PIERO DELLA FRANCESCA (Piero dei Franceschi, dit della Francesca dans les documents anciens)
PIERO DELLA FRANCESCA (Piero dei Franceschi, dit della Francesca dans les documents anciens). Peintre et théoricien de la peinture, italien d’expression latine. Né à Borgo San Sepolcro entre 1410 et 1420, mort dans cette même ville au début d’octobre 1492. Il était le fils de Benedetto, cordonnier et tanneur, et de Romana di Perino, de Monterchi. Le paysage du Val Tiberina et Borgo même furent toujours chers au peintre qui les représenta dans les fonds de ses œuvres, même tardives. Il est probable que, dès avant 1437, Piero avait quitté son pays natal pour se rendre à Florence; en 1439, dans une note de paiement de l’hôpital de Sainte-Marie-Nouvelle pour les fresques de saint Aegidius — aujourd’hui perdues — Piero figure en qualité d’aide de Domenico Veneziano. L’apprentissage auprès de ce peintre, dont les quelques œuvres conservées se distinguent des toiles florentines par les recherches dont elles témoignent sur les représentations de la couleur dans l’espace, fut très important pour Piero, qui joignait à une rare sensibilité picturale une passion pour les mathématiques et le nouveau problème abstrait de la perspective; pour Domenico, le contact avec son génial élève fut, peut-être, tout aussi déterminant. Il ne faut pas non plus oublier la leçon de Masaccio. En 1442, Piero se trouvait de nouveau dans son pays, où il devint conseiller du peuple; trois ans plus tard il y reçut la première commande dont nous ayons connaissance, le panneau de la « Ma-donna della Misericordia » qui se trouve encore au Palais communal de Borgo. C’est aussi vers cette date qu’il peignit le « Baptême du Christ » (National Gallery, Londres) et le « saint Jérôme » (Musée de Venise), puis il commença son pèlerinage à travers les cours. Sa première étape fut peut-être Ferrare; l’invitation vint probablement de Lionello d’Este sur l’indication compétente d’Alberti, formulée avant celle de Borso — qui accéda au principal en 1450. Des travaux exécutés à la cour d’Este il ne reste rien, mais la présence de Piero influença un peu tous les peintres ferrarais, en particulier Cossa. A son tour, à Ferrare, Piero eut la possibilité de développer son goût pour la peinture flamande. La présence de Piero à Rimini en 1451 est attestée par la date de la fresque où "Sigismond Malatesta est aux pieds de son saint protecteur" (Temple des Malatesta); mais c’est le moment ou débutent ses rapports avec la cour d’Urbino, pour laquelle il peignit, probablement plus tard, la petite « Flagellation ». Ce fut à la mort de Bicci di Lorenzo (1452) que débuta la vaste entreprise des fresques de Saint-François à Arezzo, représentant les « Episodes de la Crucifixion », œuvre capitale dont le peintre s’occupa plusieurs années, avec des interruptions et, vers la fin, l’utilisation de quelques aides; en 1456 on parle de cette œuvre comme d’une chose achevée. Le peintre était en outre sollicité par des commandes variées à exécuter dans des endroits différents; il partit pour Rome, mais ses fresques au Vatican furent détruites au temps de Jules II; les concitoyens de Piero demandèrent sa collaboration pour l’autel de « saint Augustin », commandé en 1454 et qui lui prit huit années; le bourg de Monterchi voulut pour son cimetière la très rare représentation mystique de la « Madone de l’enfantement »; et, pendant ce temps, se poursuivaient ses relations avec la cour d’Urbino. Pour le duc Frédéric, Piero della Francesca peignit le diptyque triomphal portant le portrait du prince et de sa femme, vers 1405, et il est probable qu’il collabora à l’agencement sur plan et à l’ornementation du palais en cours de construction. En 1466, le maître se trouve à Arezzo; pour cette ville il avait déjà peint la « Madeleine » (au Dôme), et nous savons qu’il avait été chargé de peindre l’étendard de la « Compagnie de la Madeleine »; après cette date, ses séjours dans sa cité natale deviennent de plus en plus fréquents et prolongés. En 1474 et en 1478, il reçoit des paiements pour des œuvres que nous ne connaissons pas et, en 1482, il loue une maison à Rimini pour un an; l’affirmation de Vasari selon laquelle, après sa soixantième année, Piero della Francesca vécut aveugle pendant vingt-six ans, s’occupant exclusivement de la composition de ses ouvrages théoriques, est donc à retenir avec de grandes réserves. Un certain Marco di Longaro, en 1556, raconta à Betto degli Alberti qu’étant enfant, il avait conduit par la main « Mastro Piero della Francesca »; cependant, en 1487, celui-ci rédigea un feuillet de testament de sa propre main. Il fut donc peut-être aveugle pendant ses toutes dernières années. Parmi ses traités de caractère théorique, nous avons conservé Perspective dans la peinture, écrit avant 1482, d’une grande importance technique et théorique, probablement dédié à Frédéric de Montefeltro, et le court traité Des cinq ordres réguliers, dédié à Guidobaldo, fils de Frédéric. Un petit « abaque » de la main du maître est conservé à la Bibliothèque laurentienne. Le 12 octobre 1492, Piero della Francesca fut inhumé dans l’abbaye de Borgo San Sepolcro.
PIERO DELLA FRANCESCA (Borgo San Sepolcro, v. 1416- id., 1492). Peintre italien. En joignant à la géométrie la science des couleurs et celle des paysages, il a contribué aux grands chefs-d'oeuvre du Quattrocento italien. L'oeuvre capitale de sa vie fut la Légende de la vraie Croix (1452-1462), cycle de fresques réalisées sur les murs de l'église Saint-François d'Arezzo. Son diptyque de Frédéric de Montefeltro et de Battista Sforza (1465) qu'il peignit à Urbino est une contribution importante à l'art du portrait. Voir Renaissance, Sforza.
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