste, redevint ministre des Finances en 1906, puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de 1912 à 1913. Le 17 janvier 1913, bien qu’il n’eût encore que cinquante-deux ans, Poincaré fut élu président de la République, et cette élection prenait une valeur symbolique qu’exprimait a sa manière le slogan lancé par la gauche : « Poincaré, c’est la guerre ! » La politique du « prince lorrain », comme disait Thibaudet, fut en effet dominée par le souci d'assurer la défense militaire contre l’Allemagne et de renforcer l’alliance russe : après avoir encouragé le ministère Barthou à faire voter la loi militaire de trois ans (1913), il se rendit en juin 1914 à Saint-Pétersbourg, où il fut surpris par le début de la crise européenne. De 1914 à 1918, il sacrifia tout à l'Union sacrée, et en 1917 appela Clemenceau à la présidence du Conseil. Son mandat ayant expiré en janvier 1920, il fit partie de la commission des réparations, mais rentra bientôt dans la politique militante. Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de 1922 à 1924, il passa dans l’opposition lorsque les élections eurent donné le pouvoir au Cartel des gauches. En avril 1925, il fut le principal artisan de la chute du ministère Herriot. Enfin, de 1926 à 1928, il présida un grand ministère d’Union nationale, le plus long de l’histoire de la IIIe République, et qui fut marqué par la stabilisation des finances. Raymond Poincaré, qui faisait partie de l’Académie Française depuis 1909 et avait déjà publié divers recueils d’articles et d’essais : Idées contemporaines (1906), Questions et figures politiques (1907), consacra les dernières années de sa vie à la rédaction de ses mémoires publiés de 1926 à 1933 sous le titre : Au service de la France, neuf années de souvenirs.
Homme politique français. Il mena conjointement une brillante carrière d'avocat à Paris et d'homme politique, d'abord comme député de la Meuse, puis comme sénateur à partir de 1903. Plusieurs fois ministre (aux Finances en 1893 et 1894), il acquit une réputation de sérieux, de compétence, de ministre technicien capable de réconcilier les Français grâce à son patriotisme sourcilleux de Lorrain. De janv. 1912 à janv. 1913, il fut président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, et il travailla à renforcer l'alliance russe et l'Entente cordiale. En janv. 1913, il fut élu président de la République. Les élections législatives d'avr./mai 1914 furent un échec pour la droite et Poincaré fut obligé de nommer à la tête du gouvernement un radical, Viviani. Lorsque éclata la crise finale qui conduira à la Grande Guerre, il était en voyage officiel en Russie, où il a peut-être fourni des assurances et des conseils au gouvernement tsariste qui l'encouragèrent à la décision fatale de mobilisation générale. Il anima ensuite l'Union sacrée, mais lorsque vinrent les difficultés de 1917, il fut obligé de nommer à la tête du gouvernement son vieil adversaire Clemenceau (v.). La victoire venue, il demanda, en vain, l'occupation définitive de la rive gauche du Rhin. Déçu, Poincaré renonça à briguer un second mandat, redevint sénateur de la Meuse, et se fit au Parlement le défenseur d'une « application intégrale du traité de Versailles ». Président du Conseil de janv. 1922 à juin 1924, il voulut forcer l'Allemagne à payer les réparations et, pour faire pression sur elle, il fit occuper la Ruhr (janv. 1923). Mais cette politique de force échoua, car les Britanniques ne soutinrent pas la France, et les milieux financiers jouèrent contre le franc, qui s'effondra. La victoire du Cartel des gauches de 1924 sanctionna cet échec. Pourtant, cette même Assemblée le soutint dans un second gouvernement d'union nationale (moins les socialistes) qui fut le plus long de la IIIe République et qui rétablit la confiance, fit des économies, amortit la dette. Cette politique trouva son couronnement dans la création d'une nouvelle monnaie fondée sur l'or, le « franc Poincaré » (1928). Cette même année, Poincaré avait fait adopter la première grande loi d'assurance obligatoire pour la maladie, l'invalidité et la vieillesse. Malade, Poincaré démissionna en juill. 1929.
