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Pierre Ier (Queluz, près de Lisbonne, 1798 -Lisbonne 1834) ; empereur du Brésil [1822-1831] et roi de Portugal sous le nom de Pierre IV (1826).

Pierre Ier (Queluz, près de Lisbonne, 1798 -Lisbonne 1834) ; empereur du Brésil [1822-1831] et roi de Portugal sous le nom de Pierre IV (1826). Sur un continent secoué et meurtri par les guerres d'indépendance sanglantes des nations en devenir, le Brésil constitue une exception en se libérant de la domination coloniale portugaise sans effusion de sang. Il le doit à P. de la maison de Bragance, héritier du trône portugais. Élevé au Brésil où s'est repliée la famille royale durant l'occupation napoléonienne, il reste au pays lorsque son père Jean VI retourne à Lisbonne. Nommé par son père régent du Brésil en 1821, il en proclame l'indépendance en 1822. Empereur constitutionnel du Brésil, P. a d'excellents conseillers en la personne de son Premier ministre José Bonefacio de Andrada e Silva et de son ami, l'éminent minéralogiste Alexandre von Humboldt. Andrada soutient le jeune empereur face au Portugal et le met en garde contre les dommages sociaux et économiques qu'entraîne l'esclavage (v. 1800, le Brésil comptait près d'un million d'esclaves noirs). La stabilité de la monarchie constitutionnelle instaurée par P. en 1824 sur la base d'une charte préparée par une commission, après la dissolution d'une Assemblée constituante trublionne, est mise en péril par un soulèvement ainsi que par une guerre coûteuse avec l'Argentine, à l'issue de laquelle le Brésil perd l'Uruguay. Bien que P. renonce au trône du Portugal en faveur de sa fille à la mort de son père en 1826, il ne parvient pas à gagner l'entière confiance des Brésiliens. Les abus d'autorité et la gestion scandaleuse de ses affaires privées, qui irritent le peuple, provoquent l'émeute de la « Nuit des Carafes » qui le conduit à abdiquer en 1831 en faveur de son fils âgé de cinq ans, Pierre II. Il entreprend alors la reconquête du Portugal pour rétablir sur le trône en 1834 sa fille Marie II évincée par son oncle et tuteur dom Miguel, et s'appuie pour ce faire sur les libéraux. Il meurt après avoir remis en vigueur au Portugal la Charte abrogée par son frère et promulgué les réformes législatives, judiciaires et administratives de Mousinho da Silvevia, parmi lesquelles la sécularisation des biens des ordres religieux vendus aux enchères au bénéfice du Trésor.

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