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Philippe Ier le Magnanime (Marburg 1504-Cassel 1567); landgrave de Hesse [1509-1567].

Philippe Ier le Magnanime (Marburg 1504-Cassel 1567); landgrave de Hesse [1509-1567]. Déclaré majeur à l'âge de quatorze ans à peine (1518), le jeune landgrave se montre très tôt un homme d'État avisé. En l'espace de quelques années, il parvient à consolider son pouvoir, affaibli par une longue période de tutelle. En signant une série de compromis avec ses voisins, il jette les bases d'une politique extérieure fructueuse. Les premiers résultats se manifestent bientôt : l'alliance conclue avec Trèves et avec le Palatinat lui permet de prendre une sanglante revanche sur Franz von Sickingen, devant qui il a dû se plier en 1518. P. passe à la Réforme au cours de l'été 1524, et introduit la Réforme en Hesse en 1527, en même temps qu'il fonde à Marburg la première université protestante d'Allemagne. Cette décision a une grande portée politique, car c'est en P. que le nouveau mouvement va trouver celui qui sera le moteur de son futur rassemblement politique. La ligue des princes de Hesse et de Saxe (1525) devient le noyau des futures alliances protestantes. Cependant, contrairement à la Saxe et aux théologiens de Wittenberg, P. a toujours le souci de proposer une interprétation ample et tolérante de l'ensemble du contenu de la foi. C'est pourquoi il organise à Marburg en 1529 une rencontre entre Luther et Zwingli, mais l'accord échoue sur le problème de l'interprétation de la Cène. Én 1531, P. fonde avec l'électeur de Saxe la ligue de Smalkalde. Toutefois, ses conceptions politiques ne sont pas strictement identiques aux objectifs avant tout défensifs de cette alliance à base religieuse. P. est un des premiers à défendre le principe de la liberté des princes face au pouvoir impérial, et devient le premier adversaire des Habsbourg au sein de F Empire. Mais ses tentatives d'expansion dans le nord-ouest de l'Allemagne échouent. Si la ligue de Smalkalde continue d'étendre son influence, elle se montre toutefois de moins en moins capable de faire face à la politique impériale. De plus, les plans offensifs ambitieux du landgrave se heurtent souvent à la méfiance et au refus de l'électeur de Saxe. La vie privée débridée de P. est également lourde d'incidences fâcheuses dans le domaine politique : son mariage secret avec Marguerite de Sale, conclu avec l'accord de Luther et de Melanchthon, le fait accuser de bigamie. P. espère échapper aux lourdes peines qu'il encourt en signant en 1541 avec F Empereur un accord secret, qui paralyse de manière décisive l'activité de la ligue de Smalkalde. Si P. a assez vite compris que F Empereur songe à régler par la force le confit religieux, il ne peut empêcher la catastrophe de se produire. En 1546, Charles Quint met au ban de l'Empire la Hesse et la Saxe électorale, et déclare la guerre de Smalkalde. Si P. n'est pas directement impliqué dans la défaite saxonne de Mühlberg (1547), il tombe dans le piège de la diplomatie impériale qui se déclare prête à la conciliation. Décidé à se soumettre, il va se jeter à Halle aux pieds de l'Empereur, mais est fait prisonnier et envoyé en captivité aux Pays-Bas où il reste de longues années. Il faut attendre le renversement de situation provoqué par la «révolution des Princes » pour que le landgrave retrouve sa liberté (1552). Il gouverne encore pendant presque deux décennies, au cours desquelles il se consacre surtout aux problèmes intérieurs de son pays, tout en reprenant ses anciens plans d'unification du mouvement protestant, songeant même à une réunion entre protestants et catholiques. Bibliographie : B. Vogler, Le Monde germanique et helvétique à l'époque des Réformes, 1517-1618, 1981.

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