Poincaré, Raymond (Bar-le-Duc 1860-Paris 1934) ; président de la République française [1913-1920].
Dès son premier discours comme député, le 24 octobre 1890 (il représente le département lorrain de la Meuse depuis 1887), P. établit sa réputation d’homme politique modéré et conciliant, alliant la plus grande compétence à une fidélité inébranlable à ses principes. Il cherche très tôt à s’élever au-dessus des partis, ce qui le prédestine à diriger les destinées de la France chaque fois que son pays se croit en proie à une crise nationale. Après une brillante carrière d’avocat, ce fils d’un polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées entre avec réticence sur la scène politique, pour s’y imposer cependant immédiatement. Dès 1893, il occupe à la commission des Finances la position clé de rapporteur général du budget. La même année, à l’âge de 33 ans, il devient également ministre de l’instruction publique dans le cabinet Dupuy et, après la victoire électorale des républicains modérés, il est d’abord ministre des Finances, puis de nouveau ministre de l’instruction publique (1884-1885). S’il est partisan de la laïcité, ce n’est cependant pas dans le sens du militantisme anticlérical des gauches radicale et socialiste. Ainsi souhaite-t-il une « école neutre » dans laquelle l’éducation s’efforce avant tout d’éveiller l’amour de la patrie. En 1895, il retourne pour quelques années à son cabinet d’avocat. Comme tous les opportunistes qui privilégient la raison d’Etat, P. essaie tout d’abord d’étouffer le scandale de la condamnation du capitaine Dreyfus, mais il passe finalement dans le camp des dreyfusards, et ce, de manière très caractéristique, essentiellement pour des considérations juridico-légales. D’un autre côté, il conserve ses distances à l’égard des gauches, qui ont remporté les élections, en ne soutenant pas la politique anticléricale des cabinets Waldeck-Rousseau et Combes (1899-1905). Son heure sonne à nouveau en 1911, lorsqu’une large partie de l’opinion publique attend de lui une politique davantage axée sur le prestige national. Il ne la déçoit pas : Premier ministre (14 janv. 1912-18 janv. 1913), il donne en matière de politique étrangère une nouvelle vie à la Triple-Entente en concluant des accords militaires additionnels, tandis qu’à l’intérieur du pays, il cherche à améliorer les rapports entre l’armée et la nation. C’est dans cette atmosphère qu’il est élu président de la République en janvier 1913 avec l’aide des droites et du centre droit. En politique étrangère tout spécialement, il exerce dès le début de son mandat de sept ans une plus grande influence que ses prédécesseurs. Lors de sa visite à Saint-Pétersbourg (du 21 au 24 juill. 1914 avec le Premier ministre René Viviani), il confirme au gouvernement russe l’intention de la France « de remplir toutes les obligations imposées par l’alliance », mais il recommande également d’éviter toutes les mesures qui provoqueraient une réplique allemande. Après le début des hostilités, il invite les partis à « l’Union sacrée ». Convaincu que la France mène une guerre qui lui a été imposée et qui est juste, il galvanise le moral des Français, mais en novembre 1917, il doit nommer Premier ministre son plus grand ennemi, Clemenceau, pour avoir la garantie que toutes les forces du pays sont bien concentrées sur la guerre. Clemenceau réduit fortement l’influence de P. ; même après la fin de la guerre, le chef de l’Etat ne réussit pas à imposer ses idées, par exemple en ce qui concerne la frontière du Rhin. Après le refus des États-Unis de ratifier le traité de Versailles, P. croit que la sécurité de la France ne sera garantie que si l’on peut amener l’Allemagne à exécuter strictement le traité. Aussi est-ce tout naturellement que, peu après la fin de son mandat, il défend cette politique avec énergie en sa qualité de président de la commission des Réparations. Il trouve d’abord d’autant plus d’écho que s’aggravent les difficultés économiques et financières de la France, qui découlent de la guerre. En tant que Premier ministre (1922-1924), il ne se donne qu’un seul but, assurer le paiement des réparations. Afin de se doter d’un « gage productif », il décide, pour des raisons futiles, de faire occuper militairement la Ruhr, ce qui porte les relations franco-allemandes au plus bas et isole la France sur le plan diplomatique. Comme il se révèle que cette tactique intransigeante est sans issue et que P. exprime l’intention de surmonter la crise monétaire en augmentant les impôts, il se rend impopulaire et permet en 1924 la victoire électorale des gauches. Mais il prend sa revanche dès juillet 1926 : on le rappelle au pouvoir pour faire ce que les gouvernements de gauche qui l’ont précédé n’ont pas réussi à réaliser : stabiliser la monnaie. Après avoir résolu ce dernier problème, il doit se retirer en juillet 1929 pour des raisons de santé.
Bibliographie : P. Miquel, Poincaré, 1961.
POINCARÉ, Raymond (Bar-le-Duc, 1860-Paris, 1934). Avocat et homme politique français. Républicain modéré, président de la République (1913-1920), il mena une politique intransigeante à l'égard de l'Allemagne vaincue et stabilisa le franc en 1928. Cousin du mathématicien Henri Poincaré, élu député de la Meuse (1887-1903) puis sénateur (1903-1913), Raymond Poincaré assuma de 1893 à 1906 différents postes ministériels. Ambitieux, il se tint prudemment à l'écart au moment de l'affaire Dreyfus et durant les luttes anticléricales menées par le pouvoir (1902-1905). Président du Conseil à la tête d'un gouvernement d'Union nationale (1912-1913), il s'attribua aussi le portefeuille des Affaires étrangères et mena une politique de fermeté à l'égard de l'Allemagne, consolidant l'alliance française avec la Grande-Bretagne et la Russie (voyage à Saint-Pétersbourg, 1912). Élu président de la République en 1913, il soutint le vote de la loi militaire des trois ans (août 1913) dont l'impopularité provoqua le succès des radicaux et des socialistes aux élections législatives (1914). Il choisit Viviani, anticlérical mais non pacifiste, à la présidence du Conseil et effectua un second voyage en Russie après l'attentat de Sarajevo (juillet 1914) afin d'assurer le tsar de son soutien, ce qui lui valut de la part de ses adversaires le surnom de « Poincaré la guerre ». Dès l'été 1914, il se fit le champion de l'Union sacrée mais se vit ravir le rôle d'animateur de la défense nationale par son vieil ennemi Clemenceau. Impatient, après la guerre, de retrouver son influence politique, il fut réélu sénateur de la Meuse (1920) à la fin de son septennat et devint président de la commission des Réparations dont il démissionna lorsque fut rejetée la motion de réparation intégrale. De nouveau président du Conseil et ministre des Affaires étrangères (1922-1924) après avoir provoqué la chute de Briand, jugé trop conciliant à l'égard de l'Allemagne, Poincaré défendit l'exécution intégrale du traité de Versailles et décida l'occupation de la Ruhr (janvier 1923) en raison du retard du paiement des réparations allemandes. Cependant l'hostilité de la Grande-Bretagne et d'importantes difficultés financières l'obligèrent à se rallier au plan Dawes. En 1924, l'arrivée du Cartel des gauches l'obligea à démissionner mais la situation financière catastrophique de 1926 lui redonna le pouvoir et il forma alors un cabinet d'Union nationale (juillet 1926-juil-let 1929) sans la participation des socialistes. Ayant obtenu les pleins pouvoirs financiers, il pratiqua une politique d'économie et réussit à stabiliser le franc qui fut dévalué en juin 1928. Après le départ des radicaux du gouvernement, il s'appuya sur le centre et la droite. Malade, Poincaré démissionna en juillet 1929 et se consacra à la publication de ses souvenirs Au service de la France (1926-1933).Voir Entente (Triple-), SFIO, Radical (Parti).
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- Poincaré Raymond
- POINCARE, Raymond(20 août 1860-15 octobre 1934)Président de la République (1913-1920)Cousin du mathématicien Henri Poincaré, cet avocat célèbre du barreaude Paris entre en politique en 1887 quand il devient député progressistede la Meuse, mandat qu'il gardera jusqu'en 1903.
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